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Direction et syndicats jouent les prolongations chez Renault

Reuters13/02/2013 à 00:52

LA DIRECTION DE RENAULT ET LES SYNDICATS JOUENT LES PROLONGATIONS

par Gilles Guillaume et Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Renault n'a pas bouclé l'accord de compétitivité qu'il espérait signer mardi avec ses syndicats et leur a donné rendez-vous mardi prochain pour une nouvelle séance de négociations.

La dixième séance de discussion qui s'est tenue à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), officiellement de la dernière chance, n'a pas permis aux négociateurs de la direction et des organisations syndicales de parvenir à un accord bien qu'elle se soit prolongée jusqu'après 21 heures.

"Dans les semaines à venir, ce projet va faire l'objet de réunions de négociation nécessaires sur le texte de l'accord", a déclaré le constructeur automobile dans un communiqué. "Il sera ensuite présenté pour consultation au comité central d'entreprise et dans les comités d'entreprise des filiales concernées, préalable à la signature entre les organisations syndicales et le président du groupe Renault, Carlos Ghosn".

Une porte-parole de Renault a précisé au téléphone qu'un nouveau rendez-vous de négociation était fixé pour mardi prochain.

Confronté à un marché européen morose et à des surcapacités de production, le groupe a engagé à l'automne dernier des discussions sur un plan visant à rapprocher la compétitivité de ses usines françaises de celle de ses sites espagnols. En échange d'un gel des salaires, d'un allongement du temps de travail et d'un recours accru à la mobilité intersites, Renault s'est engagé à maintenir en activité toutes ses usines de l'Hexagone.

"Il n'y a pas encore d'accord, mais plusieurs lignes rouges sont tombées", a expliqué au téléphone Laurent Smolnik, représentant Force ouvrière, à la sortie des discussions. "Les détachements entre sites continueront de se faire sur la base du volontariat et c'est Carlos Ghosn en personne qui signerait l'accord, pour montrer que c'est le président qui s'engage."

RELOCALISATIONS DE TURQUIE ET DU PORTUGAL

Renault a également précisé son engagement d'allouer des volumes supplémentaires aux usines françaises, notamment à Flins (Yvelines), l'usine dont les syndicats jugent l'avenir le plus préoccupant. La CFE-CGC, principal syndicat chez Renault, appelait le groupe à ce geste symbolique pour faciliter un accord.

La direction s'est engagée mardi sur un volume de 110.000 véhicules sur le site, qui partage une partie de la Clio 4 avec la Turquie. L'usine obtiendrait les versions haut de gamme, ainsi que des conduites à droite actuellement produites à Bursa.

Renault transférerait également sur son site de moteur de Cléon (Seine-Maritime) des boîtes de vitesse actuellement produites au Portugal.

"On a gagné une bataille, mais pas la guerre", a ajouté Laurent Smolnik.

Le groupe au losange, qui entend également supprimer 8.200 emplois sur quatre ans via des départs naturels, espérait initialement conclure son accord de compétitivité fin janvier ou début février.

Le gouvernement a incité à plusieurs reprises les organisations syndicales à signer l'accord de peur de se retrouver avec un autre dossier socialement explosif, après celui provoqué par l'annonce, l'an dernier, de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Pour être valide, le texte doit être signé par des syndicats représentant au moins 30% des salariés, à condition que 50% des employés ne votent pas contre. En théorie le paraphe de la CFE-CGC et d'un autre syndicat pourraient suffire.

Pour que l'accord s'applique en totalité, la direction a toutefois besoin des trois syndicats signataires des accords de 1996 et 1999 sur la réduction du temps de travail (CGC, CFDT, FO) afin de revenir sur les textes passés.

La CGT a déjà prévenu qu'elle ne signerait pas. Laurent Smolnik de FO a précisé mardi soir que s'il venait à parapher l'accord, il ne pourrait le faire avant d'avoir arrêté sa position lors d'une réunion interne fixée au 25 février.

A l'occasion de cette dernière journée de discussions, des débrayages étaient programmés sur certains sites. Les syndicats de la Sovab, filiale de Renault qui fabrique le Master à Batilly (Moselle) ont ainsi appelé à une heure d'arrêt de travail.

Les discussions qui se déroulaient dans le même temps sur le plan de restructuration de PSA, où 8.000 suppressions de postes sont envisagées d'ici 2014, ont en revanche abouti à un accord.

Quatre syndicats (CFE-CGC, CFTC, FO et SIA) se sont en effet dits favorables au plan d'accompagnement du plan social qui prévoit 8.000 suppressions de postes et la fermeture en 2014 de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Deux des organisations ont toutefois précisé que le projet devait être encore soumis à l'approbation des salariés. Il devra être également soumis au vote du comité central d'entreprise, qui aura lieu probablement à la mi-avril.

Parallèlement, un millier de salariés visés par des plans sociaux ont manifesté à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) où se tenait un comité d'entreprise de Goodyear, qui veut fermer l'usine d'Amiens-Nord.

Edité par Jean-Michel Bélot


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