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Brexit-France et Allemagne plaident pour une "Europe forte"

Reuters26/06/2016 à 16:28
    * Une déclaration commune Ayrault-Steinmeier 
    * Les deux ministres proposent des mesures sur trois axes 
    * Priorité à l'économie, la sécurité et les migrations 
    * Paris et Berlin prennent acte d'une Europe à plusieurs 
vitesses 
 
 (Avec informations complémentaires) 
    BERLIN/PARIS, 26 juin (Reuters) - La France et l'Allemagne 
proposent une série de mesures pour aider l'Europe, "sévèrement 
mise à l'épreuve" par le vote britannique sur la sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne, à répondre mieux aux attentes 
de ses citoyens. 
    Dans une déclaration commune consultée par Reuters, les 
ministres des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et 
Frank-Walter Steinmeier prennent acte "avec regret" de ce vote. 
    Ils reconnaissent que le soutien au projet européen s'est 
"émoussé" et pas seulement au Royaume-Uni. "Nous ne pouvons nous 
contenter ni d'un simple appel à plus d'Europe ni d'une phase de 
réflexion", écrivent-ils. 
    En matière de gouvernance économique, France et Allemagne 
font un pas l'une vers l'autre : Paris soutient la nécessité 
d'une convergence entre les pays de la zone euro, tandis que 
Berlin admet qu'un "alignement unilatéral" des pays déficitaires 
sur les pays excédentaires est "politiquement irréalisable". 
    De façon générale, les deux ministres proposent de 
concentrer les efforts communs sur les défis qui ne peuvent être 
relevés que par des réponses européennes et de laisser les 
échelons nationaux et régionaux se charger des autres enjeux. 
    Ils prennent acte à demi-mot de l'existence d'une Europe à 
plusieurs vitesses : "Nous devons reconnaître que les Etats 
membres peuvent avoir des ambitions différentes en matière 
d'intégration européenne", écrivent-ils. "Nous devons trouver 
des moyens de mieux prendre en compte ces différents niveaux." 
    Ils estiment ainsi, en matière de sécurité et de défense, 
que les Etats désireux d'établir une "coopération structurée 
permanente" ou de conduire des opérations devraient pouvoir le 
faire "de manière souple". 
         
    PROMOUVOIR LA CROISSANCE ET ACHEVER L'UEM 
    La France et l'Allemagne se disent déterminées à promouvoir 
une nouvelle phase de convergence économique de la zone euro, 
"reposant sur un équilibre entre obligations et solidarité".     
    "Les pays excédentaires comme les pays déficitaires devront 
agir pour plus de convergence, un alignement unilatéral étant 
politiquement irréalisable", écrivent les deux ministres. 
    Les deux ministres prônent un "nouvel effort" pour accroître 
les investissements publics et privés, "libérer la croissance" 
et améliorer la productivité de l'économie européenne. 
    Ils citent l'énergie, le numérique, la recherche et 
l'innovation, la formation professionnelle, proposent un 
élargissement du Fonds européen pour les investissements 
stratégiques et, à terme, un cadre réglementaire commun. 
    Par ailleurs, pour achever l'Union économique et monétaire 
(UEM), la France et l'Allemagne proposent : 
    * la désignation à court terme d'un "président à plein temps 
de l'Eurogroupe", qui rendra des comptes à une sous-commission 
spécifique du Parlement européen pour la zone euro ; 
    * la création à plus long terme d'un "organe parlementaire" 
composé de membres du Parlement européen, avec la participation 
d'élus nationaux, qui aura "pleine autorité sur les sujets de 
surveillance budgétaire et macro-économique" ; 
    * la transformation du Mécanisme européen de stabilité 
(MES), créé pour gérer les crises financières, en "Fonds 
monétaire européen à part entière" sous contrôle parlementaire ; 
    * la mise en place, au plus tard à partir de 2018, d'une 
"capacité budgétaire" pour la zone euro, afin de soutenir les 
investissements des Etats membres les plus touchés par la crise. 
     
    UNE PACTE EUROPÉEN DE SÉCURITÉ 
    La France et l'Allemagne réitèrent leur engagement en faveur 
d'une "union de sécurité" fondée sur l'assistance mutuelle et 
proposent un "Pacte européen de sécurité". 
    Les deux ministres, qui souhaitent renforcer l'UE en tant 
qu'"acteur mondial indépendant", proposent ainsi : 
    * l'examen périodique par l'UE de son environnement 
stratégique et l'élaboration de priorités stratégiques ; 
    * un effort de cohérence des efforts déployés par les Etats 
membres en matière de planification et de capacités de défense ; 
    * une intervention plus systématique de l'UE pour gérer des 
crises ayant une incidence directe sur sa sécurité ; 
    * la mise en place d'une chaîne de commandement 
civilo-militaire permanente et de forces de réaction rapide 
opérationnelles afin de "pouvoir planifier et conduire plus 
efficacement des opérations militaires et civiles" ; 
    * la création d'un corps européen de protection civile ; 
    * un financement commun élargi des opérations ;  
    * la création, "au besoin", de forces navales permanentes et 
de capacités propres à l'UE dans d'autres secteurs ;  
    * la création d'un programme européen de recherche ;  
    * en matière de sécurité intérieure, un renforcement de 
l'effort effectué dans les transports ; 
    * la création d'une plateforme européenne d'échange 
d'expériences et de bonnes pratiques en matière de prévention et 
de lutte contre la radicalisation : 
    * la création d'une plateforme européenne de coopération en 
matière de renseignement. 
     
    UNE POLITIQUE COMMUNE D'ASILE ET D'IMMIGRATION 
    France et Allemagne se disent déterminées à faire en sorte 
que l'UE crée le premier corps multinational de garde-frontières 
et de garde-côtes, avec une contribution franco-allemande.  
    Elles proposent de créer un "système électronique européen 
d'autorisation de voyage" pour les ressortissants de pays tiers 
exemptés de visas et une "agence européenne de l'asile", 
assortie d'une mobilisation des fonds européens pour financer le 
retour des immigrés illégaux dans leur pays. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec John Irish et Andreas Rinke à Berlin) 
 

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