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Des "squatteurs légaux" dans les bureaux inoccupés

Reuters20/12/2013 à 21:24

DES BUREAUX INOCCUPÉS TRANSFORMÉS EN LOGEMENTS

par Marion Douet

PARIS (Reuters) - La transformation des bureaux en hébergements temporaires est l'une des solutions prioritaires choisies par le gouvernement français pour accueillir des personnes sans domicile, dans l'attente de la conversion de ces espaces en habitations.

A Paris, la moitié des 7.000 mètres carrés des anciens locaux de l'Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi) ont ainsi été transformés en chambres ou réfectoires qui accueillent 125 personnes depuis un an et augmenteront très bientôt leur capacité d'une cinquantaine de places.

"Il s'agit d'une priorité de l'Etat, sinon ces locaux auraient été murés ou gardiennés", a déclaré vendredi la ministre écologiste du Logement, Cécile Duflot, lors d'une visite de ce projet emblématique de sa politique à Paris.

Le gouvernement souhaite développer ce type d'hébergement à Paris et en région, dans les bâtiments publics et privés.

Quelque 3,5 millions de mètres carrés de bureaux sont vacants en Ile-de-France et 5 millions environ sur l'ensemble du territoire, a-t-elle souligné.

"On en a beaucoup construit et certains sont devenus de fait obsolètes, du fait de leur dimensionnement, de leur situation", a expliqué Cécile Duflot. "Il faut en sortir et faire en sorte d'avoir des dispositions qui permettent de transformer ces bureaux en logements."

Le gouvernement a lancé plusieurs chantiers pour résoudre la crise du logement via la construction mais aussi par des réquisitions de logements vacants, qui a permis le retour sur le marché locatif des trois quarts des dossiers traités en 2013.

Il tente également d'agir sur l'hébergement d'urgence ou temporaire face à l'augmentation du nombre de demandeurs avec la crise économique. Selon les chiffres du ministère, ces demandes s'élèvent à environ 10.000 par semaine en Ile-de-France.

UNE JOURNÉE DE TRANSFORMATION

Quelques bâtiments ont permis d'amorcer ce processus de conversion appuyé par l'Etat. Leur gestion est notamment assurée par des associations comme Aurore, qui s'occupe des anciens bureaux de l'Inpi, déménagé en région parisienne.

Lorsque des sanitaires sont disponibles, une journée suffit pour convertir des bureaux en hébergements, soulignent des membres de l'association. Mais Aurore s'engage à quitter les lieux dès que les autorités le réclameront.

"Nous revendiquons notre statut de squatteurs légaux", a résumé Pierre Coppey, président de l'association. "On est typiquement ici dans un endroit qui nécessitera trois ou quatre ans avant que les projets d'urbanisme n'aillent à leur terme."

Ces 7.000 m2 appartenant à l'Etat, dont une partie est trop vétuste pour être utilisée, seront à terme transformés en logements sociaux ou privés.

Parallèlement à ces reconversions, le gouvernement entend mettre fin à la "gestion hôtelière" dans l'hébergement d'urgence, qui représente un coût très élevé pour l'Etat.

"Nous dépensons énormément d'argent pour loger des gens en urgence dans des chambres d'hôtels", a dit Cécile Duflot. "Cela conduit à des difficultés familiales importantes, on ne nourrit pas bien ses enfants quand on est dans une chambre d'hôtel."

Au-delà de l'hébergement temporaire, plus d'un million de personnes sont en demande d'un logement en France.

Parmi les résidents de l'ancien Inpi, certains parents ne parviennent pas à quitter l'hébergement malgré un CDI, une inscription au Droit au logement opposable (Dalo) ou auprès des services sociaux, faute de logements disponibles.

Le gouvernement a fixé un objectif de 150.000 constructions de logements sociaux dès 2014, contre 100.000 en 2013.

Edité par Yves Clarisse

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