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Deux milliards de crédits pour la Bretagne en crise

Reuters 13/12/2013 à 20:46

DEUX MILLIARDS D'EUROS DE CRÉDITS POUR LA BRETAGNE EN CRISE

par Pierre-Henri Allain

RENNES (Reuters) - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a signé vendredi à Rennes un "Pacte d'Avenir pour la Bretagne" prévoyant environ deux milliards d'euros de crédits pour répondre aux crises que traverse cette région, notamment dans l'agro-alimentaire.

Le chef du gouvernement avait entamé son déplacement dans une région secouée par la contestation de l'écotaxe poids lourds menée par les "bonnets rouges" par un message d'apaisement lancé le matin sur France Bleu Armorique.

"L'écotaxe reviendra s'il y a un consensus", a-t-il déclaré. "C'est pourquoi j'ai proposé que l'Assemblée nationale, qui l'avait votée à l'unanimité, s'en saisisse pour en faire l'évaluation, trouve les solutions."

L'application de l'écotaxe, votée par la majorité précédente, a été suspendue par le gouvernement, sous la pression notamment des entreprises bretonnes qui se disaient particulièrement touchées malgré un rabais de 50%.

Ce geste posé, il a présenté dans un discours à l'Ecole des hautes études en santé publique de Rennes le pacte d'avenir préparé pour tenter de sortir la région d'une crise particulièrement vive pour le secteur avicole.

"Notre premier devoir, c'est de redonner espoir aux victimes des restructurations, c'est de venir en aide aux familles et aux territoires les plus touchés. Et pour cela des mesures concrètes et immédiates ont été prises", a souligné Jean-Marc Ayrault.

Additionnant des financements déjà prévus et de nouveaux crédits, ce pacte, un document de 88 pages, propose à la fois des mesures d'urgence pour les salariés touchés par les restructurations, un plan spécifique pour l'agroalimentaire et un soutien à l'économie régionale dans son ensemble.

Il s'agit notamment de contrats de sécurisation professionnelle renforcés, d'un accès facilité à la formation et d'une bourse de l'emploi.

AGIR VITE

Répondant aux critiques du mouvement des "bonnets rouges" qui a stigmatisé une "escroquerie intellectuelle" et un document émanant des "technostructures parisiennes", le Premier ministre a affirmé qu'il avait été conçu en Bretagne, sur la base de dizaines de réunions de travail préalables avec différents acteurs économiques et associatifs de la région.

"Ce qui a été conçu, c'est en Bretagne et pour la Bretagne, par des Bretons et pour les Bretons", a t-il insisté.

Il a promis d'agir vite en débloquant des financements pour les projets régionaux les plus avancés, tels l'aménagement de l'axe routier central, la modernisation du port de Brest ou l'amélioration du réseau ferroviaire régional.

"L'enjeu, c'est également de redonner un nouveau souffle au secteur agricole et agro-alimentaire", a t-il poursuivi, en référence au plan prévu pour soutenir et développer cette filière qui représente près d'un milliard d'euros, dont 368 millions provenant de l'UE, sur la période 2014-2020.

"Les solutions existent pour moderniser notre agriculture, pour la rendre plus respectueuse de l'environnement et plus performante économiquement", a déclaré le Premier ministre, se refusant à "opposer la quantité et la qualité" et appelant au dialogue agriculteurs et défenseurs de l'environnement.

Jean-Marc Ayrault s'est aussi prononcé pour un approfondissement de la décentralisation dans le cadre du deuxième projet de loi qui devrait être inscrit à l'ordre du jour du parlement en avril 2014 pour accorder de nouvelles compétences aux régions, notamment dans le domaine culturel.

La France est régulièrement épinglée pour ne pas avoir ratifié la charte des langues régionales qui nécessite une réforme constitutionnelle mais le Premier ministre a promis que cette réforme serait inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, après le dépôt mercredi d'une proposition de loi.

Le mouvement des bonnets rouges a mis en cause un "empilage" de mesures déjà connues et regretté l'absence de véritable annonce pour une plus grande autonomie régionale.

Ce mouvement, qui compte désormais une trentaine de comités locaux en Bretagne, a indiqué qu'il organiserait en février ou mars des Etats généraux afin d'élaborer sa propre plate-forme de propositions pour les différents secteurs économiques.

Edité par Yves Clarisse

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