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France-La loi Macron à l'épreuve du feu socialiste

Reuters 08/12/2014 à 16:16

* Un texte qui donne des gages à l'UE mais divise les socialistes * Les syndicats hostiles à l'extension du travail le dimanche * Les professions réglementées dans la rue mercredi par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou PARIS, 8 décembre (Reuters) - Emmanuel Macron présente mercredi son projet de loi sur la croissance et l'activité, un texte par lequel le gouvernement veut marquer sa volonté de moderniser l'économie française mais qui alimente les dissensions dans la majorité, au risque d'être édulcoré par ses élus. Bien que le ministre de l'Economie s'en défende, ce projet, dont les grandes lignes ont été dévoilées en octobre, apparaît comme un gage donné à la Commission européenne pour obtenir sa clémence face au dérapage des finances publiques de la France. Il lève une série de contraintes dans des domaines aussi divers que le travail le dimanche et en soirée, le transport routier de voyageurs, les professions réglementées du droit, le logement ou l'épargne salariale. Son objectif est de créer du pouvoir d'achat et des emplois pour arracher quelques dixièmes de point de produit intérieur brut chaque année. Il met en oeuvre de nombreuses recommandations faites de longue date à la France par les organisations internationales comme l'OCDE, le FMI et la Commission européenne pour augmenter son potentiel de croissance. L'exécutif européen a indiqué qu'il serait très attentif à ces réformes quand il rendra début mars son verdict sur la France, menacée de sanctions inédites pour non respect des règles budgétaires communes. Mais des élus de la gauche du PS ont déjà prévenu qu'ils voteraient contre le projet de loi, qui prévoit aussi des cessions d'actifs publics, comme des parts minoritaires d'aéroports de province. D'autres députés socialistes entendent amender certaines dispositions parmi les plus symboliques, comme l'extension du travail le dimanche, pour en limiter la portée. COMPROMIS NÉCESSAIRES Face aux critiques des "frondeurs", le Premier ministre, Manuel Valls, a soutenu son ministre de l'Economie, tout en reconnaissant qu'"il y aura forcément un débat". Sur l'extension contestée de cinq à douze du nombre de dimanches d'ouverture des commerces autorisés par les maires, "je pense qu'on peut trouver les compromis nécessaires", a-t-il déclaré dimanche sur France 2. Quant à permettre l'ouverture tous les dimanches dans les futures "zones touristiques internationales", cette mesure "me paraît être le bon sens", a dit Manuel Valls, en soulignant que des contreparties pour les salariés étaient prévues. Le Premier ministre a décidé de faire lui-même les principales annonces à l'issue du conseil des ministres de mercredi pour montrer que ces réformes, même si elles sont portées par Emmanuel Macron, engagent tout le gouvernement. La tâche s'annonce d'autant plus délicate que, débattu au Parlement à quelques mois du congrès socialiste prévu en juin, le texte cristallise les fortes divergences au sein du parti sur la politique économique. Sceptiques et opposants pourraient trouver dans le résultat des cantonales de fin mars, qui s'annoncent aussi difficiles que les derniers scrutins pour un exécutif en panne de popularité, des arguments supplémentaires à l'appui de leur point de vue. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a exhorté samedi les socialistes à l'unité face au spectre de la défaite électorale, critiquant une loi Macron "fourre-tout" et qui va trop loin, notamment sur le travail dominical. MELTING-POT LIBÉRAL Les expressions d'opposition sont tout aussi fortes hors de la classe politique, même si un sondage publié lundi dans Les Echos montre qu'une majorité de Français est favorable au vote du projet de loi ID:nL6N0TR0ST . Les professions juridiques concernées (avocats, notaires, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires) se sont donné comme objectif 50.000 personnes dans la rue mercredi pour protester contre la réforme. Une nouvelle journée d'action des professions libérales est déjà programmée pour le 22 janvier, date du début l'examen du texte à l'Assemblée nationale. ID:nL6N0TP1RE Côté syndicats, la CGT a juré de combattre la "fuite en avant libérale" que constitue cette loi, faite "sur-mesure pour la finance", et FO a dénoncé un "melting pot libéral". La CFDT a demandé à François Hollande de reprendre en main le dossier du travail dominical, déplorant un "recul des droits des salariés". Une source à la Commission européenne se dit consciente que "ces mesures sont controversées, en France comme dans d'autres pays". "Nous regarderons quelles seront les propositions finales, nous y attachons beaucoup d'importance", a-t-elle ajouté. "Nous espérons que le texte final sera aussi ambitieux que possible." Selon les analystes d'Exane BNP Paribas, le projet de loi va dans la bonne direction mais il ne suffira pas à éviter que la Commission européenne demande de nouveaux efforts à la France. "Le gouvernement devrait de ce fait rester entre le marteau (un soutien des réformes faiblissant à l'Assemblée nationale) et l'enclume (les recommandations de la Commission européenne) pour un certain temps", estiment-ils. Voir aussi : La loi Macron, un moment de vérité du quinquennat Hollande ID:nL6N0TI2TM (Avec Ingrid Melander)

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