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France-La Cour des comptes suggère de simplifier le lycée

Reuters29/09/2015 à 10:00

* Un lycéen "coûte" 38% de plus qu'en moyenne dans l'OCDE * Les résultats ne sont pas meilleurs pour autant * Plus d'enseignements mais des enseignants moins payés PARIS, 29 septembre (Reuters) - Réduire le temps d'instruction et le nombre de matières, revoir le baccalauréat ou la taille des établissements : la Cour des comptes suggère de changer le lycée pour en diminuer le coût, très supérieur à celui des voisins de la France. Dans un rapport rendu public mardi, la Cour des comptes souligne que le lycée, où sont accueillis deux millions et demi d'élèves, souffre de la comparaison avec les autres pays de l'OCDE et plus encore de l'Union européenne. Alors que les performances en termes d'accès aux études supérieures ou d'insertion professionnelle y sont semblables voire moins bonnes, le coût d'une année au lycée y est supérieur de 38% à la moyenne de l'OCDE : 10.102 euros contre 7.347 euros, pour un effort total de 25,9 milliards en 2012. Dans le même temps, le budget par élève au primaire est en moyenne bien plus faible que dans la moyenne de l'OCDE. "La dépense intérieure d'éducation rapportée au PIB ne singularise pas la France par rapport aux pays comparables de l'OCDE", souligne la Cour. "En revanche, la part des dépenses d'enseignement destinée au lycée, comme le niveau de l'effort financier par lycéen, sont beaucoup plus élevés." Les résultats ne l'expliquent pas, juge la Cour des comptes : en 2013, 86,4% des 20-24 ans avaient un diplôme de sortie de lycée, général, technique ou professionnel. Ce qui plaçait la France en 11e position au sein de l'UE. Dans la voie professionnelle, un jeune sur deux décroche. Et la Cour des comptes pose la question du niveau de préparation aux études supérieures, tant en termes de compétence que d'orientation. Seuls 26,3% des étudiants de la cohorte 2009 du baccalauréat ont réussi leur licence en trois ans. "Le lycée français se situe dans la moyenne des pays pour le taux de sorties prématurées ou le taux de réussite de l'examen de fin de cursus. La France ne fait pas partie du peloton de tête", souligne la Cour. COÛT DES OPTIONS Ces résultats ne correspondent pas à l'effort budgétaire réalisé, dont 81,3% correspondent aux activités d'enseignement. La masse salariale enseignante compte pour 53% du total alors que, souligne la Cour, les professeurs sont moins bien payés en France qu'en Allemagne ou en Grande-Bretagne. La différence, note-t-elle, se fait sur le volume annuel des heures d'instruction (1.108 contre 964 dans l'OCDE, 933 en Allemagne), la taille des classes sur des options peu suivies et la taille des établissements, parfois modestes. "Les écarts de coût salarial entre la France et les autres pays s'expliquent par un temps d'instruction beaucoup plus élevé et une taille moyenne des structures nettement plus petite, que compense en partie une rémunération des enseignants relativement plus basse en France", souligne la Cour. Elle relève qu'une option peut coûter jusqu'à six fois plus cher par élève qu'une matière du "socle", comme le français. Et elle pointe un chiffre : en 2013, sur les 58 langues qu'un élève pouvait choisir au baccalauréat, 20 ont été choisies par moins de 50 élèves. Aussi appelle-t-elle à réduire le nombre possible de "combinaisons", d'autant que la carte des formations "reste pilotée par l'offre", et que les lycées l'entretiennent. La Cour préconise de réviser le format du baccalauréat, qui ne reflète plus les compétences acquises et que le calendrier des admissions post-baccalauréat, avant la fin de l'année, rend moins important. Sur le plan territorial, les magistrats relèvent les très fortes disparités dans la taille des établissements - 11% d'entre eux scolarisent moins de 100 élèves, alors que les petites structures sont, avec des coûts fixes, les plus chères. Elle exhorte donc les régions, pour qui le coût du lycée est de cinq milliards d'euros, à "rationaliser" le réseau et à donner plus d'autonomie de gestion aux chefs d'établissement. Au préalable, elle suggère que les relations entre régions et Etat se renforcent, malgré des intérêts parfois contraires : aménagement du territoire local pour les unes, réforme ou allocation des moyens pas toujours adaptées pour l'autre. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)


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