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FRANCE 2017-Duel Hamon-Valls pour l'investiture socialiste

Reuters22/01/2017 à 23:05
    * Hamon, en tête, est soutenu par Montebourg, troisième 
    * Valls attaque Hamon, candidat de la "défaite assurée" 
    * Près de deux millions de votants au total 
 
 (Actualisé avec Hamon, Valls, détails) 
    par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 22 janvier (Reuters) - Benoît Hamon et Manuel Valls, 
représentants des deux extrêmes du Parti socialiste, sont les 
finalistes du second tour de la primaire de gauche pour la 
présidentielle, avec un avantage pour le premier, qui a obtenu 
le ralliement d'Arnaud Montebourg. 
    Un débat télévisé entre les deux qualifiés, qui pourrait 
être décisif, sera organisé mercredi. 
    Au soir d'un scrutin qui a mobilisé près de deux millions 
d'électeurs, le duel s'est engagé sans attendre, Manuel Valls 
accusant son adversaire de représenter une "défaite assurée", 
tandis que Benoît Hamon évoquait la "vieille politique". 
  
    Selon des résultats partiels portant sur la moitié des 
votants, Benoît Hamon a recueilli 36% des voix et Manuel Valls 
31%, a annoncé la Haute autorité chargée d'organiser le scrutin. 
  
    Avec 17,7% des voix, Arnaud Montebourg est donc éliminé, 
tout comme Vincent Peillon (6,8%), l'écologiste François de Rugy 
(3,8%), la radicale de gauche Sylvia Pinel (2%), et Jean-Luc 
Bennahmias (Front démocrate, 1%). 
    Dès que sa défaite a été claire, Arnaud Montebourg, lui 
aussi représentant de l'aile gauche du PS, s'est rallié à Benoît 
Hamon, qui est ainsi théoriquement majoritaire.  
    "Nous avons combattu ensemble dans le gouvernement les 
politiques social-libérales aujourd'hui désavouées par les 
électeurs de la primaire", a expliqué l'ancien ministre du 
Redressement productif, dont le ralliement à François Hollande 
avait été décisif à la primaire de 2011.   
    Vincent Peillon n'a donné aucune consigne de vote à la 
différence de Sylvia Pinel, qui appelle à voter Valls. 
     
    "UN CHOIX TRÈS CLAIR"   
    Devant ses partisans, l'ancien Premier ministre a promis de 
se battre "jusqu'au bout". 
    "Un choix très clair se présente désormais à nous et à vous 
mes chers compatriotes, le choix entre la défaite assurée et la 
victoire possible", a-t-il ajouté en poursuivant ses attaques. 
    "Le choix entre des promesses irréalisables et infinançables 
et une gauche crédible qui assume les responsabilités du pays", 
une critique de l'idée de revenu universel portée par Benoît 
Hamon. 
    Ce à quoi ce dernier a répliqué sur France 2 : "Ça, c'est de 
la veille politique, je ne crois pas qu'on s'en sortira comme 
cela".   
    Selon le Parti socialiste, qui a organisé la primaire, le 
nombre de votants serait proche de deux millions, inférieur à 
celui du scrutin interne de 2011 (2,7 millions).  
    "Il y a deux gauches, on le savait avant", a commenté sur 
TF1 le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.  
    "Aujourd'hui, il y a deux manières d'envisager la 
présidentielle, et c'est bon pour le deuxième tour, ça va nous 
amener des électeurs", a-t-il estimé.  
    Les deux finalistes se sont positionnés dans la campagne de 
part et d'autre du Parti socialiste - Benoît Hamon s'affirmant 
comme le plus à gauche des candidats et Manuel Valls le plus à 
droite -,  montrant l'importante polarisation de ce vote. 
    Les désaccords entre les deux hommes ont constitué le coeur 
du deuxième des trois débats télévisés, avec l'idée de la 
mutation et de la raréfaction du travail chez Benoît Hamon, 
apôtre d'un revenu universel, face à un Manuel Valls se 
présentant en défenseur de la valeur travail, qui compte en 
particulier défiscaliser à nouveau les heures supplémentaires. 
    Une fracture était également apparue sur deux autres 
thèmes : la politique menée par le gouvernement de Manuel Valls 
pour répondre à la crise des migrants, pas à la hauteur des 
valeurs de la France selon Benoît Hamon, et conforme aux voeux 
des Français selon Manuel Valls, et la légalisation du cannabis 
prônée par Benoît Hamon et fermement rejetée par Manuel Valls. 
    Plusieurs ministres et responsables socialistes prédisent 
depuis des semaines le ralliement d'une partie des élus et de 
l'électorat socialiste à Emmanuel Macron si Benoît Hamon venait 
à l'emporter. 
    Les bons résultats de l'ancien ministre de l'Economie, qui a 
choisi de ne pas participer à cette primaire, a hanté toute la 
campagne de la primaire organisée par le PS. 
    En voyage au Chili, François Hollande n'a pas voté à cette 
primaire organisée au terme d'une campagne où il ne s'est 
nullement impliqué. En renonçant à briguer un second mandat, il 
n'a désigné aucun dauphin.  
     
    Voir aussi : 
    Le programme présidentiel de Benoît Hamon    
    Le programme présidentiel de Manuel Valls   
    PORTRAIT Hamon, représentant de l'aile gauche du PS pour 
affronter Valls   
    PORTRAIT Les ambitions contrariées de Manuel Valls 
  
    REACTIONS aux résultats du premier tour de la primaire de la 
gauche   
 
 (Avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse) 
 

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