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Ebola: L'OMS attend jusqu'à 10.000 nouveaux cas par semaine

Reuters15/10/2014 à 05:35

* Le cap des 9.000 contaminations sera franchi cette semaine * L'OMS projette pour début décembre 5.000 à 10.000 cas supplémentaires par semaine par Tom Miles GENEVE, 15 octobre (Reuters) - Au rythme où se propage le virus Ebola, il pourrait y avoir entre 5.000 et 10.000 nouveaux cas chaque semaine à partir de début décembre, a prévenu mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La fièvre hémorragique Ebola continue de s'étendre géographiquement dans les trois pays les plus touchés - Sierra Leone, Guinée et Liberia -, et a d'ores et déjà fait 4.447 morts sur un total de 8.914 cas recensés depuis le déclenchement de l'épidémie en mars. L'agence onusienne, qui s'attend à ce que le nombre total de contaminations franchisse la barre des 9.000 dans le courant de la semaine, dit cependant avoir constaté un ralentissement du rythme des contaminations dans certaines des régions les plus touchées d'Afrique de l'Ouest. Mais ce ralentissement est localisé et le virus a atteint des secteurs qui étaient encore épargnés il y a un mois. "Nous pensons qu'il pourrait y avoir entre 5.000 et 10.000 cas recensés à ce moment-là (ndlr, début décembre)", a déclaré à la presse le directeur général adjoint de l'OMS, Bruce Aylward. "(Le nombre de contaminations) pourrait être plus important, ou moins important, mais il devrait s'approcher de cette estimation." "Dans certains secteurs, nous constatons un ralentissement de l'épidémie, mais ça ne signifie pas qu'elle va cesser", a-t-il continué, en ajoutant qu'il serait "vraiment prématuré" de crier victoire. La crise sanitaire était au centre ce mardi d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, à New York. Selon le responsable de la mission de l'Onu en Afrique de l'Ouest, Anthony Banbury, l'OMS conseille que, d'ici au 1er décembre, au moins 70% des personnes contaminées se trouvent dans un centre de soins et que 70% des enterrements ne donnent pas lieu à de nouvelles contaminations. "Si nous atteignons ces objectifs, nous pouvons inverser le cours de l'épidémie", a dit Anthony Banbury lors de son intervention par visioconférence devant le Conseil de sécurité. "Je suis reconnaissant pour les engagements pris par les Etats membres en matière de personnel civil et militaire, de matériel et de fonds, mais je suis profondément, profondément inquiet du fait que tout cela mis ensemble ne soit pas proche d'être suffisant." En retenant l'hypothèse de 10.000 cas par semaine au 1er décembre, cela signifie qu'il faudra à cette date 7.000 lits pour accueillir les patients alors que les projections actuelles permettent d'en envisager seulement 4.300, avec en outre un manque de personnel, a poursuivi le responsable de la mission de l'Onu. CONTRÔLES À LONDRES-HEATHROW Par ailleurs, la Grande-Bretagne a mis en place mardi un processus de dépistage des passagers en provenance des pays affectés par le virus Ebola à l'aéroport d'Heathrow. La veille, le ministre de la Santé Jeremy Hunt a déclaré que le pays s'attendait à faire face à une poignée de cas durant les trois prochains mois, la Grande-Bretagne étant une destination phare. Le processus de dépistage, qui consiste à interroger les passagers sur leurs voyages et à réaliser des contrôles de leur température si nécessaire, devrait être étendu à l'aéroport de Gatwick et aux terminaux Eurostar d'ici la fin de la semaine prochaine. Aux Etats-Unis, où l'état de santé d'une aide-soignante contaminée à Dallas est en amélioration, le Dr Thomas Frieden, directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), a annoncé la mise en place d'une équipe de soutien capable d'aider "en quelques heures" tous les hôpitaux qui seraient affectés par un cas de contamination. Barack Obama a jugé mardi qu'une épidémie sur le sol des Etats-Unis était hautement improbable du fait de l'efficacité du système de santé. Le président américain a ajouté que "le monde dans sa globalité n'en fait pas assez" pour contenir l'épidémie. (avec Kate Kelland à Londres, Terry Wade à Dallas et Michelle Nichols aux Nations unies; Eric Faye, Clémence Apetogbor et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Henri-Pierre André)


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