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Coup de pouce à l'automobile en France en pleine crise chez PSA

Reuters25/07/2012 à 21:12

LES RÉSULTATS DE PSA

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a lancé mercredi un plan de soutien à la filière automobile française axé sur des aides aux véhicules "propres", en pleine crise chez PSA Peugeot Citroën, le premier constructeur du pays contraint le jour même d'annoncer de nouvelles économies pour endiguer ses pertes.

Seule grande mesure de ce plan, très attendu depuis que PSA a présenté le 12 juillet une vaste restructuration de ses activités en France face à la chute des ventes de voitures en Europe, le bonus pour l'achat d'un véhicule électrique passera de 5.000 à 7.000 euros et de 2.000 à 4.000 euros pour une voiture hybride.

PSA comme Renault misent beaucoup sur ces deux technologies, de même que Toyota qui produit des hybrides à Valenciennes (Nord) et Smart (groupe Daimler) qui va lancer des modèles électriques à Hambach (Moselle).

Le plan, modeste au regard des 10 milliards d'euros débloqués au total en 2008-2009 pour une filière qui a perdu un tiers de ses emplois en 10 ans, est critiqué pour ses moyens jugés insuffisants et parce qu'il ne s'attaque pas à la question de la compétitivité, dossier renvoyé à une mission confiée à l'ancien patron d'EADS Louis Gallois et à la réforme du financement de la protection sociale.

Alors que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a parlé de "renaissance de l'automobile française", l'ancien ministre UMP de l'Industrie Christian Estrosi a dénoncé "une énumération de mesurettes vaguement inspirées du plan mené sous la présidence de Nicolas Sarkozy".

Le plan de 2008-2009 lancé lorsqu'il était en poste comprenait des prêts aux constructeurs, l'instauration du système de bonus-malus et la création d'une prime à la casse, aujourd'hui décriée car elle a favorisé les ventes de petites voitures d'entrée de gamme souvent fabriquées à l'étranger.

RENDEZ-VOUS À LA RENTRÉE

Les syndicats de PSA, mobilisés mercredi devant le siège parisien du groupe où la direction rencontrait les représentants des salariés pour discuter des 8.000 nouvelles suppressions d'emplois et de la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ont accueilli le plan auto avec scepticisme.

"Arnaud Montebourg est un menteur, propose des mesures bidon et (le président du directoire de PSA Philippe) Varin est un vendeur de rêves", a lancé Tanja Sussest, déléguée du syndicat SIA sur le site d'Aulnay, aux manifestants.

Quelque 1.500 d'entre eux ont descendu l'avenue de la Grande Armée, de l'Arc de triomphe jusqu'au siège du constructeur, sur l'air d'"on ne lâche rien" et promettant de poursuivre le combat après l'été. A l'intérieur du bâtiment de PSA, les organisations syndicales ont obtenu la nomination d'un expert, repoussant la procédure probablement jusqu'en octobre.

Autre rendez-vous fixé pour la rentrée, l'expert mandaté cette fois par le gouvernement pour réaliser un audit de la situation financière et économique du groupe devrait désormais rendre son rapport final en septembre.

Au premier semestre, la situation financière de PSA a été marquée par une perte nette de 819 millions d'euros, alors que le groupe dégageait un an plus tôt un bénéfice équivalent. Comme prévu, il a annoncé un nouveau plan d'économies de 1,5 milliard d'euros visant à endiguer ses pertes en cash - 200 millions d'euros en moyenne par mois depuis l'été dernier - à l'horizon 2015.

Ce montant comprend 600 millions d'euros correspondant aux suppressions d'emplois annoncées dans les structures du groupe, et une réduction de 550 millions d'euros des investissements.

Philippe Varin a indiqué que d'ici trois ans, l'entreprise pourrait aussi compter sur les retombées de son alliance avec General Motors et récolter les fruits de ses derniers lancements, notamment la Peugeot 208 dont toutes les motorisations seront disponibles à l'automne.

Cet appel à la patience n'a pas été entendu par tous : à la Bourse de Paris, l'action a fini en baisse de 2,5% et l'agence Fitch a abaissé sa notation crédit.

Edité par Dominique Rodriguez


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