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Climat-L'OCDE juge les efforts positifs mais insuffisants

Reuters20/10/2015 à 11:00

* Les émissions par rapport au PIB baissent, mais pas assez * Les objectifs actuels ne pointent pas vers la cible des 2°C * Le prix du carbone trop bas pour inciter à changer PARIS, 20 octobre (Reuters) - Le rythme d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre n'est pas suffisant et des efforts sont indispensables pour limiter le réchauffement global à 2°C, prévient l'OCDE dans un bilan des politiques publiques climatiques publié mardi. L'Organisation a examiné les bilans de ses 34 pays membres, de l'Union européenne et de dix pays partenaires, dont la Chine ou l'Inde, qui représentent plus de 80% des émissions mondiales, pour ce rapport présenté mardi à Bonn, en Allemagne, où a lieu l'ultime négociation avant la COP21 de décembre à Paris. Il en ressort une augmentation globale des émissions de gaz à effet de serre (GES) depuis les années 1990 mais une réduction lorsque ces émissions sont ramenées aux unités de PIB, ce qui veut dire que les politiques menées permettent de les atténuer. "Il est encourageant de constater que de plus en plus de pays mettent en oeuvre des politiques climatiques (...) Mais des efforts accrus sont nécessaires pour atteindre les objectifs et les cibles annoncés", souligne Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, en préambule du rapport. Selon un tableau inclus dans le rapport, les émissions totales de GES ont par exemple continué à augmenter entre 2000 et 2005 dans nombre d'économies avancées - Australie (+1,4% par an en moyenne), Canada (+0,4%), UE (+0,2%), Etats-Unis (+0,4%). Et si elles ont diminué entre 2005 et 2012 dans ces mêmes pays ou ensemble, à l'exception de l'Australie, c'est de façon bien moindre qu'il ne sera nécessaire dans les années à venir pour honorer les engagements pris à l'horizon 2020 et ensuite. INSUFFISANT AU REGARD DES OBJECTIFS NATIONAUX Selon les engagements pris au-delà de 2020, elles devront ainsi refluer de 2,8% par an dans l'UE contre -1,8% entre 2005 et 2012, de 2,3% à 2,8% aux Etats-Unis contre -1,5%, ou de -2,2% au Japon contre -0,1%. Ces exigences seront d'autant plus élevées que la somme des engagements pris jusqu'à présent ne garantit pas le maintien du réchauffement en deçà de 2°C, aux dires des experts de l'OCDE. "Les pays ont fait des efforts mais ce n'est pas suffisant pour atteindre leurs propres objectifs, sans parler des 2°C", a dit à des journalistes Mikaela Rambali, spécialiste des politiques climatiques et co-auteur du rapport. Simon Buckle, chef de la division changements climatiques de l'OCDE, a pour sa part dit "douter" que les objectifs actuels soient liés à un objectif global de 2°C. En outre, le rapport souligne que la réduction des émissions de GES a tendance à ralentir sous l'effet de la reprise, après la crise économique et financière débutée en 2008. Dans le document, l'OCDE souligne que les combustibles fossiles demeurent prééminents, voire ont repris du poids dans un pays comme le Japon où l'activité nucléaire a cessé après l'accident de la centrale de Fukushima en mars 2011 ou en Allemagne avec la décision de sortir du nucléaire d'ici 2022. Exceptées la France et la Belgique, où le nucléaire domine le mix énergétique, et de petits pays qui misent beaucoup sur les renouvelables, les combustibles fossiles dominent le secteur de l'énergie dans les grandes économies, particulièrement dans les pays émergents ou l'approvisionnement en énergie primaire a plus que doublé entre 1990 et 2012. Ainsi l'OCDE recommande-t-elle de poursuivre les politiques visant à davantage d'efficacité énergétique. Elle souligne aussi le rôle important que peuvent avoir les mécanismes de tarification du carbone pour l'investissement dans des énergies propres, même si les situations sont extrêmement disparates. Les "taxes carbone" s'élèvent à 119 euros par tonne en Suède ou 14 euros en France, par exemple, mais n'existent pas partout. De même, "le faible niveau des prix de quotas n'a pas été suffisamment incitatif pour encourager les changements structurels nécessaires à la transition vers une économie sobre en carbone" dans le cadre des système de permis d'émissions. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)


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