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France-Début de négociation tendu sur l'assurance chômage

Reuters22/02/2016 à 19:43
    * Le gouvernement vise 800 millions d'euros d'économies 
    * Les syndicats refusent d'entrer dans ce débat 
    * Le patronat fait du retour à l'emploi une priorité 
    * Le projet de loi sur le travail pèse sur la négociation 
    * Le patronat divisé sur la représentativité de ses 
organisations 
 
 (Avec fin de la séance, détails, prochains rendez-vous) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 22 février (Reuters) - Patronat et syndicats ont 
entamé lundi dans un climat tendu des négociations sur le 
renouvellement de la convention de l'assurance chômage, sur fond 
de polémique sur la réforme du marché du travail préparée par le 
gouvernement. 
    Cette première séance n'est guère allée au-delà d'un échange 
sur les positions des uns et des autres et sur le calendrier, 
qui prévoit à ce stade cinq autres sessions plénières, les 8 et 
24 mars, les 7 et 28 avril et le 12 mai. 
    Comme le prévoit la loi du 17 août 2015 sur le dialogue 
social, les organisations représentatives des professions du 
spectacle entameront jeudi une négociation parallèle sur les 
règles spécifiques s'appliquant aux intermittents. 
    "On ne parle pas encore le même langage avec le patronat", a 
résumé la négociatrice de la CFDT, Véronique Descacq. "Quand on 
parle incitation à des comportements plus vertueux, nous visons 
les entreprises qui abusent de la précarité (...). Eux disent 
qu'il faut inciter les gens à retourner au travail." 
    Le gouvernement attend notamment de ces négociations de 
nouvelles règles permettant d'atteindre au moins les 800 
millions d'euros d'économies sur les dépenses d'assurance 
chômage prévus dans la loi de finances 2016.    
    Avec un taux de chômage à plus de 10% de la population 
active, l'Unedic prévoit un déficit de 3,6 milliards d'euros en 
2016, après 4,4 milliards en 2015. 
    Cet organisme géré par les partenaires sociaux verrait ainsi 
son endettement bondir à plus de 29 milliards d'euros fin 2016 
et, si rien n'est fait, à 35 milliards en 2018. 
     
    CONTRATS COURTS 
    Les syndicats sont cependant unanimes à refuser de faire de 
la recherche d'économies le point de départ de ces négociations, 
qui doivent aboutir d'ici le 30 juin, date à laquelle l'actuelle 
convention arrive à échéance. 
    Ils rejettent ainsi toute idée de rétablir une dégressivité 
des allocations chômage, évoquée plusieurs fois ces dernières 
semaines par des membres du gouvernement.   
    "Nous n'entendons pas céder à la pression", a déclaré à son 
arrivée au siège du Medef le négociateur de la CGT, Eric Aubin. 
    Selon Véronique Descacq, l'équilibre financier de l'Unedic 
n'a d'ailleurs pas été "l'enjeu majeur" de cette réunion. 
    Pour l'ensemble des syndicats, une des priorités est de 
lutter contre le recours abusif aux contrats courts, alternant 
avec des périodes de chômage indemnisé, et aux ruptures de 
contrats de travail des seniors.   
    Les négociateurs de Force ouvrière et de la CGT jugent 
également possible de trouver des recettes complémentaires, 
notamment en déplafonnant les cotisations. 
    "Un joueur de football du Paris Saint-Germain qui gagne un 
million d'euros par mois cotise sur 12.300 euros. Un smicard 
cotise sur 100% de son salaire", souligne Stéphane Lardy, de FO. 
    "On demande qu'il y ait un déplafonnement de la cotisation 
pour que tout le monde cotise sur 100% de son salaire. Ça 
rapporterait 800 millions d'euros à l'assurance chômage."  
    Du côté patronal, où l'on rejette d'avance toute idée de 
revalorisation des cotisations, "la priorité des priorités pour 
tout le monde doit être d'aider le plus grand nombre possible de 
chômeurs à retrouver le plus rapidement possible un emploi", a 
déclaré le négociateur du Medef, Jean Cerutti. 
     
    L'UPA QUITTE LA TABLE 
    Il s'est dit convaincu que cela permettrait d'améliorer 
l'équilibre financier du système. Il plaide notamment pour une 
réduction du délai entre le moment où un salarié devient chômeur 
et celui où il peut bénéficier d'une formation, délai qui est en 
moyenne aujourd'hui de sept mois. 
    Le négociateur de la CGT, Eric Aubin, a accusé le Medef de 
vouloir "confisquer l'assurance chômage à son profit". 
    Cette négociation s'est ouverte en pleine polémique sur le 
projet de loi sur la réforme du Code du travail dévoilé la 
semaine dernière, unanimement décrié par les syndicats et 
critiqué par une partie de la gauche, y compris au PS. 
    "Il est clair que c'est un élément de contexte qui ne 
facilite pas la négociation", a dit Stéphane Lardy.  
    La CGT a convié neuf syndicats à se réunir mardi pour 
étudier des "initiatives communes" en riposte au projet de loi 
de la ministre du Travail, Myriam El Khomri.   
    Le Premier ministre Manuel Valls a répliqué lundi, lors d'un 
déplacement dans l'Est, que l'on racontait des "bêtises" sur 
cette réforme "du XXIe siècle". 
    Medef et CGPME doivent pour leur part gérer un conflit 
interne au patronat : la délégation de l'UPA, opposée à ces deux 
organisations sur la représentativité patronale, a quitté la 
salle dix minutes après le début de la réunion.   
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 

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