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FRANCE 2017-Fillon et Le Pen attaqués sur les affaires, se disent persécutés

Reuters05/04/2017 à 00:36
    * Les candidats interpellés par Poutou et Arthaud 
    * "Nous, on n'a pas d'immunité ouvrière." 
    * "C'est un interrogatoire ?", demande la présidente du FN 
 
 (Actualisé avec menace de procès §§ 14) 
    PARIS, 4 avril (Reuters) - François Fillon et Marine Le Pen 
se sont chacun présentés mardi comme la cible de manoeuvres 
destinées à les déstabiliser, répondant aux interpellations de 
représentants de la gauche de la gauche sur les affaires 
judiciaires lors du débat télévisé entre les onze candidats à la 
présidentielle. 
    Le candidat de la droite et celle du Front national ont 
refusé de répondre sur le fond des enquêtes qui les concernent. 
    "On a voulu m'éliminer de cette compétition politique. Je 
suis toujours là", a déclaré François Fillon, mis en examen dans 
l'affaire des soupçons d'emplois fictifs dont auraient bénéficié 
des membres de sa famille. 
    "Personne ne viendra m'intimider et c'est les Français qui 
porteront un jugement dans un peu moins de trois semaines", a 
poursuivi l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy lors d'un 
passage du débat consacré à la moralisation de la vie politique. 
    "Non seulement je n'ai pas commis d'erreur mais je refuse de 
répondre à toute question sur ce sujet, et surtout de la part 
des journalistes qui pendant deux mois et demi ont fait mon 
procès", a-t-il insisté. 
    Il s'est par ailleurs dit "prêt à envisager" d'interdire la 
collaboration de membres de la famille de parlementaires et a 
rappelé sa proposition consistant à confier la question de la 
moralisation à une commission ad hoc. 
    Au coeur de plusieurs enquêtes, dont l'une portant sur des 
soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen, Marine Le Pen 
s'est pour sa part dite harcelée par la justice. 
    "Je suis persécutée politiquement (...) dans le cadre 
d'affaires dans lesquelles il n y a pas l'ombre d'un soupçon 
d'enrichissement personnel", s'est-elle justifiée. 
     
    "ON SENT LA CORRUPTION" 
    La présidente du FN s'est refusé à répondre à une question 
relative aux enquêtes. 
    "C'est un interrogatoire là ? Je croyais que c'était un 
débat mais il semblerait, là, que les procureurs aient mis leur 
veste, non ? Leur robe peut-être ?", a-t-elle déclaré en guise 
de parade. 
    Les deux candidats, largement épargnés sur ces sujets lors 
du premier débat télévisé à cinq, le 20 mars, ont cette fois été 
sous le feu des critiques de deux candidats de la gauche de la 
gauche, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud. 
    "Depuis janvier, c'est le régal, une campagne super : Fillon 
il est en face de moi, que des histoires. Et plus on fouille, 
plus on sent la corruption, plus on sent la triche", a lancé 
Philippe Poutou au chef de file de la droite.  
    A la suite d'une autre allusion aux affaires, l'ancien 
Premier ministre l'a par la suite menacé d'un procès. 
    Salarié de Ford, le candidat du Nouveau Parti 
anticapitaliste (NPA) a ironisé sur la décision de Marine le Pen 
de ne pas se rendre à une convocation de la justice, comme le 
lui permet son immunité d'eurodéputée : "Quand on est convoqué 
par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière. On y va." 
    La représentante de Lutte ouvrière (LO), Nathalie Arthaud, a 
quant à elle mis en exergue le contraste entre "la tolérance 
zéro pour les jeunes", "les caissières qui peuvent être 
licenciées pour avoir pris un bon d'achat", "et vous (qui) ne 
vous rendez pas à convocation des juges".  
    "Ce décalage-là, évidemment, il est insupportable", a dit la 
candidate, professeure dans un lycée. 
     
 
 (Simon Carraud avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 

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