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France-La saison des banderilles s'ouvre à droite

Reuters18/09/2015 à 16:51

* Sarkozy veut prendre de vitesse ses rivaux * Il entonne à nouveau l'air du changement * Juppé philosophe, Fillon joue son va-tout par Sophie Louet PARIS, 18 septembre (Reuters) - A moins de trois mois des élections régionales, le poison de la division s'insinue de nouveau à droite, où les prétendants à la primaire de 2016, Nicolas Sarkozy au premier chef, attisent la compétition tout en prêchant l'unité. Le président des Républicains, qui s'est saisi cette semaine de la crise migratoire pour aiguillonner Alain Juppé et François Fillon, assure vendredi dans Le Parisien ne pas vouloir se mettre "dans la course". Sans tromper personne. "Je suis bouleversé, ce suspense est absolument intolérable", a ironisé le maire de Bordeaux sur France Info. Nicolas Sarkozy suggère dans Le Parisien qu'il officialisera sa candidature en septembre 2016. Les candidatures à la primaire des 20 et 27 novembre seront closes le 9 septembre. "Si je dis (...) que je suis ou non candidat, je mets par terre la campagne de tous les candidats", justifie-t-il. L'opération de reconquête est pourtant bel et bien lancée pour l'ancien chef de l'Etat dont le couplet renouvelé sur la métamorphose -- et une nouvelle esquisse de mea culpa -- signale systématiquement un tournant politique personnel depuis le "J'ai changé" de l'investiture de janvier 2007. "Il y a bien sûr beaucoup de choses que je referais différemment. Pas sur les décisions d'Etat comme la Libye, la politique économique. Mais sur moi, et ma façon d'être, je changerais", dit-il ainsi dans Le Parisien. La confidence se veut une réplique au portrait acide que François Fillon, son ancien Premier ministre, dresse de lui dans un livre, "Faire", à paraître lundi. Le député de Paris, qui dit assumer le bilan du précédent quinquennat, impute la défaite de 2012 à la personnalité de l'ancien président, dépeint sous les traits d'un "plébéien teigneux". ID:nL5N11N4HY . L'entourage de Nicolas Sarkozy préfère ignorer, mais un élu sarkozyste s'indigne : "Fillon pratique l'auto-fiction, il se donne le beau rôle". "La part heureuse du sarkozysme, il pourrait presque la revendiquer", rétorque un ami de François Fillon. Les coups sont retenus, mais le combat est engagé. LA TACTIQUE DU PLÉBISCITE "La droite n'échappera jamais à son péché originel : la division", analyse un proche de Jacques Chirac, dont les duels avec Valéry Giscard D'Estaing et Edouard Balladur ont marqué les annales. Nicolas Sarkozy, qui tient l'appareil du parti, sait que le droit d'inventaire à son encontre va s'accentuer au fil des mois; il l'anticipe et le contourne en tentant d'apparaître comme la première force de proposition, référendums à l'appui. Vendredi seront publiés les résultats de la première consultation électronique voulue par l'ancien président à destination des militants pour trancher la ligne du parti sur l'immigration. Nicolas Sarkozy en attend un plébiscite qui ne dit pas son nom. L'exercice se renouvellera sur chaque grand thème de la présidentielle de 2017, une manière pour l'ex-président de s'assurer les voix de la base et d'opposer à ses rivaux, avant même la primaire, la légitimité des urnes -- sauf désaveu improbable. La tactique vise principalement à mettre à l'écart Alain Juppé, son rival le plus sérieux pour la primaire. Aux onze questions soumises depuis mercredi aux militants, Nicolas Sarkozy, frisant la provocation, en a ajouté une douzième à l'intention implicite du maire de Bordeaux, hostile au concept d'"assimilation" : "Pensez-vous que l'étranger qui demande à devenir Français doit faire la preuve de son intégration mais aussi de son assimilation à la communauté nationale?" "S'il s'agit de nier les différences ou l'identité de chacun, le terme n'a pas de sens. Nous ne sommes pas et nous ne serons jamais issus du même moule, nous avons tous nos racines et nos traditions", répond Alain Juppé sur son blog. L'ancien Premier ministre se veut toutefois philosophe face à ces premières salves. "A La Baule, nous avons fait la photo de famille, on ne va pas se promener main dans la main en permanence". "Il y aura des tensions, je ne suis pas naïf, parce qu'il y aura de la compétition, mais nos adversaires, quels sont-ils? (...) Nos adversaires c'est d'abord le Front national et son programme dangereux pour la France, et puis c'est le pouvoir actuel", a-t-il commenté sur France Info. (Edité par Yves Clarisse)

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