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Contacts et mises en garde se multiplient sur l'Ukraine

Reuters12/03/2014 à 23:52

LE G7 LANCE UN AVERTISSEMENT À LA RUSSIE

WASHINGTON (Reuters) - Le chef de la diplomatie américaine John Kerry rencontrera vendredi à Londres son homologue russe Sergueï Lavrov et lui soumettra une "série d'options" en vue de régler la crise ukrainienne.

"Le président (Barack) Obama m'a demandé de partir demain soir et de me rendre à Londres pour rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov vendredi", a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat américain devant une commission de la Chambre des représentants.

"Notre tâche est de leur présenter (aux Russes) une série d'options adéquates en ce qui concerne le respect du peuple ukrainien, du droit international et des intérêts de toutes les parties impliquées", a-t-il ajouté.

Le nouveau Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a été reçu à la Maison blanche par le président Obama, qui a indiqué que les Etats-Unis "rejetaient complètement" le projet de référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie.

"Nous soutiendrons l'Ukraine" dans ses efforts pour maintenir son intégrité territoriale et sa souveraineté, a dit le président américain après son entrevue avec Arseni Iatseniouk, qui doit s'exprimer jeudi devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Les dirigeants du G7 ont pour leur part demandé à la Russie d'arrêter les préparatifs du référendum prévu dimanche en Crimée et de renoncer à "changer le statut" de cette république autonome d'Ukraine, faute de quoi Moscou s'exposerait à des sanctions.

Le communiqué des sept pays les plus industrialisés constitue une réponse à la décision du Parlement de Crimée qui a voté son rattachement à la Russie et demandé aux Criméens de confirmer ce choix lors d'un référendum.

Les chefs d'Etat et de gouvernement du G7 font savoir par avance qu'ils ne reconnaîtront pas les résultats du référendum qui, disent-ils, n'aura pas "d'effet juridique". Il s'agit d'un "processus profondément vicié qui n'aurait aucune force morale" en raison de la présence des troupes russes sur place, disent-il.

"MESURES SUPPLÉMENTAIRES"

Une annexion de la Crimée, région du sud-est de l'Ukraine où se trouve le port d'attache de la Flotte russe de la mer Noire, violerait cinq accords internationaux différents, bilatéraux ou multilatéraux, au premier rang desquels la charte des Nations unies, souligne le G7.

"En plus de son impact sur l'unité, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, l'annexion de la Crimée pourrait avoir de graves conséquences pour l'ordre juridique qui garantit la cohésion et la souveraineté de tous les Etats", disent-ils dans leur communiqué diffusé par la Maison blanche.

"Si la Fédération russe prend une telle initiative, nous prendrons des mesures supplémentaires, individuellement et collectivement", ajoutent-ils.

Concrètement, la Russie est invitée à retirer ses forces de Crimée, à engager des discussions avec les nouveaux dirigeants pro-occidentaux de l'Ukraine et à autoriser l'arrivée d'observateurs internationaux dans la région.

Dans un entretien téléphonique avec le président russe, François Hollande a déclaré mercredi qu'il était encore temps d'éviter une escalade "inutile et dangereuse" en Crimée.

Le dirigeant français "a demandé au président Poutine de tout faire pour éviter un rattachement de la Crimée à la Russie", a précisé l'Elysée.

François Hollande a aussi estimé que l?élection présidentielle du 25 mai en Ukraine devrait permettre d'assurer la transition démocratique et de garantir les droits des russophones via une "réelle décentralisation".

AVIONS RUSSES EN BIÉLORUSSIE

Le président Poutine a également eu un entretien téléphonique avec un dirigeant de la minorité tatare de Crimée qui veut boycotter le référendum. Cette communauté turcophone représente environ 12% de la population criméenne.

Sur le terrain, les autorités pro-russes de Crimée ont annoncé qu'elles allaient prendre le contrôle des sociétés publiques ukrainiennes dans la péninsule, notamment les gisements de gaz naturel de la mer Noire.

"Dans les jours qui viennent, le transfert est en cours de préparation (...) concernant une série de biens, appartenant à l'Etat ukrainien et situés sur le territoire de Crimée", a déclaré Roustam Temirgaliev, premier vice-Premier ministre de Crimée, lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision russe.

Alliée de la Russie, la Biélorussie va demander à Moscou de déployer 12 à 15 avions de guerre sur son territoire en réponse aux manoeuvres de l'Otan près de ses frontières, a annoncé son président Alexandre Loukachenko.

Les Etats-Unis ont entamé mardi des manoeuvres militaires à proximité de l'Ukraine en compagnie d'autres pays de l'Otan, et notamment de la Pologne, voisin occidental de la Biélorussie. Mercredi, des manoeuvres entre les forces navales américaines, bulgares et roumaines ont commencé en mer Noire.

Selon le le Premier ministre polonais Donald Tusk, l'Ukraine et l'Union européenne signeront probablement la semaine prochaine le volet politique d'un accord d'association.

(Roberta Rampton; Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français)

9 commentaires

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  • dupon666
    12 mars23:59

    en attendant il est etonnant qu'un gouvernement provisoire non elu se permette de signer des accords internationaux,sachant que sa mission doit etre d'organiser avant tout des elections democratiquement...Tout ceci est une mise en scene de tres mauvaise qualite quand on voit le pedigree des participants à ce gouvernement......http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-5-2/

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  • dupon666
    12 mars23:54

    La destitution du president etait prevu par la constitution de 2010 mais necessitait 75% des votes au parlement...difficile de dire si la procedure a ete respectée ou non ...si les deputes ont ete menacé ou si ils ont fait ça pour eviter que la situation ne degenere encore plus..surement un marchandage proche du chantage (specialite bien de chez nous)

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  • pierry5
    12 mars20:08

    D'un côté, les ukrainiens ne veulent plus que la communauté russophone soit russe et d'un autre côté le président français déclare que les droits des russophones seraient garantis. Qui faut-il croire ?? Il semble, par ailleurs que le président déchu ait été élu à la majorité, il y avait des observateurs lors des votes. Donc sa destitution, sans raison apparente, est un coup d'état.

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  • dupon666
    12 mars18:50

    c'est l'otan qui est interessé....pas vraiment l'ue pour l'instant

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  • M250378
    12 mars17:28

    oui dupon666 et comme l'UE souhaiterais que l'Ukraine la rejoigne à terme elle aura le contrôle de la mer noir et des bases militaires (aérien+naval)plus facilement implantées dans cette région stratégique.

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