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Cristina d'Espagne entendue dans un dossier de corruption
Reuters08/02/2014 à 23:40

L'INFANTE D'ESPAGNE ENTENDUE DANS UN DOSSIER DE CORRUPTION

par Teresa Larraz Mora

PALMA DE MAJORQUE, Espagne (Reuters) - L'infante Cristina, fille cadette du roi Juan Carlos d'Espagne, a été interrogée samedi par un magistrat du tribunal de Palma de Majorque, aux Baléares, dans le cadre d'une affaire de corruption qui a exacerbé le ressentiment de l'opinion à l'égard de la classe dirigeante.

Aucun membre de la famille royale n'a été jugé en Espagne depuis l'instauration de la monarchie constitutionnelle en novembre 1975, après la mort du "caudillo" Francisco Franco.

Dans les rues voisines du palais de justice, des centaines de manifestants ont crié des slogans en faveur de la République et dénoncé la corruption des "élites".

Entendue pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, Cristina est soupçonnée d'avoir eu recours à des fonds provenant de la société qu'elle dirige avec son époux, Inaki Urdangarin.

L'ancien international de handball est lui aussi inculpé de détournement de fonds par le biais de sa fondation, Noos, qui a décroché des contrats publics d'un montant de six millions d'euros pour l'organisation de conférences sur le sport et l'économie. Le couple nie toute malversation.

"La plupart de ses réponses ont été 'je ne sais', 'je ne me souviens pas' et 'je faisais totalement confiance à mon mari'", a déclaré Manuel Delgado l'un des deux avocats défendant les intérêts de deux organisations qui se sont portées parties civiles contre la princesse.

Mais pour Miguel Roca, l'un des avocats de la princesse, "son témoignage a été complet et détaillé". "Nous sommes convaincus que cette journée ne pouvait être meilleure pour la princesse (...) Nous sommes tous égaux devant la loi", a-t-il ajouté.

A la fin de l'audition, des manifestants ont acclamé le juge José Castro qui quittait à moto le palais de justice.

Les fonds que l'infante est soupçonnée d'avoir utilisés illégalement auraient notamment permis de refaire la décoration de sa villa de Barcelone et de payer des cours de danse.

Pour des raisons de sécurité, le tribunal de Palma de Majorque lui avait accordé la permission spéciale de se faire conduire jusqu'à la porte du palais de justice.

"CORRUPTION INSTITUTIONNALISÉE"

Cette décision, qui lui a permis d'échapper aux caméras de télévision, a suscité l'indignation en Espagne, où de nombreuses affaires de corruption ont éclaté ces dernières années, alors que la population souffre de l'austérité et du chômage.

Habillée sobrement d'une chemise blanche et d'une veste noire, l'infante a parcouru à pied les quelques mètres qui la séparaient du palais de justice en souriant aux journalistes présents.

Quelque 200 policiers étaient également sur place.

Le juge Castro enquête sur la manière dont Urdangarin a facturé de manière excessive certains services qui n'ont jamais été rendus et comment l'argent collecté a alimenté les caisses d'une société écran, échappant à tout prélèvement fiscal.

Le couple était propriétaire de la société écran et s'en servait pour acquitter des dépenses personnelles.

En Espagne, les mouvements anti-corruption réclament justice mais le parquet se montre frileux face aux cas politiquement sensibles.

Le juge Castro, qui enquête depuis trois ans sur l'affaire Urdangarin, avait estimé en avril avoir établi la preuve de la complicité de Cristina avec son époux, mais la Haute Cour a abandonné le mois suivant les charges retenues contre elle, jugeant les éléments insuffisants.

Après l'audience de samedi, le magistrat de Palma de Majorque pourrait prononcer formellement son inculpation et aller au procès, mais la plupart des Espagnols s'attendent à une décision plus clémente.

"C'est un pays où la corruption est sans conséquences", a déploré Maria Gomila, une étudiante de 18 ans interrogée vendredi soir près du Palais de justice où des fonctionnaires manifestaient contre l'austérité et la "corruption institutionnalisée".

Ce scandale, conjugué avec plusieurs révélations sur le style de vie dispendieux de la famille royale, a provoqué une chute rapide de la popularité de Juan Carlos qui apparaît de plus en plus éloigné des préoccupations de ses compatriotes dans un pays où le taux de chômage atteint 26%.

Avec Elizabeth O'Leary; Jean-Philippe Lefief, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français

3 commentaires

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  • mlaure13
    08 février18:28

    Quand le peuple souffre...cette royauté de façade pourait faire montre d'un peu plus de decence...des têtes sont déja tombées, au sens figuré comme au sens propre ?!!!...

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