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France-La droite tente de se donner un "code de bonne conduite"

Reuters03/09/2016 à 19:02
    * Alain Juppé fixe trois règles de "savoir-vivre" 
    * Ses concurrents évitent aussi les phrases assassines 
    * Le spectre des vieilles rivalités 
 
    par Simon Carraud 
    LE BAULE, Loire-Atlantique, 3 septembre (Reuters) - Les 
têtes d'affiche de l'université de rentrée des Républicains, à 
la Baule (Loire-Atlantique), ont appelé samedi au respect de 
règles de bonne tenue pour éviter que la droite ne sorte en 
lambeaux de sa primaire et ne coure à la défaite en 2017. 
    Depuis l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy la semaine 
dernière, les principaux candidats ont multiplié les phrases 
assassines, réveillant le souvenir des rivalités qui ont opposé 
ces dernières décennies Jacques Chirac à Edouard Balladur en 
1995 ou Jean-François Copé à François Fillon en 2012. 
    Indéboulonnable favori depuis deux ans, Alain Juppé a plaidé 
pour que la primaire soit "l'occasion d'un débat et pas d'un 
pugilat". "Le risque existe", a-t-il prévenu.  
    "C'est la raison pour laquelle je propose un code de bonne 
conduite. Premièrement,  pas d'attaque personnelle (...), 
deuxièmement, un scrutin transparent et incontestable", a 
déclaré le maire de Bordeaux devant quelques centaines de 
militants. 
    Son code de savoir-vivre politique comporte également "un 
engagement clair et définitif de chaque concurrent à soutenir 
celui qui, au soir du deuxième tour, sera le champion de la 
droite et du centre". 
    Comme lui, la plupart des prétendants entrevoient 
l'alternance à l'issue du quinquennat de François Hollande mais 
craignent de voir apparaître des fractures si profondes qu'elles 
empêcheraient à la droite de se ressouder après le 27 novembre. 
    Car la campagne a pris un nouveau tour ces deux dernières 
semaines : François Fillon a décoché une flèche contre Nicolas 
Sarkozy ("Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?"), 
l'ex-président a moqué les "oreilles sensibles" d'Alain Juppé et 
ce dernier dénoncé la flatterie des "bas instincts". 
    La peur d'une balkanisation irrémédiable de la droite a 
poussé tous les orateurs de samedi à lancer des mises en garde. 
    Thierry Solère, président de la commission d'organisation de 
la primaire, a présenté comme "le seul ennemi de la droite" sa 
propre tendance à se diviser et Eric Woerth, secrétaire général 
du parti et soutien de Nicolas Sarkozy, a dit "'non' aux 
arrière-pensées pleines de haines ou de vieilles querelles". 
     
    "J'AI SERRÉ LES DENTS" 
    Pour éviter que l'université de la Baule ne vire à la mêlée, 
le "filloniste" Bruno Retailleau, président du conseil régional 
du Val-de-Loire et hôte du rendez-vous, s'est efforcé cette 
semaine de jouer les intermédiaires avec l'équipe de Nicolas 
Sarkozy, avec qui il a eu une conversation par téléphone. 
    "Il y a eu un démarrage en côte cette semaine", a-t-il jugé, 
en marge des discours. 
    "Toute compétition amène nécessairement des divisions. Dans 
un premier temps, on cherche à se distinguer, à se différencier 
mais dans un deuxième temps il faudra créer les conditions du 
rassemblement en novembre", a-t-il ajouté. 
    François Fillon, qui a mené la charge la plus virulente le 
week-end dernier lors d'un discours prononcé dans son fief 
sarthois, a cette fois-ci tempéré son propos et n'a cité Nicolas 
Sarkozy que pour afficher la loyauté témoignée à l'ex-président 
lorsque lui-même était Premier ministre, de 2007 à 2012. 
    "Il m'est arrivé d'avoir des doutes ou des désaccords mais 
jamais je ne les ai exposés sur la place publique, jamais je ne 
me suis permis de désavouer les décisions du chef de l'Etat, 
jamais je n'ai été déloyal", a souligné François Fillon. 
    "Parfois j'ai serré les dents, mais quand on est au 
gouvernement de la France, on sert la France", a-t-il encore 
dit, avant d'insister sur les divergences dans le camp d'en 
face, ravivées par la démission d'Emmanuel Macron du ministère 
de l'Economie et ses possibles ambitions présidentielles. 
    "La présidence de François Hollande s'achève dans la 
médiocrité et dans le désordre. Le bilan est calamiteux et 
d'ailleurs les ministres s'empressent de quitter le Titanic. 
Jamais je n'avais vu une telle décomposition et une telle 
pagaille", a déclaré le député de Paris. 
    Il a cependant glissé dans son discours des remarques 
pouvant être interprétées comme des allusions à l'ex-chef de 
l'Etat, mis en examen dans deux affaires, notamment lorsqu'il a 
fait référence aux "affaires judiciaires" qui ont selon lui 
entamé le crédit des institutions ces dernières années. 
    Malgré les intentions affichées, le campus de La Baule n'a 
pas donné lieu à une réconciliation générale entre les 
principaux candidats. 
    Tous trois présents samedi à l'heure du déjeuner, Alain 
Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire ont fait table à part, 
entourés chacun de leur garde rapprochée et d'une nuée de 
journalistes. 
    Nicolas Sarkozy, qui s'était brièvement affiché avec les 
deux ex-Premiers ministres lors de l'édition 2015, devait quant 
à lui intervenir dimanche en début d'après-midi, après le départ 
de ses concurrents les plus sérieux. 
         
 
 (édité par Yann Le Guernigou) 
 

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