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FRANCE 2017-Passe d'armes sur la sécurité sur fond d'affaire Théo

Reuters13/02/2017 à 11:39
    * Violences en marge d'une manifestation de soutien 
    * La droite accuse le gouvernement d'irresponsabilité 
    * Hamon et Ferrand dénoncent l'instrumentalisation par le FN 
 
    PARIS, 13 février (Reuters) - "Irresponsabilité" contre 
"instrumentalisation" : les violences qui ont émaillé samedi la 
manifestation de soutien au jeune homme victime d'une 
interpellation brutale à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) 
ont donné lieu lundi à une passe d'armes entre droite et gauche 
sur le thème de la sécurité. 
    Au total, 37 personnes ont été interpellées à Bobigny en 
marge du rassemblement qui s'est globalement déroulé dans le 
calme avant que des policiers ne soient pris pour cible et des 
véhicules ne soient incendiés, selon la préfecture de police. 
    "Le gouvernement, si François Fillon était président de la 
République, n'aurait pas autorisé cette manifestation", a 
déclaré Thierry Solère, sur RTL.  
    C'était "évident que la manifestation allait dégénérer et 
c'est tout à fait irresponsable de l'avoir autorisée", a ajouté 
le porte-parole du candidat de la droite. 
    Des critiques balayées par le ministre de l'Intérieur Bruno 
Le Roux qui a défendu, devant la presse, la décision de l'Etat 
d'autoriser la manifestation.  
    "C'était une manifestation dont les organisateurs voulaient 
qu'elle soit pacifique et qui a été pourrie par un groupe de 
casseurs qui ont voulu s'en prendre à des biens", a-t-il dit en 
soulignant qu'il ne pourrait "pas y avoir le moindre débordement 
qui soit accepté par l'Etat". 
     
    "HUILE SUR LE FEU"       
    A trois mois de la présidentielle, l'"affaire Théo", dans 
laquelle trois policiers ont été mis en examen pour violences 
volontaires et un pour viol, a pris une dimension éminemment 
politique après la visite du chef de l'Etat François Hollande au 
chevet du jeune homme la semaine dernière.    
    Avec plus ou moins de force, l'ensemble des candidats à 
l'Elysée ont dénoncé les conditions d'interpellation du jeune 
homme et appelé à l'exemplarité des forces de sécurité, à 
l'exception de Marine Le Pen.  
    La présidente du Front national a déclaré qu'elle soutenait 
avant tout "les forces de police et de gendarmerie" et a jugé 
"périlleux" de se baser sur les images de l'interpellation. 
    Dans un communiqué publié lundi, la dirigeante frontiste 
dénonce le "laxisme" et la "paralysie" du gouvernement face à 
ces "émeutes urbaines" dont elle interroge le "bilan réel".  
    "C'est son fond de commerce que de réutiliser les crimes, 
les drames, les violences, pour essayer de diffuser la peur et 
d'attirer les Françaises et les Français vers eux", a réagi le 
secrétaire général d'En Marche !, Richard Ferrand, sur France 2. 
   
    Benoît Hamon a appelé à s'"insurger" contre le discours de 
Marine Le Pen.     
    "Une fois encore elle jette de l'huile sur le feu", estime 
l'ancien ministre de l'Education dans un communiqué. "Une fois 
encore elle provoque le désordre, elle encourage les violences 
par son discours de haine et ses indignations sélectives."  
     
    POLICE DE PROXIMITÉ 
    Au-delà de sa dimension politique, l'affaire Théo a relancé 
le débat autour de la restauration de la police de proximité, 
créée en 1998 sous Lionel Jospin puis supprimée en 2003 par 
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.  
    Emmanuel Macron soutient dans son programme la création 
d'une "police de la sécurité quotidienne" tout en prévenant 
qu'il ne s'agit pas "de ressusciter, 20 ans plus tard, la police 
de proximité créée par Jean-Pierre Chevènement." 
    "Le contexte a changé et la délinquance s'est transformée. 
Toutefois, l'inspiration est la même", ajoute-t-il sur Facebook. 
   "Il s'agit de déployer une police mieux ancrée dans les 
territoires dont elle a la charge. Une police qui connaît la 
population est plus à même de résoudre les problèmes locaux." 
    Le retour de la police de proximité est également soutenu 
par le candidat socialiste Benoît Hamon qui estime qu'il y a 
urgence à "renouer la confiance avec la population" et par le 
candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.      
    A droite, François Fillon, qui estimait en 2007 que la 
police n'avait pas "vocation à faire de l'assistance sociale 
dans les quartiers difficiles", souhaite "confier aux polices 
municipales et à la sécurité privée des moyens d'action pour 
participer à la reconquête des territoires".  
    Quant à Marine Le Pen, elle propose de "réarmer massivement 
les forces de l'ordre", de mettre en place un plan de 
désarmement des banlieues et préconise la "reprise en main par 
l'Etat des zones de non-droit". 
 
 (Marine Pennetier, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves 
Clarisse) 
 

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