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FRANCE 2017-Le revenu universel au coeur du bras de fer de la primaire
information fournie par Reuters17/01/2017 à 16:33

    * Un idée ancienne et recouvrant des définitions divergentes 
    * Une mesure qui coûterait des centaines de milliards 
d'euros 
    * Les syndicats y sont opposés 
 
    par Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 17 janvier (Reuters) - Le revenu universel proposé 
par Benoît Hamon dans le cadre de la primaire de gauche pour 
l'élection présidentielle est un marqueur utilisé par ses 
concurrents pour le discréditer. 
    Dans une tribune publiée lundi soir, Manuel Valls attaque à 
nouveau son ancien ministre sur ce point. "Je ne me résoudrai 
jamais à baisser les bras, à accepter que nous vivions avec ce 
chômage de masse en le compensant par des allocations", dit-il. 
    "Trop souvent, la gauche a compensé son manque d'audace et 
d'idées nouvelles par plus de dépenses, plus de taxes, plus 
d'allocations. Au moment où nos dépenses représentent 57% de 
notre richesse nationale, cette voie de la facilité n'est plus 
possible", poursuit-il. "La gauche s'est trop souvent perdue, 
avec des engagements qu'elle savait ne jamais pouvoir tenir." 
    L'idée de revenu universel, ancienne et reprise sous divers 
noms, consiste à verser à tous un revenu permettant de survivre, 
sans condition ni contrepartie, et sous-entend que le travail va 
se raréfier en raison, notamment, de la robotisation. 
    Elle compte parmi ses promoteurs aussi bien des néolibéraux, 
qui y voient un moyen de simplifier le marché du travail et de 
réduire le rôle de l'Etat, que des anticapitalistes 
d'inspiration marxiste, des keynésiens en quête d'un moyen de 
soutenir la demande ou des écologistes.  
    Mais en France, supprimer les conditions de ressources ou 
d'âge attachées aux minima sociaux pour généraliser ce versement 
coûterait plusieurs centaines de milliards d'euros par an, ce 
que la plupart des économistes jugent inimaginable. 
    Cette idée choque aussi ceux qui, à droite comme à gauche, 
défendent la "valeur travail" et fustigent "l'assistanat". 
    Représentant de l'aile gauche du PS, Benoît Hamon propose au 
demeurant de procéder par étapes : dans un premier temps, il ne 
s'agirait que d'augmenter l'actuel revenu de solidarité active 
(RSA) de 10% et de l'étendre à tous les jeunes de 18 à 25 ans. 
Sa transformation en revenu universel d'un montant de 750 euros 
par mois interviendrait plus tard.   
    Manuel Valls prône une solution plus limitée, un "revenu 
décent" fusionnant la dizaine de minima sociaux existants.  
    Dans la droite ligne d'un rapport de l'ancien député PS 
Christophe Sirugue, aujourd'hui secrétaire d'Etat à l'Industrie, 
l'ancien Premier ministre propose d'accorder ce revenu décent à 
partir de 18 ans, toujours sous condition de ressources, ce qui 
coûterait selon lui huit milliards d'euros.  .  
         
    UN COÛT MASSIF 
    Le retour du revenu universel dans le débat présidentiel a 
amené plusieurs économistes à tenter de calmer les ardeurs des 
partisans de cette mesure. 
    "Pour ne pas dégrader la situation des actuels bénéficiaires 
de minima sociaux, le revenu universel devrait être au minimum 
de 785 euros par mois par adulte, de 1.100 euros pour les plus 
de 65 ans et les handicapés, et les moins de 18 ans devraient 
recevoir 315 euros", estime ainsi l'Observatoire français des 
conjonctures économiques (OFCE) dans une étude. 
    Ses auteurs, Guillaume Allègre et Henri Sterdyniak, évaluent 
son coût à 588 milliards d'euros, soit, déduction faite des 
économies réalisables sur les allocations existantes, des 
dépenses supplémentaires de l'ordre de 480 milliards, 22 points 
de PIB ou 35 points de Contribution sociale généralisée (CSG).  
    Ce qu'ils jugent "irréaliste en pratique". 
    "Pour lutter contre la pauvreté, il nous semble préférable 
d'une part d'alléger fortement les conditions d'obtention du 
RSA, d'autre part de mettre en oeuvre concrètement le droit à 
chacun à avoir un emploi", écrivent-ils. 
    Chez Natixis, l'économiste Patrick Artus évoque dans une 
note publiée mi-janvier un coût de 550 à 630 milliards d'euros. 
    Une fois retranchées les prestations sociales redondantes 
(chômage, famille, logement, une partie des dépenses de santé et 
de retraite), il estime que le niveau maximal de ce revenu 
universel compatible avec l'équilibre budgétaire est de 350 
euros par mois, insuffisant pour atteindre l'objectif visé. 
     
    UNE IDÉE DE GAUCHE ET DE DROITE 
    Dans un rapport sur le revenu de base publié en octobre, le 
sénateur Daniel Percheron rappelle que l'idée est apparue chez 
le penseur anglais Thomas More au 16e siècle et fut approfondie 
à la fin du 18e siècle par le révolutionnaire Thomas Paine. 
    Elle a été relancée dans les années 1960 par des économistes 
américains, de Milton Friedman, inspirateur des politiques 
néo-libérales du président Ronald Reagan, à James Tobin, 
"inventeur" de la taxe du même nom sur les transactions 
financières. 
    Ses promoteurs de gauche y voient une arme contre la misère, 
quand ceux de droite louent la simplification selon eux 
engendrée, certains imaginant de remplacer ainsi les filets de 
sécurité sociaux et de supprimer le salaire minimum. 
    Le rapport Sirugue souligne que les différents scénarios ont 
pour point commun un versement généralisé sans condition de 
ressources, individualisé et sans contrepartie. Mais ils 
divergent sur le montant, le financement et l'articulation avec 
les allocations et prestations de sécurité sociale existantes. 
    L'idée d'un tel revenu universel est combattue à l'extrême 
gauche par le candidat de "La France insoumise", Jean-Luc 
Mélenchon, ou par le Parti communiste, ainsi, du côté syndical, 
que par la CGT, qui y voient une sorte de cheval de Troie contre 
le système de protection sociale. 
    La CFDT se montre pour sa part très réservée. "Il y a 
peut-être une voie à creuser (...) Mais ce sujet est plein de 
chausse-trappes", déclarait son secrétaire général, Laurent 
Berger, en septembre. 
    Quant à l'ancien ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, 
outsider "ni droite ni gauche" en pleine ascension, il rejette 
cette idée à la fois au nom de la "valeur travail" en tant que 
facteur d'émancipation et pour des raisons financières. 
    Des formes de revenu universel sont certes expérimentées 
dans plusieurs pays mais à petite échelle. 
    En Alaska, où un tel système existe, le montant de 
l'allocation est d'environ 100 euros par mois, selon le rapport 
Sirugue, Natixis évoquant quelque 2.000 dollars pour 2015. 
    La Finlande expérimente quant à elle depuis le 1er janvier 
un revenu mensuel inconditionnel de 560 euros pour 2.000 
personnes de 25 à 58 ans en recherche d'emploi, précise Natixis. 
    Plusieurs municipalités aux Pays-Bas ont elles aussi prévu 
de lancer des expérimentations. 
         
    Sources :  
    Rapport de Christophe Sirugue "Repenser les minima sociaux - 
vers une couverture socle commune" 
    Rapport du Sénat "Le revenu de base en France : de l'utopie 
à l'expérimentation"  
    Policy brief de l'OFCE "Le revenu universel : une utopie 
utile ?"    
    Note de Natixis "Que penser du revenu universel ?"  
 
 (Avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 

4 commentaires

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  • M3076259
    17 janvier17:31

    Nous irons doucement vers un système ou TOUS ceux qui travaillent laisseront la moitié de leur salairepour ceux qui ne font rien ( et souvent , qui ne veulent rien faire ) )