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FRANCE 2017-Benoît Hamon officiellement investi candidat du PS
Reuters05/02/2017 à 14:57

    * Un discours d'une heure pour rassembler 
    * Des bons points et des piques sur le bilan de Hollande 
    * Valls et les ténors du gouvernement absents 
    * Des critiques répétées contre Macron 
 
    PARIS, 5 février (Reuters) - Benoît Hamon a endossé 
officiellement dimanche les habits de candidat à la 
présidentielle avec un discours de rassemblement à l'adresse 
d'une gauche qui reste dispersée, tout en mettant en avant les 
thèmes du "futur désirable" qui lui ont permis de remporter la 
primaire du Parti socialiste et de ses alliés. 
    L'éphémère ministre de l'Education nationale, qui avait 
rejoint les rangs des frondeurs après son départ du gouvernement 
en 2014, a été officiellement investi en présence de quelque 
2.000 militants réunis à la salle de la Mutualité, à Paris. 
    "Tout ce que je perçois partout où je vais montre qu'est en 
train de se lever un vent, un mouvement, une aspiration à nous 
tourner vers l'avenir qui va une fois de plus démentir tous les 
pronostics", a-t-il dit dans une allusion aux sondages qui 
donnent la gauche exclue du second tour de la présidentielle 
d'avril-mai. 
    Deux de ses rivaux de la primaire, Arnaud Montebourg et 
Vincent Peillon, et une poignée de ministres, dont Najat 
Vallaud-Belkacem et Emmanuelle Cosse, étaient présents pour 
l'occasion.  
    Mais ni Manuel Valls, qu'il a devancé au deuxième tour fin 
janvier, ni aucun ténor du gouvernement ou de la garde 
rapprochée de François Hollande n'avaient fait le déplacement. 
    Le chef de file de l'aile gauche du PS a fait quand même 
applaudir le chef de l'Etat, qu'il a cité sur la laïcité ou pour 
les "mesures graves" prises pour assurer la sécurité des 
Français, qui ont permis de sauver des vies. 
    Mais il a soufflé le chaud et le froid sur son bilan. 
    "Regardons ce que la droite veut défaire et nous verrons ce 
que nous avons fait de bien", a-t-il dit en citant l'Education 
nationale, l'opposition au projet de traité de libre-échange 
Europe-Etats-Unis ou les progrès en matière d'insertion des 
handicapés. 
    "Tout ça va dans le bon sens, mais ce bilan a laissé aussi 
des personnes mécontentes", s'est-il empressé d'ajouter. "Il ne 
faut pas mépriser cela au moment où on veut rassembler pour 
transformer cette colère en une aspiration à quelque chose qui 
nous dépasse, nous transcende." 
     
    UNE GAUCHE DE COMBAT 
    L'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, 
conscience morale de la gauche, avait déclaré auparavant tout le 
bien qu'elle pense de l'investiture du député des Yvelines. 
    "Avec toi, Benoît, nous repartons à la reconquête des coeurs 
et des esprits", a-t-elle dit, "nous allons redevenir une gauche 
de combat plutôt qu'une gauche de constats". 
    Dans son discours d'une heure, Benoît Hamon a défendu un 
projet qui repose sur une politique et non le rassemblement 
derrière une figure charismatique ou un homme providentiel. 
    "Je ne crois plus du tout dans cette forme d'immaturité qui 
consiste à proposer un guide au peuple et à la Nation dans un 
rapport assez abstrait aux foules et au peuple, qui vous amène à 
assumer tranquillement être la solution aux problèmes de tous 
les Français", a-t-il indiqué. 
    Dans ce prolongement, il s'en est pris à l'ancien ministre 
de l'Economie Emmanuel Macron, que les derniers sondages placent 
en deuxième position du premier tour de la présidentielle, en 
faisant référence au célèbre roman Le Guépard, situé lors de la 
Révolution italienne de 1860, pour contester ses intentions 
réformistes. 
    "Dans l'humeur du temps, il y a la doctrine du Guépard. Tout 
change en surface pour qu'en réalité rien ne change derrière", 
a-t-il déclaré. "On les voit les jeunes guépards, les créatures 
du système qu'une habile manipulation transforme soudain en 
grands transformateurs." 
    Il s'est adressé de même au chef de file des "Insoumis", 
Jean-Luc Mélenchon, qui exclut tout futur accord avec Benoît 
Hamon si le PS investit les ministres du Travail et des Affaires 
sociales Myriam El Khomri et Marisol Touraine pour les 
prochaines législatives en raison des lois qu'elles ont portées. 
    Il a indiqué ainsi qu'il ne posait aucun préalable à ceux 
qui veulent discuter avec lui, pour ajouter : "Je leur demande 
en échange de ne pas me demander des têtes", faute de quoi un 
rassemblement n'aurait aucun sens. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 

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