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France 2017-Hollande défend le clivage droite-gauche

Reuters15/09/2016 à 13:50
    * Un chef de l'Etat de plus en plus isolé dans son propre 
camp 
    * Il déplore la stratégie d'empêchement de la gauche de la 
gauche 
    * Il dit avoir manqué de soutiens pendant son quinquennat 
 
    PARIS, 15 septembre (Reuters) - Pas encore officiellement 
candidat à sa réélection mais multipliant les messages, François 
Hollande se fait le chantre du clivage gauche-droite dans un 
entretien accordé à la revue Le Débat, dont Le Monde publie 
jeudi de larges extraits. 
    Un message que le chef de l'Etat adresse surtout à la gauche 
et à ceux qui voudrait le voir renoncer à se présenter en 2017. 
    "Je continue de penser que le clivage gauche-droite reste 
fondateur de la démocratie", dit le chef de l'Etat, prenant à 
contrepied l'idée, défendue notamment par son ex-ministre de 
l'Economie Emmanuel Macron, que ce clivage est dépassé. 
    La démission d'Emmanuel Macron, désireux de peser sur 
l'élection présidentielle de 2017, a accru l'isolement de 
François Hollande, auquel les sondages ne donnent aucune chance. 
    Il admet que la gauche de gouvernement est mise en 
difficulté à la fois par une droite qui brandit les thèmes 
identitaires et une gauche de la gauche, qui refuse de prendre 
la "gouvernance du monde" à bras le corps. 
    Il accuse celle-ci, rejointe par ses ex-ministres Arnaud 
Montebourg, Benoît Hamon et Cécile Duflot, d'être dans une 
stratégie d'"empêchement" plus que de conquête du pouvoir. 
Stratégie dont il sous-entend qu'elle est dirigée contre lui. 
    Il dit assumer son discours phare de la campagne de 2012, 
celui du Bourget dans lequel il faisait de la finance son ennemi 
mais que ses détracteurs à gauche l'accusent d'avoir trahi. 
    "Une campagne se résume à une formule et quelques mots. Je 
ne les renie pas", explique-t-il. "La gauche de gouvernement 
devient suspecte dès qu'elle accède aux responsabilités et son 
destin est de toujours être accusée de trahison." 
    Face à cette "perpétuelle suspicion", la gauche de 
gouvernement doit être "davantage fière de ce qu'elle fait", 
ajoute François Hollande, qui récuse l'accusation de libéralisme 
et revendique le label "social-démocrate", voire social-libéral. 
     
    UN PRÉSIDENT "MINORITAIRE DANS LE PAYS" 
    "Le social-libéralisme, c'est le libéralisme sans la 
brutalité", explique-t-il. "En 2012 l'état du pays justifiait 
d'aider les entreprises pour redresser leur compétitivité (...) 
Etait-ce de droite, était-ce de gauche ? C'était nécessaire et 
je l'ai fait." 
    Il revient sur les difficultés rencontrées pendant son 
quinquennat pour réformer en raison notamment d'une majorité 
rétive et dénonce "un des vices de la Ve République". 
    Aussitôt élu, explique-t-il, un président français voit ses 
soutiens fondre, contrairement à ce qu'il se passe dans les pays 
comme l'Allemagne, dont le régime parlementaire permet la 
constitution de coalitions et de majorités larges. 
    Un président français, même avec une majorité de députés, 
est "minoritaire dans le pays". Il peut certes s'appuyer sur des 
forces économiques, sociales, culturelles et intellectuelles.  
    Mais "c'est ce qui m'a manqué", déplore François Hollande, 
qui prône l'introduction de mécanismes réguliers de consultation 
des citoyens dans le système politique français. 
    Il égratigne sans le nommer son prédécesseur de droite, 
Nicolas Sarkozy, lancé dans une tentative de reconquête de 
l'Elysée malgré les affaires judiciaires qui le visent. 
    François Hollande revendique ainsi une nouvelle fois la 
volonté d'être un "président normal", ce qui lui vaut d'être 
accusé de mollesse par ses détracteurs de tous bords. 
    "Comme la fonction est exceptionnelle, il faut que la femme 
ou l'homme qui l'exerce soit maître de lui-même", explique le 
chef de l'Etat. "Le président ne doit utiliser la fonction ni 
pour se protéger excessivement ni pour se mêler de tout."  
    Enfin, face au débat à droite sur l'idée d'"identité 
heureuse" portée par Alain Juppé et contestée par Nicolas 
Sarkozy, il avance celle d'identité "positive". 
    "Pour la droite, l'identité est défensive", explique le chef 
de l'Etat, pour qui la "surenchère identitaire est un piège", à 
la fois pour la gauche si elle la nie et pour la droite si elle 
cède à la tentation d'en faire le thème central de la campagne. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves 
Clarisse) 
 

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