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France-Hollande dessine les contours de sa stratégie pour 2017

Reuters12/10/2016 à 16:40
    * Une interview en forme de jalon pour 2017 
    * Hollande réoriente sa pré-campagne contre Juppé 
    * Il fera un discours économique et social début novembre 
    * Des proches préparent un programme axé sur quelques défis 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 12 octobre (Reuters) - François Hollande esquisse sa 
stratégie pour la campagne présidentielle de 2017 dans une 
interview fleuve publiée par L'Obs, qui constitue selon un de 
ses proches un nouveau jalon vers l'officialisation de sa 
candidature à la fin de l'année. 
    Le chef de l'Etat, dont les sondages prédisent l'élimination 
au premier tour, ébauche un inventaire de son quinquennat pour 
mieux défendre son bilan face aux propositions de la droite. 
    "L'interview à L'Obs, c'est 'je suis prêt'. Il envoie un 
signal très clair", explique à Reuters le député socialiste 
Sébastien Denaja, très actif dans la préparation de sa campagne. 
    François Hollande plantera un autre jalon en novembre, sans 
doute le 2, avec un discours à tonalité économique et sociale.  
    Après celui du 8 septembre salle Wagram à Paris 
 , dont la tonalité régalienne visait surtout Nicolas 
Sarkozy, ce prochain discours "sera la trame de ce que serait 
une campagne face à Juppé", précise Sébastien Denaja. 
    A la veille du premier débat télévisé entre les candidats à 
la primaire de droite, François Hollande refuse, dans L'Obs, de 
distinguer entre son rival de 2012 et le maire de Bordeaux. 
    Les sept candidats à la primaire de droite "portent tous le 
même programme", dit le chef de l'Etat, selon qui ce "programme 
commun de la droite" consiste "à revenir sur des droits et des 
principes qui ont mis des décennies pour être conquis". 
    "La droite est dans la revanche, la réaction et la 
régression", insiste François Hollande, qui tente d'imposer 
l'idée que la présidentielle sera l'opposition de deux visions. 
    Son adversaire pourrait être Alain Juppé, le favori des 
sondages, alors qu'une partie de l'entourage du président juge 
plus favorable une candidature Sarkozy. ( ) 
     
    ESQUISSE DE MEA CULPA 
    "François Hollande connaît bien Nicolas Sarkozy et voit bien 
sous quel angle l'attaquer", dit un proche. "Il percevait assez 
mal Alain Juppé, il avait besoin de le 'renifler'." 
    D'où sa participation à l'inauguration de la Cité du Vin à 
Bordeaux aux côtés d'Alain Juppé fin mai, selon ce proche, pour 
qui le président "cerne mieux", désormais, le maire de Bordeaux 
et "sait comment faire campagne contre lui, plutôt sur des axes 
économiques et sociaux". 
    Pour Sébastien Denaja, une victoire d'Alain Juppé à la 
primaire ne serait pas nécessairement moins favorable à François 
Hollande, car le maire de Bordeaux, estime cet élu, ne pourra 
rallier les partisans de Nicolas Sarkozy qu'au prix d'une 
"droitisation", sans garantie d'ailleurs de réussir. 
    Selon des parlementaires socialistes, le chef de l'Etat a en 
revanche donné consigne à des proches de ménager son ex-ministre 
de l'Economie, Emmanuel Macron, tenté par une candidature en 
2017, pour préserver les chances de réconciliation. 
    Dans son interview à L'Obs, François Hollande esquisse un 
mea culpa sur les aspects les plus critiqués de son quinquennat. 
    "Je suis lucide sur ce qui a pu être compris ou contesté, 
j'en ai tiré les leçons", assure-t-il.  
    De même que Nicolas Sarkozy avait invoqué en 2012 la crise 
de 2008-2009, il rappelle qu'il n'avait inscrit à son programme 
ni le vote de lois contre le terrorisme, ni l'état d'urgence, ni 
l'envoi de forces armées en Afrique ou au Moyen-Orient. 
     
    "PRÉPARER L'AVENIR" 
    "Ce sont les circonstances qui en ont décidé", dit-il. "Je 
n'avais pas prévu d'augmenter le budget de la Défense, de la 
police, de la gendarmerie. Mais aurais-je dû renoncer à protéger 
les Français ? (...) Non, évidemment."  
    Il reconnaît aussi n'avoir pas assez mesuré la dégradation 
de l'industrie française. Mais il réfute les "procès en 
trahison", jure avoir mené une "politique de gauche" et invite à 
comparer ses résultats avec les propositions de la droite. 
    "N'attendons pas que la droite dure défasse ce que nous 
avons bâti pour défendre les acquis d'une gauche supposée trop 
molle", déclare-t-il. Les Français "vont pouvoir comparer non 
pas ce que j'ai fait à l'aune de ce que j'avais promis (mais) 
avec ce que proposent ceux qui prétendent nous remplacer." 
    Autre piste esquissée, le dépassement d'une gauche qui n'a 
"jamais été" idéologiquement majoritaire en France, admet-il. 
    S'il sonne l'alarme face à la montée de l'extrême droite, il 
juge que sa "diabolisation n'a plus d'avenir" : "C'est sur sa 
politique et ses conséquences qu'il faut aller la chercher." 
    Selon un membre du premier cercle de ses amis, des proches 
sont déjà attelés à la confection d'un programme, qui ne sera 
pas un catalogue de propositions mais se concentrera sur "cinq 
ou six grands défis" face auxquels il "faut être adaptable".  
    "Ce qui compte maintenant, c'est de préparer l'avenir (...) 
dans des domaines comme la recherche, l'enseignement supérieur, 
la culture ou les nouvelles technologies", dit notamment le 
président, pour qui "la jeunesse doit rester le grand chantier." 
 
 (Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 

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