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Déception et amertume dans le camp Sarkozy

Reuters07/05/2012 à 02:58

Déception et amertume dans le camp Sarkozy

par Mathilde Gardin

PARIS (Reuters) - Les militants venus dimanche à la Mutualité à Paris dire "merci" à Nicolas Sarkozy ont accueilli avec tristesse et amertume la défaite de leur candidat tandis que les responsables de l'UMP ne parlaient que du "troisième tour", les élections législatives.

Comme beaucoup de sympathisants réunis dans cette salle qui a fait les belles heures de la gauche, Olivier Houel, 58 ans dont 37 de militantisme, arborait bien avant la publication des résultats à 20h00 une mine renfrognée.

"Ce n'est pas une surprise, c'est un rejet de la personnalité du président malheureusement mais le combat continue", a-t-il dit, T-shirt "NS2012" sur le dos et drapeau français à la main.

A 20h00, des "Merci Sarkozy" ou encore "Sarkozy c'est pas fini" ont retenti dans la foule où flottait une marée de drapeaux tricolores. Certains ne peuvent retenir leurs larmes, d'autres se serrent dans les bras.

"Je suis très triste", explique Edith Melloul, 52 ans, en larmes après que les résultats se sont affichés sur les écrans géants. "C'est un homme merveilleux", dit-elle quand son portrait apparaît.

"Il faut accepter la défaite", a déclaré le ministre des Sports David Douillet. "On a beau sauver le pays, tenir l'Europe à bout de bras, si on ne prend pas le temps de l'expliquer, les Français ne comprennent pas. Nicolas Sarkozy a tellement bien travaillé que les Français n'ont pas senti le boulet de la récession."

Dès la fin du discours de Nicolas Sarkozy, salué par une Marseillaise, beaucoup de militants ont déserté la salle, leur drapeau tricolore roulé sous le bras.

"C'est dommage qu'il n'ait pas parlé comme ça plus tôt, avec ce ton plus personnel, ça m'a touchée alors que pendant la campagne son discours était un peu dur", a estimé Marie, une pharmacienne de 34 ans qui avait voté François Bayrou en 2007.

"UNE MORT ANNONCÉE"

Pour les responsables de l'UMP qui se sont succédé à la Mutualité, la défaite de Nicolas Sarkozy est surtout due à la crise, à l'anti-sarkozysme et à un problème de communication.

La députée UMP Valérie Rosso-Debord met la défaite "sur le compte de la crise et de la chasse à l'homme par la gauche, l'extrême gauche et certains médias".

"C'est un complot, un assassinat", explique une sympathisante UMP, Catherine De Saw. "Dès son élection, on n'a fait que le casser, c'était une mort annoncée", explique cette blonde de 57 ans qui a profité de son passage à Paris pour venir soutenir son candidat.

Un sentiment largement partagé parmi les militants qui pointent un rejet de la personnalité du président sortant et accusent les médias - "certains médias" - d'avoir nourri un anti-sarkozysme.

"Les gens n'ont pas voté pour un programme mais pour un homme et il y a eu une haine viscérale de l'homme", estime la militante Edith Melloul après avoir ravalé ses larmes.

Venue dire "merci aux militants", la ministre du Budget Valérie Pécresse a relevé que "François Hollande a été élu avec moins de 50% des suffrages exprimés" et affirmé que l'heure était à la "bataille des législatives". "La gauche a fait campagne sur l'anti-sarkozysme, maintenant on va parler programme contre programme", se réjouit-elle.

Militants et ténors de l'UMP veulent désormais penser à "l'après". "Notre enjeu, il est simple, c'est les législatives. Tout le reste est derrière nous", a dit Valérie Rosso-Debord.

Nadine Morano, arrivée vers 21h00 alors que les militants avaient quasiment tous déserté la salle, assure que "l'UMP sera totalement unie, plus que jamais unie".

"Nous allons nous battre pour les élections législatives. Les socialistes ont le Sénat, les régions et les départements, il faut un équilibre démocratique", ajoute-t-elle après avoir rendu un vibrant hommage au président sortant.

Pour Luc Chatel, "l'UMP est là, existe, les législatives sont à notre portée". "Il faut rassembler dans la diversité.

"Si on joue collectif, je resterai, si c'est la guerre des ego, je m'en irai", explique Olivier Houel.

Quel avenir pour Nicolas Sarkozy? Ce militant estime qu'"il faut tourner la page, il aura une retraite dorée au Conseil constitutionnel".

Edité par Yves Clarisse


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