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France-Démission du trésorier de la CGT, Lepaon sur la sellette

Reuters09/12/2014 à 16:46

* Seul le parlement de la CGT peut démettre Lepaon * Lepaon a jusqu'ici résisté aux appels à la démission * L'image de la CGT affaiblie par cette crise (Actualisé avec démission trésorier) par Emmanuel Jarry PARIS, 9 décembre (Reuters) - Le trésorier de la CGT, Eric Lafont, a présenté mardi sa démission à la Commission exécutive confédérale réunie pour examiner les suites de ce qui est devenu "l'affaire Lepaon", a-t-on appris de source interne à l'organisation syndicale. Le secrétaire général de la CGT est de nouveau sur la sellette en raison des révélations sur les frais engagés pour rénover son domicile et son bureau, ainsi que sur une indemnité d'une trentaine de milliers d'euros perçue quand il a quitté la direction du comité régional de la CGT de Normandie. Thierry Lepaon s'était défendu début novembre en invoquant des "failles majeures dans le fonctionnement interne de la prise de décision" et avait mis indirectement en cause le trésorier, également membre du bureau confédéral de l'organisation. "Eric Lafont a démissionné", a déclaré mardi à Reuters un haut responsable de la centrale syndicale. Les voix demandant le départ du secrétaire général se multiplient, de la base aux instances dirigeantes de la CGT. Lors d'une réunion du bureau confédéral, vendredi, Thierry Lepaon a obtenu un répit en repoussant les demandes de réunion extraordinaire du Comité confédéral national (CCN), le parlement de la CGT, seul habilité à le démettre. Mais la question sera vraisemblablement de nouveau posée au sein de la Commission exécutive, dont la réunion devrait se prolonger jusqu'en milieu d'après-midi mardi. Elle doit notamment entendre un rapport de la Commission financière de contrôle de la CGT, chargée début novembre par le CCN de faire la lumière sur d'éventuels "dysfonctionnements". Selon un dirigeant de la CGT, si la décision de convoquer un CCN extraordinaire était effectivement prise, cela marquerait le début d'une procédure de destitution de Thierry Lepaon. Le secrétaire général a tenté la semaine dernière de négocier avec les dirigeants de plusieurs grandes fédérations, dont la métallurgie, l'énergie, les transports, la santé, les travailleurs d'Etat et les cheminots, son maintien à la tête de l'organisation jusqu'à la fin de son mandat, en 2016. Selon un dirigeant de fédération, il aurait promis en échange de soutenir, pour sa succession, le secrétaire général de la fédération CGT de la métallurgie, Philippe Martinez. L'IMAGE DE LA CGT ATTEINTE Cette tactique semble cependant avoir fait long feu. "Ça a marché le temps de la réunion du bureau confédéral. Ces fédérations n'ont pas demandé la convocation d'un CCN extraordinaire", raconte à Reuters le même responsable. "Mais ça a fait beaucoup de bruit en interne. Ce n'est pas comme ça qu'un secrétaire général doit se comporter." "La solution la plus sage serait qu'il se retire et qu'on aille vers une solution transitoire ou un congrès", ajoute-t-il, tout en admettant qu'aucun autre dirigeant de la CGT ne sort du lot aujourd'hui pour lui succéder. Une analyse partagée par d'autres hauts responsables de la CGT. Cette crise ne remet pas seulement en cause la crédibilité de Thierry Lepaon, devenu secrétaire général par défaut en 2013 au terme d'un laborieux processus de succession. Elle écorne également l'image de son prédécesseur, Bernard Thibault, à qui il est reproché de n'avoir pas préparé celle-ci et d'avoir laissé une organisation mal en point. Selon un sondage de l'Ifop publié dimanche par Ouest-France, la cote de la CGT auprès des français à reculé de 14 points en un an, de 45% d'avis positifs en 2013, juste avant l'élection de son actuel secrétaire général, à 31% en 2014, tandis que le taux de mauvaises opinions a bondi de 48% à 63%. L'Ifop estime que si le contexte syndical morose peut expliquer partiellement ce résultat, il est également "en partie imputable à l'agitation médiatique continue des derniers mois autour du train de vie de Thierry Lepaon". Cela devrait notamment se traduire dans les résultats des élections professionnelles de la fonction publique, attendus mardi après-midi. Ils marqueront probablement un recul de la CGT, qui a déjà perdu du terrain dans certains de ses bastions traditionnels comme la SNCF. (Edité par Yves Clarisse)

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