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Chute des ventes de pilules de dernière génération en France

Reuters25/02/2013 à 19:15

LES VENTES DE PILULES DE 3E ET 4E GÉNÉRATIONS EN BAISSE DE 23% EN JANVIER

PARIS (Reuters) - La vente de pilules contraceptives de troisième et de quatrième générations, sous le feu des critiques depuis plusieurs mois en France, a baissé de 23% en janvier, a annoncé lundi l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Cette baisse s'est accompagnée d'une hausse de 16% de la vente des pilules de première et deuxième générations sur la semaine du 18 au 25 janvier 2013 comparé à la même période de l'année dernière.

Plus globalement, l'ANSM a observé une baisse générale de 3,5% des ventes de l'ensemble des pilules contraceptives toutes générations confondues sur la même période en France où 4.274.000 de femmes utilisaient des contraceptifs oraux combinés en 2011.

Les pilules de dernière génération sont accusées de provoquer des risques accrus de troubles emboliques veineux en France, où leur prescription est jugée excessive au regard des risques sanitaires qu'elles présentent.

L'ANSM a recommandé en octobre aux médecins de prescrire en "première intention" des pilules de première ou deuxième génération dont les risques accrus de thrombose sont moindres.

"Ce qui est très clair, c'est que les mesures prises et annoncées ont quand même des effets rapides et mesurables", a estimé le directeur de l'ANSM Dominique Maraninchi lors d'une conférence de presse lundi.

L'ANSM est visée, avec le laboratoire Bayer, par une enquête préliminaire ouverte au mois de décembre après le premier dépôt de plainte d'une jeune femme, Marion Larat, handicapée à 65% après avoir été victime d'un AVC imputé à une pilule de 3e génération.

Près de 80 plaintes ont été déposées depuis le 14 décembre au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris contre quatre laboratoires qui fabriquent des pilules contraceptives de troisième et quatrième générations et l'antiacnéique Diane 35.

HAUSSE DES NOTIFICATIONS D'ACCIDENTS

En janvier, 36 nouveaux cas d'accidents thrombotiques veineux ou artériels ont été enregistrés, un chiffre en forte hausse comparé aux années précédentes, a indiqué l'ANSM lundi.

"Entre 1985 et 2012, il y avait eu 567 déclarations notifiées (d'accidents artériels) dans la base, soit une notification d'environ 20 cas par an", a souligné Joseph Emmerich, à la tête de la direction des médicaments en cardiologie à l'ANSM. "L'analyse du mois de janvier 2013 fait apparaître une notification plus importante, plus proche de la réalité."

Parmi ces 36 nouveaux cas de thromboses, cinq ont été constatés chez des femmes prenant un contraceptif de 2e génération, 24 sont survenus chez des femmes prenant une pilule de 3e génération et sept chez des femmes sous pilule de 4e génération.

Deux décès ont également été signalés à l'agence, celui d'une femme sous pilule de 2e génération en 1999 et celui d'une femme sous pilule de 3e génération en septembre 2012.

Face à l'inquiétude des patientes, de nouvelles mesures vont être mises en place "aux alentours du mois de juin" afin de limiter l'utilisation excessive des pilules concernées et de renforcer l'information auprès des femmes.

"On va imposer que ces pilules ne soient délivrées que si le médecin prescripteur a donné la garantie qu'il avait fait toute une liste de vérifications et informé la patiente", explique Dominique Maraninchi. Cette information sera mentionnée sur l'ordonnance "sans quoi ces pilules ne seront pas délivrées".

Une procédure dite européenne est également en cours concernant le réexamen de l'autorisation de la mise sur le marché des pilules de troisième et de quatrième génération.

L'ANSM a annoncé le 30 janvier l'interdiction de la pilule Diane 35 et de ses génériques en raison des risques de thromboses et d'embolies pulmonaires liés à sa prise.

L'agence a fait état de quatre décès depuis 1987 en France liés à cette pilule fabriquée par les laboratoires Bayer et utilisée en France comme un traitement contre l'acné et comme un contraceptif oral.

"L'effet sur la diminution des risques liés à Diane 35 est déjà perceptible puisque l'utilisation a déjà diminué de 50% en moins de trois semaines", a déclaré Dominique Maraninchi.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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