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ENCADRE-Verbatim de la déclaration de François Fillon

Reuters01/03/2017 à 12:51
    PARIS, 1er mars (Reuters) - François Fillon a annoncé 
mercredi qu'il ne renoncerait pas à sa candidature à l'élection 
présidentielle malgré une convocation des juges le 15 mars en 
vue de sa mise en examen dans l'affaire d'emplois présumés 
fictifs de son épouse. 
    Voici le verbatim du discours du candidat de la droite et du 
centre prononcé à son QG de campagne devant la presse : 
     
    "Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars 
par les juges d'instruction afin d'être mis en examen. 
    Il est sans exemple, dans une affaire de cette importance, 
qu'une convocation aux fins de mise en examen soit lancée 
quelques jours à peine après la désignation des juges, sans 
qu'ils aient pris connaissance du dossier ni procédé à des 
investigations supplémentaires, sur la simple base d'un rapport 
de police manifestement à charge, c'est-à-dire pour condamner. 
    Les seuls cas que l'on connaisse sont ceux où les personnes 
reconnaissaient les faits et demandaient leur mise en examen 
pour avoir accès au dossier.  
    Mais je ne reconnais pas les faits. Je n'ai pas détourné 
d'argent public. J'ai confié, comme près du tiers des 
parlementaires, des travaux à mes proches parce que je savais 
pouvoir compter sur leur confiance et leurs compétences.  
    Ils m'ont effectivement assisté et je le démontrerai. Cette 
convocation s'inscrit dans la ligne d'une enquête menée dès le 
début exclusivement à charge.  
    Depuis l'origine, et contrairement à ce qui a été dit, je 
n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres.  
    L'enquête préliminaire a été ouverte en quelques heures. Les 
procès-verbaux, contrairement à la Loi, ont été immédiatement 
communiqués à la presse sans qu'à aucun moment le Garde des 
Sceaux ne s'en émeuve.  
    L'Etat de droit a été systématiquement violé. La presse 
s'est fait l'écho des convictions des enquêteurs et d'elles 
seules. Les arguments de fait que j'ai présentés n'ont pas été 
entendus, ni relayés.  
    Les arguments de droit, partagés par des grands professeurs 
de droit et par un ancien secrétaire général du conseil 
constitutionnel, ont été écartés d'un revers de la main. La 
présomption d'innocence a complètement et entièrement disparu. 
    Que je ne sois pas un justiciable comme les autres, on le 
voit au simple choix de cette date du 15 mars, deux jours avant 
la clôture des parrainages, entièrement calculée pour m'empêcher 
d'être candidat à la présidentielle, et, au-delà, pour empêcher 
que la droite et le centre disposent d'un tel candidat.  
    Les avocats ont demandé que la chambre de l'instruction de 
la cour d'appel statue immédiatement sur les irrégularités 
nombreuses et graves de la procédure. Cela leur a été refusé. 
    Nombre de mes amis politiques, et de ceux qui m'ont soutenu 
à la primaire et ses quatre millions de voix, parlent d'un 
assassinat politique.  
    C'est un assassinat en effet, mais par ce déchaînement 
disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce 
calendrier, ce n'est pas moi seulement qu'on assassine.  
    C'est l'élection présidentielle. C'est le vote des électeurs 
de la droite et du centre qui est fauché. C'est la voix des 
millions de Français qui désirent une vraie alternance qui est 
muselée. C'est le projet du redressement national que je porte 
qui est expulsé du débat. C'est la liberté du suffrage et c'est 
la démocratie politique elle-même qui sont violemment percutées. 
    Je veux qu'il ne subsiste aucun doute à cet égard : je me 
rendrai à la convocation des juges. Je suis respectueux de nos 
institutions, je ne désespère pas de la justice, même si ce que 
nous venons d'en voir n'est pas de nature à nous rassurer. Je 
leur dirai ma vérité, qui est la vérité.  
    Mais aujourd'hui, c'est à vous mes compatriotes que je 
m'adresse d'abord. Au-delà de la procédure judiciaire, c'est au 
peuple français et à lui seul que j'en appelle désormais. À ceux 
qui me suivent comme à ceux qui me combattent.  
    C'est au peuple français que je m'en remets, parce que seul 
le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider 
qui sera le prochain président de la république française.  
    Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas. Je ne me retirerai 
pas. J'irai jusqu'au bout parce qu'au-delà de ma personne, c'est 
la démocratie qui est défiée.   
    Je vous demande de me suivre. Ce n'est pas de moi qu'il 
s'agit, de mes droits, ou de la présomption d'innocence. C'est 
de vous, dont la volonté souveraine ne peut être annulée, 
annihilée, détruite.  
    Je serai au rendez-vous que la démocratie, et elle seule, 
nous donne, pour choisir notre avenir collectif.  J'y serai avec 
une détermination redoublée.  
    Je ne permettrai pas que le seul choix qui nous soit 
collectivement donné soit celui de la folle aventure de 
l'extrême droite ou de la continuation du hollandisme.  
Je n'accepte pas que tout s'organise pour nous amener, un pas 
après l'autre, dans la voie du renoncement, du déclin, de 
l'oubli de ce qui fait notre grandeur nationale. 
    La France est plus grande que nous. Elle est plus grande que 
mes erreurs. Elle est plus grande que les partis pris d'une 
large part de la presse. Elle est plus grande que les 
emballements de l'opinion elle-même.  
    Et c'est parce que je suis totalement décidé à servir cette 
France là que je m'opposerai, de toutes mes forces, à ce que le 
hasard ou le calcul décident de son sort et de l'avenir des 
Français au moment d'une consultation décisive. 
    Je vous le dis avec gravité, ne vous laissez pas abuser. Ne 
laissez personne vous priver de votre choix. Parce que votre 
voix seule doit décider de notre avenir commun, et parce que ma 
volonté de servir est plus grande que les accusations qui sont 
portées contre moi, je vous demande de résister. 
    Je le fais. Ma famille le fait malgré tous les tourments. Ma 
famille politique le fera, et au-delà d'elle, tous ceux qui 
croient qu'à la fin, seul le peuple peut décider. 
    Oui, je serai candidat à la présidence de la république, et 
nous tirerons de ces épreuves, avec tout ce qu'elles comportent 
de juste et d'injuste, le surcroît de force qu'il nous faut pour 
l'emporter et redresser notre pays.  
 
 (Edité par Marine Pennetier) 
 

3 commentaires

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  • charleco
    01 mars14:32

    Avec François Fillon RESISTONS contre la soviétisation de notre pays. La Justice n'est plus indépendante.

    Signaler un abus

  • bernm
    01 mars13:37

    Bientot, il fera campagne depuis sa cellule...

    Signaler un abus

  • fdha
    01 mars13:06

    l'institution judiciaire a fait état de sa décision à l'égard d'un candidat .On verra, avec intéret ,l'évolution de la procédure ,en fonction de la situation ainsi crée,compte tenu de l'enjeu electoral.

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