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Carlos Ghosn dit se trouver au Liban, nie fuir la justice japonaise
information fournie par Reuters31/12/2019 à 07:06

CARLOS GHOSN DIT SE TROUVER AU LIBAN, NIE FUIR LA JUSTICE JAPONAISE

CARLOS GHOSN DIT SE TROUVER AU LIBAN, NIE FUIR LA JUSTICE JAPONAISE

par Christian Lowe et Tim Kelly

PARIS/TOKYO (Reuters) - Carlos Ghosn, patron déchu de Renault et de Nissan, a confirmé mardi qu'il se trouvait au Liban, disant refuser d'être "otage d'un système judiciaire japonais partial" alors qu'il était placé en résidence surveillée dans l'attente de son procès pour des accusations de malversations financières.

Ce nouveau rebondissement dans l'affaire qui a secoué l'industrie automobile et fragilisé l'alliance Renault-Nissan soulève des interrogations sur les conditions dans lesquelles l'homme d'affaires a quitté le Japon, alors que son procès est prévu courant 2020.

Carlos Ghosn a été arrêté au Japon en novembre 2018 pour des accusations de malversations financières lorsqu'il était PDG de Nissan, des accusations qu'il a toujours rejetées.

Il a été libéré sous caution en mars dernier, avant d'être de nouveau arrêté par la justice japonaise puis placé en résidence surveillée en avril avec interdiction de quitter le pays.

Une source proche de Carlos Ghosn a déclaré mardi à Reuters qu'il avait rejoint le Liban, sans préciser comment, entretenant le flou sur les circonstances exactes de ce rebondissement.

"Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l'otage d'un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité, où la discrimination est généralisée et où les droits de l'homme sont bafoués", dit Carlos Ghosn dans un bref communiqué diffusé mardi.

"Je n'ai pas fui la justice - je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique", ajoute celui qui possède les nationalités française, libanaise et brésilienne. "Je peux enfin communiquer librement avec les médias, ce que je ferai dès la semaine prochaine".

AVION PRIVÉ

Aucun commentaire n'a été effectué dans l'immédiat par l'avocat de Carlos Ghosn. Un porte-parole du parquet de Tokyo n'a pas répondu à une demande de commentaire.

Une porte-parole de l'ambassade du Liban à Tokyo a déclaré que l'ambassade n'avait "reçu aucune information".

Le Japon n'a pas d'accord d'extradition avec le Liban, selon le ministère japonais de la Justice, ce qui rend peu probable que Carlos Ghosn, âgé de 65 ans, soit contraint par les autorités libanaises de retourner à Tokyo pour son procès.

Un homme ressemblant à Carlos Ghosn et voyageant sous un autre nom est arrivé à l'aéroport international de Beyrouth après un vol à bord d'un avion privé, a rapporté la chaîne de télévision publique japonaise NHK, citant un représentant non identifié des services de sécurité libanais.

Selon NHK, les services d'immigration japonais n'ont aucune indication d'un départ de Carlos Ghosn du pays.

Dans le cadre de sa libération sous caution et son placement en résidence surveillée, l'homme d'affaires avait notamment dû remettre son passeport aux autorités japonaises.

Au Liban, où il a grandi et conservé des liens étroits, il bénéficie toujours d'une grande popularité, contrairement au Japon où l'affaire l'a fait tomber en disgrâce.

Lundi, le Financial Times rapportait que Carlos Ghosn ne se trouvait plus sous le régime de résidence surveillée auquel il était jusque-là assujetti, sans déterminer s'il a pu trouver un accord lui permettant de quitter le territoire japonais ou a réussi à s'échapper.

VICTIME SELON LUI D'UN COMPLOT POUR L'"ÉVINCER" DE NISSAN

Les avocats de Carlos Ghosn ont demandé en octobre au tribunal du district de Tokyo d'annuler les poursuites visant leur client, accusant les procureurs et des représentants de Nissan de collusion dans le but d'"évincer" Ghosn et de l'empêcher de renforcer l'alliance avec Renault.

L'homme d'affaires n'a eu de cesse de clamer son innocence et s'est dit victime d'un "complot".

Nissan a démis Carlos Ghosn de la présidence du groupe à l'issue d'une enquête interne, en l'accusant de fraude financière et d'avoir utilisé des fonds du groupe à des fins privées.

Son arrestation et son incarcération ont stupéfait investisseurs et spécialistes du secteur automobile et abouti à une redistribution des cartes chez Renault et chez Nissan, tout en contribuant à tendre les relations entre les deux partenaires.

L'affaire a aussi mis en lumière la sévérité du système judiciaire du Japon, où les suspects peuvent être détenus pendant de longues périodes et être interrogés jusqu'à huit heures quotidiennement sans la présence d'un avocat.

La justice japonaise a systématiquement rejeté toutes les demandes visant à assouplir les conditions de la libération sous caution de Carlos Ghosn, notamment l'interdiction de contacter son épouse.

Ce dossier embarrasse toutefois les autorités nippones soucieuses d'éviter sa propagation à d'autres sphères de la vie publique de l'archipel.

En France, l'ancien président de Renault est sous le coup d'une enquête du parquet sur le financement de son mariage au château de Versailles. La justice cherche à déterminer dans quelles conditions une contrepartie d'une valeur de 50.000 euros, correspondant à une convention de mécénat entre le domaine de Versailles et Renault, a pu servir à l'organisation des noces de Carlos Ghosn.

(avec Nicolas Delame à Paris, Kevin Buckland, Linda Sieg et David Dolan à Tokyo, Eric Knecht à Beyrouth, David Shepardson à Washington; version française Nicolas Delame, Jean-Michel Belot et Jean Terzian)

2 commentaires

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  • patydoc
    31 décembre08:30

    Le Japon n'est pas un état de droit, comme beaucoup de pays voisins du nôtre et que nous subissons dans l 'UE. La démocratie est un voile léger, que des pays plus nationalistes que démocratiques déchirent facilement : seules vraies démocraties, les trois vieilles : USA, UK, France