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Contre Daech, Hollande attend beaucoup de son dîner avec Poutine

Reuters25/11/2015 à 12:49
    * Après Washington mardi, entretien au Kremlin jeudi soir 
    * Une étape essentielle vers une "grande coalition" contre 
l'EI 
    * Vers une coordination militaire franco-russe sur le 
terrain ? 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 25 novembre (Reuters) - François Hollande attend 
beaucoup de son entretien avec Vladimir Poutine jeudi soir à 
Moscou pour bâtir une "grande coalition" destinée à "détruire" 
l'Etat islamique, responsable des attentats de Paris et du crash 
d'un avion russe dans le Sinaï.  
    Les attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre ont 
poussé la France à infléchir sa stratégie diplomatique en Syrie, 
en faisant de la lutte contre l'organisation djihadiste sa 
priorité et en ouvrant la porte à une coopération avec la Russie 
à laquelle elle se refusait jusqu'à présent.   
    "On est arrivé à la conclusion qu'il fallait travailler avec 
Vladimir Poutine", dit un diplomate français. "Autant essayer de 
le prendre à bord avec les mêmes conditions que celles qui ont 
été exposées en octobre à Paris", lors de la rencontre entre 
François Hollande et Vladimir Poutine à l'Elysée.  
    Paris insiste sur trois points : empêcher le président 
syrien Bachar al Assad de bombarder la population civile, cibler 
Daech sur le terrain et engager un processus politique 
conduisant au départ du pouvoir du président syrien, que Moscou 
a toujours soutenu jusqu'ici.  
    "Si l'on arrive à faire bouger Vladimir Poutine sur un des 
trois points, tant mieux", ajoute le diplomate. 
    Dans un communiqué confirmant le dîner de jeudi soir, le 
Kremlin souligne que les discussions porteront notamment sur 
"les moyens de contrer la menace terroriste, y compris la 
coordination de la lutte contre le groupe Etat islamique."   
     
    UN ÉTAT-MAJOR COMMUN ?  
    La visite à Moscou est une étape essentielle du marathon 
diplomatique entamé par François Hollande, qui a rencontré 
Barack Obama mardi à Washington et doit dîner ce mercredi soir 
avec la chancelière Angela Merkel à l'Elysée.  
    A la Maison blanche, le président français a réitéré son 
souhait de travailler en étroite collaboration avec la Russie 
"si elle concentre son action militaire sur Daech" et "si elle 
s'engage pleinement pour la recherche d'une solution politique 
en Syrie", Barack Obama se montrant moins allant. 
    François Hollande a évoqué un rapprochement pour mener de 
front des opérations militaires, notamment à travers une 
coopération de leurs groupes aéronavals respectifs présents en 
Méditerranée.  ID:nL8N13J4XJ  
    Rappelant que la coalition contre Daech rassemblait déjà 65 
pays, Barack Obama a prévenu que sans changement stratégique de 
Moscou dans le dossier syrien, la coopération serait délicate.  
    Mais il a laissé la porte ouverte en soulignant qu'"au vu 
des capacités militaires de la Russie et de son influence sur le 
régime d'Assad, sa coopération serait d'une aide considérable." 
    Mercredi matin à Paris, l'ambassadeur de Russie en France a 
déclaré que son pays était prêt à planifier des frappes contre 
l'Etat islamique dans le cadre d'un état-major commun avec tous 
les pays qui le souhaitent, y compris la Turquie.  
    "Aujourd'hui (...), cette coalition est du domaine du 
possible", a estimé Alexandre Orlov sur Europe 1, rappelant que 
Moscou avait fait une proposition en ce sens dès septembre.     
    Ces propos ont surpris, au lendemain du crash d'un avion de 
chasse russe abattu par les forces turques qui l'accusaient de 
violer son espace aérien.  ID:nL8N13J58B  
    Ankara affirme avoir adressé une série d'avertissements pour 
violation de l'espace aérien. Moscou conteste cette version et 
assure que cet incident aura de "graves conséquences". 
    "C'est un incident grave mais maintenant l'objectif, c'est 
la désescalade", a déclaré mercredi le porte-parole du 
gouvernement français, Stéphane Le Foll.  
    La Russie, qui est engagée militairement en Syrie depuis fin 
septembre, était jusqu'à récemment accusée par Paris et 
Washington de concentrer ses frappes sur les forces d'opposition 
modérées à Bachar al Assad et de limiter au maximum ses frappes 
contre l'EI, ce qu'elle dément. 
    La position de Moscou a sensiblement évolué depuis 
l'attentat revendiqué par l'EI perpétré le 31 octobre contre un 
avion charter russe au-dessus du Sinaï.  
 
 (Avec John Irish à Washington et Lidia Kelly à Moscou, édité 
par Yves Clarisse) 
 

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