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Brexit-Hollande annonce des initiatives pour un "sursaut" européen

Reuters24/06/2016 à 20:00
    * Hollande place sécurité et défense en tête des priorités 
de l'UE 
    * Paris ne veut pas que le Royaume-Uni joue la montre 
    * Renzi à Paris samedi, avec Hollande à Berlin lundi 
 
 (Actualisé avec éléments complémentaires et autres 
déclarations) 
    PARIS, 24 juin (Reuters) - François Hollande a pris acte 
vendredi du choix des Britanniques de sortir de l'Union 
européenne, qui met "l'Europe à l'épreuve" et appelle selon lui 
des changements profonds sous peine de voir "la dilution et le 
repli" l'emporter. 
    Le président français a exprimé sa volonté, partagée selon 
Paris par les autres Européens, que la sortie du Royaume-Uni de 
l'Union s'engage rapidement, pour apporter de la clarté. 
    Le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé 
qu'il laisserait le soin à son successeur, à désigner en 
octobre, d'invoquer l'article 50 qui déclenchera jusqu'à deux 
ans de négociations sur la sortie de son pays de l'UE. 
    Quant à Boris Johnson, son possible successeur qui a fait 
campagne pour le "Brexit", il a jugé qu'"il n'y actuellement nul 
besoin de se hâter (...). Il n'y a aucune raison de se 
précipiter à invoquer l'article 50". 
    François Hollande et Manuel Valls ont souhaité vendredi que 
"l'application des règles pour la sortie se fasse dans les 
délais les plus courts", lors d'un conseil des ministres 
extraordinaire, a dit le porte-parole du gouvernement. 
    "Il faut que les choses soient claires", a souligné le 
président français, a ajouté Stéphane Le Foll. 
    Avec le vote du Royaume-Uni, "c'est l'Histoire qui frappe à 
notre porte", avait auparavant déclaré François Hollande, 
esquissant un programme pour provoquer le "sursaut" d'une Europe 
qui, "pour aller de l'avant, ne peut plus faire comme avant".  
    Au chapitre des initiatives à prendre, il a cité les 
domaines suivants : sécurité, défense, protection des 
frontières, investissement pour la croissance et l'emploi, 
politiques industrielles, harmonisation fiscale et sociale, 
ainsi que renforcement de la zone euro et de sa gouvernance. 
         
    "NE PAS SE PERDRE EN PROCÉDURES" 
    Pour être sur la même ligne que l'Allemagne et l'Italie, sur 
la sortie du Royaume-Uni et les nouvelles propositions pour 
l'Europe, François Hollande dînera avec le président du conseil 
italien, Matteo Renzi, samedi à Paris, avant que les trois 
dirigeants se retrouvent lundi à Berlin. 
    Le Conseil européen mardi et mercredi à Bruxelles sera selon 
lui la première étape de la reconquête de la confiance des 
concitoyens dans l'Union, dont la France est un pays fondateur.  
    Il mènera par ailleurs samedi une série de consultations des 
partis politiques français et verra le président du Conseil 
européen, Donald Tusk, lundi matin à Paris.  
    La France a toujours dit avant le Brexit que Paris et Berlin 
auraient une position commune mais Angela Merkel s'est montrée 
très prudente vendredi, estimant qu'il fallait "analyser la 
situation calmement et ne pas prendre de décisions précipitées". 
    Face aux "dangers immenses" des "extrémismes et des 
populismes", François Hollande a appelé de ses voeux une Europe 
qui revient à l'essentiel.   
    "L'Europe (..) doit porter des projets et non pas se perdre 
en procédures. Elle doit être comprise et contrôlée par les 
citoyens", a-t-il dit. "Elle doit décider vite là où on l'attend 
et laisser aux Etats nations ce qui relève de leur seule 
compétence." 
    Dans un message parallèle, le Premier ministre, Manuel 
Valls, s'est lui aussi adressé aux eurosceptiques. 
    "L'Europe ne doit plus intervenir partout, tout le temps, 
elle doit agir là où elle est efficace", a-t-il dit. 
     
    URGENCE 
    A Luxembourg, où il participait à une réunion avec ses 
collègues de l'UE, Jean-Marc Ayrault, qui rencontrera samedi à 
Berlin ses homologues des autres pays fondateurs de la CEE 
(Italie, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Luxembourg) a dit 
l'urgence d'agir.  
    "Non ce n'est pas le chaos (mais) il y a urgence. Il n'y a 
pas de temps à perdre. Toute période d'incertitude serait 
préjudiciable." 
    Dans sa déclaration au ton solennel, François Hollande a 
rappelé les enjeux, au regard d'une "Histoire" convoquée à 
plusieurs reprise dans son intervention de cinq minutes.  
    "Ce qui se joue, c'est la dilution de l'Europe au risque du 
repli ou la réaffirmation de son existence au prix de 
changements profonds", a-t-il dit. "Je ferai tout pour que ce 
soit le changement profond plutôt que le repli." 
    "Puisque l'Histoire est là, soyons à la hauteur de la 
circonstance que nous traversons." 
    La France a pris acte des quelques mois qu'il faudra 
attendre avant l'invocation de l'article 50 par le Royaume-Uni 
"mais le souhait de l'ensemble des autres Européens et des 
institutions c'est que, dès lors que le nouveau Premier ministre 
sera en fonction, il notifie rapidement", explique-t-on à Paris. 
    "Il n'est pas possible de repousser cette notification pour 
des raisons tactiques", en différant le déclenchement du délai 
de deux ans de conclusion des négociations avec l'objectif 
d'obtenir davantage de l'Union européenne, a-t-on ajouté.   
     
    Pour un POINT sur le vote britannique   
 
 (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, édité par Yves 
Clarisse) 
 

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