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France 2017-François Bayrou de nouveau en faiseur de roi

Reuters22/11/2016 à 15:19
    * Bayrou laisse ouverte toutes les hypothèses 
    * Il juge Juppé encore capable de l'emporter dimanche 
    * Il a déjà été candidat à la présidentielle trois fois 
    * Sa décision pèsera aussi sur la candidature Macron 
 
 (Avec contexte, commentaires, analyse) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 22 novembre (Reuters) - Soutien d'Alain Juppé, 
François Bayrou, qui juge "dangereux" le programme de François 
Fillon, en ballottage favorable dans la primaire de la droite 
pour l'élection présidentielle de 2017, est de nouveau en 
position de faiseur de roi. 
    Le président du MoDem laisse ouvertes toutes les hypothèses 
en cas de victoire de l'ancien Premier ministre de Nicolas 
Sarkozy au second tour de cette primaire, dimanche prochain, y 
compris celle d'une éventuelle candidature. 
    "Les choix que je découvre dans le projet que présente 
François Fillon sont des choix qui me paraissent dangereux pour 
l'alternance et pour le pays", a-t-il déclaré mardi à Reuters. 
    Selon un de ses proches, il estime aussi que la "proximité" 
affichée par l'ancien Premier ministre avec le président russe 
Vladimir Poutine "est un sujet" d'inquiétude et de désaccord. 
    François Fillon a engrangé une forte avance au premier tour, 
notamment grâce à une importante mobilisation des réseaux 
catholiques conservateurs de "La manif pour tous", du mouvement 
"Sens commun" qui en est issu et du patronat ultra-libéral. 
    De quoi donner raison à François Bayrou, qui voit dans cette 
primaire le "triomphe des noyaux durs" de la droite. 
    Le dirigeant centriste estime cependant que la victoire 
n'est pas acquise pour François Fillon et qu'Alain Juppé, dont 
il juge le projet "beaucoup plus progressif", garde ses chances. 
    "Je le soutiens absolument. Il peut encore gagner. Tout va 
se jouer au débat" de jeudi entre les deux candidats, dit-il. 
    Quand Nicolas Sarkozy, avec qui ses relations sont 
notoirement mauvaises, était encore un des favoris, il avait 
fait savoir qu'il serait candidat en 2017 si l'ex-chef de l'Etat 
devenait celui de la droite et du centre. 
     
    BAYROU "LIBRE DE SES CHOIX" 
    Mais François Bayrou, à qui l'on prête au contraire de 
bonnes relations personnelles avec François Fillon, ne ferme 
aucune porte si l'ex-Premier ministre l'emporte dimanche. 
    "Je suis absolument libre de mes choix, que je ferai en 
fonction de l'intérêt national", a-t-il dit. 
    Le président du MoDem, héritier d'une composante de la 
nébuleuse centriste qui a refusé d'être absorbée par l'UMP au 
tournant des années 2000, a été trois fois candidat à l'Elysée 
sans parvenir à franchir le cap du premier tour (6,84% des voix 
en 2002, 18,57% en 2007, 9,13% en 2012). 
    Depuis son soutien à Edouard Balladur contre Jacques Chirac 
en 1995, François Bayrou n'a eu de cesse de tenter de peser sur 
ces élections, quitte à se faire de nombreux ennemis à droite. 
    En 2007, arrivé troisième au premier tour derrière Nicolas 
Sarkozy et Ségolène Royal, il refuse de donner une consigne de 
vote tout en acceptant un débat avec la candidate socialiste.   
    En 2012, il va plus loin en annonçant entre les deux tours 
qu'il votera personnellement pour François Hollande, ce qui lui 
vaudra d'être accusé par Nicolas Sarkozy d'avoir permis à son 
rival socialiste de le priver d'un deuxième mandat. 
    Cette fois, il s'est de nouveau efforcé de faire barrage à 
Nicolas Sarkozy en soutenant Alain Juppé dès la primaire.  
    Mais si l'ex-chef de l'Etat est sorti du jeu, ce soutien de 
François Bayrou a alimenté la campagne des détracteurs du maire 
de Bordeaux, qui était déjà régulièrement hué dans les réunions 
publiques du parti Les Républicains (LR), héritier de l'UMP. 
     
    LE FACTEUR BAYROU 
    Il a ainsi donné lieu à de longs échanges entre les 
candidats lors du deuxième débat télévisé de la primaire, le 3 
novembre, plaçant Alain Juppé sur la défensive. 
    "Quel sera le prix de l'intégration du MoDem ?" a notamment 
lancé Nicolas Sarkozy. "Je n'ai rien promis à François Bayrou, 
il ne m'a rien demandé", a répliqué le maire de Bordeaux. 
    "Il me soutient mais nous n'avons pas conclu de pacte", 
s'est de nouveau défendu mardi Alain Juppé sur Europe 1. 
    Si François Fillon l'emporte dimanche, François Bayrou 
risque de voir son rêve de grande coalition de la droite et du 
centre s'éloigner un peu plus.  
    Mais, dans ce cas, son éventuelle candidature n'aura pas 
seulement un impact sur la capacité du futur candidat LR de 
rassembler au-delà du noyau dur de la droite. 
    Elle serait une mauvaise nouvelle pour l'ex-ministre de 
l'Economie de François Hollande, Emmanuel Macron, qui chasse 
aussi sur les terres centristes. 
    Elle abaisserait en revanche le niveau du "ticket d'entrée" 
pour le second tour de la présidentielle, ce qui, conjugué à la 
réactivation du clivage gauche-droite par la candidature Fillon, 
serait au contraire plutôt une bonne chose pour le PS. 
    L'entourage d'Emmanuel Macron veut cependant croire que 
l'anti-sarkozysme étant désormais purgé par l'élimination de 
l'ex-chef de l'Etat, le président du MoDem aura intérêt à 
s'aligner sur François Fillon pour conserver des chances d'avoir 
des députés et ne pas se retrouver isolé.   
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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