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Déchets nucléaires : Greenpeace dénonce des surcoûts "cachés"
Boursorama avec AFP Services11/09/2019 à 13:23

L'ONG écologiste affirme que "les volumes de déchets de haute activité à vie longue sont cinq à sept fois supérieurs aux chiffres officiels".

Greenpeace estime à 18 milliards supplémentaires les coûts nécessaires pour la gestion des déchets nucléaires. ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

18 milliards d'euros supplémentaires seraient nécessaires. Greenpeace dénonce les "coûts cachés" liés à la gestion des déchets nucléaires dans un rapport publié mercredi 11 septembre. L'ONG écologiste estime qu'il faudrait au moins 18 milliards de plus pour assurer le stockage de matières radioactives aujourd'hui officiellement considérées comme réutilisables. 

Selon le dernier inventaire de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), la France comptait 1,62 million de m3 de déchets radioactifs fin 2017, dont 0,2 % (3.740 m3) de déchets de haute activité qui peuvent être radioactifs jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'années. Les charges de gestion de ces déchets (hors futures opérations de démantèlement des centrales nucléaires) sont estimées officiellement à 73,5 milliards d'euros, dont 25 milliards - somme fixée par décret - pour le futur site de stockage géologique profond Cigéo.

Le classement des déchets mis en cause

Mais "nos calculs ont permis d'estimer que les volumes de déchets de haute activité à vie longue sont cinq à sept fois supérieurs aux chiffres officiels (...) Cela signifie qu'il faudrait a minima doubler les dimensions du projet Cigéo", a déclaré Florence de Bonnafos, de Greenpeace France.

Pour l'ONG anti-nucléaire, un certain nombre de substances radioactives, comme le combustible usé entreposé dans les piscines de La Hague, devraient être classées comme déchets et non pas comme matières (substances pour lesquelles une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée).

Dans un rapport publié en juillet, la Cour des comptes avait déjà noté les "limites" et l'"ambiguïté" de cette classification pour certaines substances, comme le MOX usé et l'uranium de retraitement ré-enrichi (URE) dont la réutilisation est liée à l'hypothétique développement de réacteurs de 4e génération à protons rapides. 

EDF assure avoir pris des précautions

Une perspective qui s'est éloignée avec l'abandon, au moins à moyen terme, du projet de réacteur prototype Astrid . "Le coût du seul stockage éventuel des MOX et URE usés dans Cigéo est évalué à plus de 5 milliards d'euros", soulignait alors la Cour des comptes.

Devançant la publication du rapport de Greenpeace, EDF a assuré mardi après-midi avoir pris les provisions financières nécessaires pour ses déchets. L'électricien français aurait ainsi provisionné un peu moins de 41 milliards d'euros au total.

Cette passe d'armes intervient à deux semaines de l'issue du débat national sur la gestion des matières et déchets radioactifs lancé en avril. 

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6 commentaires

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  • Fragued
    11 septembre16:15

    Pendant ce temps, les autres pays (chine ,US, Russie,..) avancent sur la 4° génération...

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