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Droite et gauche radicale critiquent les coupes budgétaires

Reuters29/06/2012 à 16:13

Droite et gauche radicale critiquent les coupes budgétaires

PARIS (Reuters) - Les réductions d'effectifs et de dépenses annoncées jeudi par le gouvernement de gauche français ont été critiquées vendredi aussi bien par la droite que par la gauche radicale.

Matignon a annoncé que les effectifs hors Education, Justice et Intérieur devront baisser de 2,5% par an en moyenne de 2013 à 2015 et que les dépenses de fonctionnement et d'intervention devront baisser de 7% en 2013.

Gilles Carrez, président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a estimé qu'on ne pouvait pas parler véritablement de "rigueur" car ce terme recouvre selon lui une bonne gestion de l'ensemble des finances publiques.

Le nouveau gouvernement n'est pas dans ce cas selon lui puisqu'il augmente les effectifs dans certains ministères, notamment dans l'Education.

"Je trouve que la démarche qui a été prise est très idéologique, qui s'est en fait située par rapport à des attentes de telle ou telle catégorie de Français", a dit Gilles Carrez sur France Inter.

Selon lui, le gouvernement va être obligé, pour compenser les créations de postes dans l'Education, de ne pas remplacer quatre départs en retraite sur cinq dans les autres ministères.

Il parle "d'omerta" sur les chiffres des économies et estime qu'il aurait fallu poursuivre une réduction globale des effectifs de la fonction publique.

La gauche radicale proteste aussi, jugeant que les mesures annoncées sont en violation des engagements de campagne de François Hollande.

"Ce sont des orientations très négatives. Malheureusement, il semblerait que par anticipation, on donne des gages aux orientations du pacte budgétaire européen", a dit le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, sur France Info.

"Ca veut dire qu'on accepte par avance de s'inscrire dans le pacte d'austérité budgétaire alors que François Hollande avait annoncé sa renégociation. C'est décidément très mal parti", a-t-il ajouté.

SAPIN CONTESTE TOUTE "SAIGNÉE"

Un accord sur des mesures de stimulation de la croissance d'un montant de 120 milliards d'euros a été trouvé dans la nuit entre les membres de l'Union européenne, mais l'Italie et l'Espagne attendent des mesures d'urgence pour signer.

La France conditionne son approbation au pacte de stabilité budgétaire à ces mesures.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a contesté que ces décisions constituent un tournant et a rappelé que François Hollande les avait annoncées avec précision pendant sa campagne.

Une forte baisse est nécessaire dans certains secteurs si on veut créer 65.000 emplois dans l'Education, la Justice et l'Intérieur, a-t-il répété sur I>Télé.

"Le fait de maintenir le nombre de fonctionnaires alors qu'il diminuait très fortement dans les années précédentes, ce n'est pas une saignée, c'est une manière de faire en sorte que le potentiel qui permet d'avoir un service public de qualité soit maintenu en France", a-t-il dit.

"Quand on a une priorité quelque part, ça veut dire que dans les autres secteurs, on diminue les effectifs. C'est quand même simple à comprendre et je crois que les Français le comprennent très bien", a-t-il ajouté.

Une politique de réduction globale des effectifs de la fonction publique d'Etat avait été menée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avec la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.

A Nantes, en marge de la séance du conseil municipal qui a élu un successeur au poste de maire qu'il occupait depuis 1989, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a défendu la méthode.

"C'est faisable, et ça ne dégrade pas le service public (...) La méthode ancienne qu'est la RGPP (Révision générale des politiques publiques - NDLR), 'on coupe, on coupe sans réfléchir', elle est finie, je tiens ici à le rappeler", a-t-il déclaré à la presse.

Il a contesté le terme de rigueur employé par un journaliste. "Je suis extrêmement surpris de l'interprétation que vous faites Nous avons décidé, effectivement, de tenir les objectifs d'équilibre des comptes publics à la fin du quinquennat, mais le cap qui a été fixé par le président de la République, les objectifs de redressement du pays dans la justice, seront respectés", a-t-il dit.

Thierry Lévêque, avec Guillaume Frouin à Nantes, édité par Jean-Baptiste Vey


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