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Embargo russe sur les produits agricoles occidentaux

Reuters07/08/2014 à 17:54

(Actualisé avec précisions, déclarations, contexte) par Dmitry Zhdannikov et Natalia Zinets MOSCOU, 7 août (Reuters) - Moscou a imposé jeudi un embargo total sur des importations alimentaires en provenance de nombreux pays occidentaux, en réponse aux sanctions imposées notamment par l'Union européenne et les États-Unis à la Russie en raison du conflit ukrainien. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a précisé que la Russie allait interdire l'importation de fruits, de légumes, de viandes, de poissons, de lait et de produits laitiers en provenance des Etats-Unis, de l'Union européenne, d'Australie, du Canada et de Norvège. Cette mesure, applicable à partir de jeudi et pour une durée d'un an, fait suite à un décret signé mercredi par Vladimir Poutine en représailles aux sanctions économiques occidentales contre Moscou accusé d'alimenter l'instabilité dans l'est de l'Ukraine. Le président russe avait promis que les mesures de rétorsion ne pèseraient pas sur les consommateurs russes, laissant supposer que certains produits courants pourraient être épargnés, mais les sanctions annoncées par son Premier ministre ne font mention d'aucune exception. Dmitri Medvedev a précisé que les avions des compagnies aériennes ukrainiennes ne seraient plus autorisés à transiter par la Russie. Le gouvernement russe étudie une disposition similaire pour les vols des compagnies aériennes américaines et européennes à destination de l'Asie et du Pacifique, bien qu'une telle interdiction priverait Moscou de millions de dollars de droits de survol. L'annonce des sanctions russes a poussé les rendements obligataires russes à des plus hauts de plusieurs années tandis que la Bourse de Moscou continuait sa dégringolade. LES CONSOMMATEURS RUSSES, PREMIÈRES VICTIMES Le ministre russe de l'Agriculture Nikolaï Fiodorov a déclaré que les mesures créeraient une hausse de l'inflation à court terme mais qu'il ne voyait pas de danger à moyen ou à long terme. La Russie compensera ses importations en s'adressant à d'autres fournisseurs, a-t-il poursuivi, citant pour exemple la viande brésilienne ou le fromage néo-zélandais. La Commission européenne a dit se réserver le droit de riposter aux sanctions russes. ID:nL6N0QD309 HAUSSE DES PRIX Les agriculteurs de certains secteurs des pays producteurs occidentaux risquent de subir les conséquences des mesures de rétorsion annoncées par Moscou mais les principales victimes seront les Russes. Les consommateurs devront faire face à une hausse des prix et à des pénuries, alors que l'inflation est déjà en hausse, que le rouble chute et que l'économie est déjà confrontée à une fuite de capitaux. "Les premières pertes surviendront sur le marché intérieur. Cependant, il y aura un effet pour les agriculteurs des pays producteurs", commente Abdolreza Abbassian, économiste en chef à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Les Russes consomment des biens importés depuis la chute de l'URSS, notamment des fruits et légumes et des pilons de poulet surgelés surnommés "cuisses de Bush" du nom du président américain alors en fonction. La classe moyenne de Moscou, qui achète du fromage italien et du boeuf américain sera touchée, tout comme les classes populaires qui achètent les pommes polonaises et les concombres grecs proposés sur les marchés. La Russie a importé 28% des fruits de l'Union européenne exportés en 2011 et 8% des exportations de poulet américain ont été destiné au marché russe en 2013. Par ailleurs, Vladimir Poutine et les dirigeants de Biélorussie et du Kazakhstan, dont les Etats appartiennent à la même union douanière, ont discuté de l'interdiction des importations alimentaires en provenance des pays occidentaux en réponse aux sanctions contre l'Ukraine, a annoncé jeudi le Kremlin. Les dirigeants des trois Etats ex-soviétiques ont signé un traité fin mai donnant naissance à l'Union économique eurasienne, un vaste espace commercial que le président russe rêve de voir concurrencer les Etats-Unis, l'Union européenne et la Chine. ID:nL6N0OF2LP (Avec Polina Devitt; Agathe Machecourt et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Danielle Rouquié)


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