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Conférence internationale à Rome pour la réconciliation en Libye

Reuters13/12/2015 à 14:24
    par Lesley Wroughton et Steve Scherer 
    ROME, 13 décembre (Reuters) - Une conférence internationale 
s'est réunie dimanche à Rome sous la présidence des Etats-Unis 
et de l'Italie en vue de faciliter la formation d'un 
gouvernement d'union nationale en Libye, pour mettre fin au 
chaos dans ce pays plus de quatre ans après la chute de Mouammar 
Kadhafi. 
    Les pays occidentaux s'inquiètent particulièrement de 
l'implantation des djihadistes de l'Etat islamique (EI) dans la 
région de Syrte, l'ancien fief du "guide" libyen. 
    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre 
italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni, avec 
l'émissaire de l'Onu pour la Libye, Martin Kobler, et dix-huit 
délégués, ont ouvert cette réunion qui doit permettre de trouver 
une issue après un an de discussions sous l'égide des Nations 
unies. 
    Des délégations des deux gouvernements rivaux en Libye ont 
accepté de signer un accord le 16 décembre prochain mais cette 
décision se heurte à l'opposition des "durs" de chaque camp. 
    Un haut responsable du département d'Etat, qui a requis 
l'anonymat, a déclaré que cette conférence d'une journée à Rome 
visait à entériner l'accord conclu entre les factions libyennes 
et à lui apporter le soutien de la communauté internationale. 
    "Les Libyens voulaient savoir si, après cette avancée, ils 
pouvaient compter sur l'appui de la communauté internationale", 
a-t-il dit. 
    L'accord prévoit que le futur gouvernement d'union puisse 
demander une aide militaire internationale pour combattre l'Etat 
islamique, qui ne cesse d'accroître sa présence dans le pays. 
    "Les Libyens veulent riposter et ils veulent une aide 
internationale pour la faire", a dit le diplomate américain, 
ajoutant que les Occidentaux pourraient entraîner et équiper les 
forces libyennes engagées contre les combattants djihadistes, 
qui seraient environ 3.000 actuellement en Libye. 
    "Nous devons montrer que les gouvernements (occidentaux) 
peuvent agir plus vite et plus efficacement face à la menace 
terroriste", avait souligné samedi le chef de la diplomatie 
italienne. 
     
    LA MENACE DJIHADISTE  
    Ainsi, le Premier ministre français Manuel Valls a déclaré 
vendredi que la France devrait combattre l'EI "demain sans doute 
en Libye" et non plus seulement en Irak et en Syrie. 
    "Nous vivons avec la menace terroriste. Nous avons un 
ennemi, Daech, que nous devons combattre, et écraser, en Irak, 
en Syrie et demain sans doute en Libye", a-t-il 
dit. ID:nL8N1403GN  
    La Chambre des représentants, le Parlement libyen légitime, 
et le Congrès général national (CGN), assemblée concurrente qui 
siège à Tripoli, ont conclu le week-end dernier un accord de 
principe en vue du règlement du conflit. 
    Cet accord prévoit la formation d'un comité de dix membres, 
cinq de chaque parlement, qui devra désigner un Premier ministre 
intérimaire et ses deux adjoints. Des élections législatives 
seront organisées dans les deux ans.  
    Les miliciens islamistes de l'Aube libyenne ont formé un 
"gouvernement de salut national" après s'être emparés de Tripoli 
en août 2014, ce qui a contraint l'exécutif et la Chambre des 
représentants reconnus internationalement à s'exiler dans l'est 
du pays. Ils ont en outre reformé à Tripoli l'ancienne 
législature, le CGN. 
    La proposition faite par l'Onu prévoit la mise en place d'un 
Conseil présidentiel composé de six membres, qui devra 
représenter les centres de pouvoir régionaux traditionnels du 
pays, ainsi que d'une Chambre des représentants et d'une seconde 
chambre, consultative, le Conseil d'Etat. 
    Le Conseil présidentiel pourrait former un gouvernement dans 
les trente jours suivant la signature de l'accord. 
    Mais les structures tribales de la Libye et la fragmentation 
des forces politiques font peser une lourde menace sur les 
chances de voir un accord appliqué. "La fin des négociations va 
renforcer les 'durs'", a estimé le groupe de réflexion 
International Crisis Group (ICG) avant la conférence de Rome. 
 
 (Avec Lesley Wroughton et Steve Scherer à Rome, Patrick Markey 
à Alger, John Irish à Paris, Jonathan Landay à Washington; Guy 
Kerivel pour le service français) 
 

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