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Des renforts français ont commencé à arriver à Bangui

Reuters06/12/2013 à 19:30

DES RENFORTS FRANÇAIS À BANGUI

PARIS (Reuters) - Des renforts français ont commencé à arriver à Bangui, où des hélicoptères sont attendus vendredi, après le feu vert donné par le Conseil de sécurité de l'Onu à une intervention de la France en Centrafrique pour y rétablir la sécurité.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a confirmé sur France Info que l'objectif était de doubler dans les tous prochains jours le nombre des soldats français, qui étaient jeudi un peu plus de 650 à Bangui.

Le ministre de la Défense a annoncé sur RFI qu'une compagnie de parachutistes, soit environ 150 hommes, était arrivée en renfort à Bangui dès jeudi soir, en provenance du Gabon.

Le général Francisco Soriano, commandant du contingent français au Gabon, assurera le commandement de l'intervention française en Centrafrique. Il est lui aussi arrivé jeudi à Bangui, a poursuivi Jean-Yves Le Drian.

"Les forces françaises qui étaient déjà présentes sur l'aéroport de Bangui (...) dès cette nuit ont développé des patrouilles dans Bangui", a ajouté le ministre de la Défense, selon qui la nuit a été calme.

Les soldats français ont tué jeudi matin des hommes armés non identifiés qui avaient ouvert le feu sur leurs positions au niveau de l'aéroport de Bangui.

Le vote de la résolution de l'Onu a été précédé jeudi d'affrontements meurtriers à Bangui et dans sa périphérie entre les ex-rebelles de la Séléka, au pouvoir depuis un coup d'Etat en mars, et des fidèles du président déchu, François Bozizé.

PAPILLON ROUGE

Selon un décompte établi par Reuters et Médecins sans frontières, ces affrontements ont fait au moins 105 morts. Ils ont conduit François Hollande à précipiter l'envoi de renforts français dans un pays plongé dans le chaos depuis des mois.

Selon le ministère de la Défense, l'opération, baptisée "Sangaris", du nom d'un papillon rouge, a pour objectif de rétablir une sécurité minimale et permettre le retour des opérations humanitaires et le rétablissement de structures étatiques de base.

"Pour sécuriser, il faut désarmer et cantonner" les éléments armés, a souligné Jean-Yves Le Drian.

Laurent Fabius a précisé que le déploiement des soldats français ne concernerait pas seulement Bangui.

"Les forces françaises vont s'occuper en particulier de Bangui et de deux routes, l'une qui monte vers le nord, vers le Tchad, l'autre qui va vers le Cameroun", a-t-il expliqué.

"Et puis il y aura aussi des éléments qui vont se déployer, en liaison avec les Africains (...), dans le reste du pays, notamment à Bossangoa (à 300 km au nord de Bangui), où on craint qu'il y a eu beaucoup d'exactions", a-t-il ajouté.

AIDE LOGISTIQUE DE LONDRES

Le deuxième objectif de l'opération Sangaris est de favoriser la montée en puissance rapide de la force africaine de stabilisation de la Centrafrique, la Misca, et son déploiement opérationnel pour faciliter une transition politique avec des élections qui se tiendraient au plus tard en février 2015.

Les effectifs de la Misca, actuellement de 2.500 soldats, doivent être portés à 4.000 hommes venant du Gabon, du Congo, du Tchad, du Cameroun et du Burundi.

Tandis qu'en France les Verts appellent à une intervention européenne, et non française, en Centrafrique, le Royaume-Uni a annoncé qu'il enverrait des avions de transport militaire C17 vers ce pays.

Berlin envisage de fournir également une aide logistique via cinq Airbus A310 dédiés au transport de personnes, a déclaré le porte-parole du ministère allemand de la Défense.

Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian ont insisté sur la volonté de la France de limiter son intervention à une période de six mois. Un délai jugé trop court par le Premier ministre actuel de la République centrafricaine.

"J'attends beaucoup de l'intervention de l'armée française", a déclaré sur RTL Nicolas Tiangaye, à Paris pour participer avec une quarantaine de dirigeants africains à un sommet consacré à la paix et la sécurité en Afrique.

"Six mois, ça me semble un peu court", a-t-il ajouté. "Si l'armée française arrive à régler les problèmes dans les six mois, tant mieux. Mais mon souhait est qu'elle reste pendant une année pour permettre de résorber toutes ces difficultés."

Mais la géographie du pays, l'identité des miliciens responsables des exactions et le précédent malien pourraient mettre à mal cet objectif, estiment des analystes.

Emmanuel Jarry, avec John Irish, et Michelle Martin à Berlin, édité par Yves Clarisse


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