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Bras de fer entre patronat et syndicats sur l'assurance chômage

Reuters27/02/2014 à 19:24

REPRISE DES DISCUSSIONS ENTRE LE PATRONAT ET LES SYNDICATS SUR L'ASSURANCE CHÔMAGE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Patronat et syndicats français ont repris jeudi leur bras de fer sur l'avenir de l'assurance chômage, dont le déficit prévisionnel de 4,3 milliards d'euros en 2014 menace de se creuser avec l'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi.

Les délégations de trois organisations patronales et de cinq centrales syndicales se sont retrouvées en début d'après-midi à Paris, au siège du Medef, isolé par des barrages de gendarmes.

Environ 3.500 intermittents du spectacle ont rejoint à proximité une centaine de manifestants de la CGT pour protester contre la volonté du patronat de remettre en cause leur régime.

Le négociateur de la CGT, Eric Aubin, est sorti de la réunion pour leur assurer qu'il était favorable à une remise à plat de ce régime mais pour l'améliorer et non le supprimer.

Dans un projet d'accord transmis mercredi aux autres délégations, le Medef propose notamment d'aligner le régime des intermittents du spectacle sur le droit commun, une proposition qui avait déjà provoqué l'ire des syndicats lors de la séances précédente de négociation, le 13 février.

"Nous n'avons jamais demandé la suppression du régime des intermittents en tant que tel", s'est défendu le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard, avant le début de la réunion. "On est dans une étape intermédiaire. On appréciera la nature des solutions trouvées à l'issue de cette négociation."

Pour la négociatrice de la CFDT, ce n'est cependant pas le sort de ce régime spécifique qui devrait occuper l'essentiel des discussions de jeudi mais la mise en place de "droits rechargeables" pour les demandeurs d'emploi les plus précaires.

"Si on parle trois minutes des intermittents pour constater que personne ne veut en parler, c'est tout ce qu'on se dira aujourd'hui", a déclaré Véronique Descacq à son arrivée.

DROITS RECHARGEABLES

Prévu par un accord interprofessionnel de janvier 2013, le mécanisme des droits rechargeables doit permettre à des actifs qui enchaînent contrats courts et périodes de chômage de cumuler les droits acquis et de conserver des reliquats d?indemnisation non consommés lors de la reprise d'un travail.

L'idée est d'inciter à la reprise d'un emploi en sécurisant davantage le parcours professionnels des travailleurs.

Selon l'Unedic, organisme gestionnaire de l'assurance chômage, cela concerne potentiellement au moins 700.000 personnes parmi les demandeurs d'emploi indemnisés, voire nettement plus selon le scénario qui sera choisi.

A titre de comparaison, le régime des intermittents concerne une centaine de milliers de personnes.

"Le seul point d'accord c'est l'obligation que nous avons de mettre en oeuvre les droits rechargeables", a déclaré Véronique Descacq. "Mais le scénario présenté par le Medef n'est pas du tout incitatif à la reprise d'emploi puisqu'il vise à diminuer les droits à indemnisation des demandeurs d'emploi."

"Nous, nous voulons un scénario simple, incitatif, c'est-à-dire que les chômeurs reprenant une activité aient la garantie de ne perdre ni en durée ni en montant d'indemnisation."

Le patronat veut que les droits rechargeables n'entraînent pas de dépenses supplémentaires, comme le prévoit l'accord de janvier 2013.

LE PACTE DISCUTÉ DEMAIN

L'Unedic, organisme gestionnaire de l'assurance chômage, prévoit un déficit de 4,3 milliards en 2014, après quatre milliards en 2013, une dette cumulée de 22,1 milliards à la fin de l'année et de 37,2 milliards fin 2017, si rien n'est fait.

Selon Jean-François Pilliard, la séance de jeudi devait se dérouler en deux temps : d'abord l'examen des contributions des différentes organisations, puis la recherche des points de convergences possibles et des points de divergences sur lesquels travailler d'ici la prochaine session, prévue le 13 mars.

Les délégations de la CGT et de Force ouvrière (FO) sont venues avec leur propre proposition d'accord cadre.

FO propose notamment la mise en place d'une contribution variable des employeurs au régime d'assurance chômage en fonction du taux de recours aux contrats précaires constaté dans chaque entreprise pendant une période de référence.

FO propose par ailleurs d'augmenter le taux général de la contribution d'assurance chômage de 0,2 point pour la porter à 6,6% au lieu de 6,4% (4,0% employeur, 2,4% salarié).

La CGT préconise notamment une augmentation de la durée d'indemnisation à 30 mois pour les demandeurs d'emploi de moins de 50 ans (au lieu de 24 mois) et à 60 mois au-delà.

La plupart des chefs de délégation se retrouveront vendredi au siège du Medef pour discuter du "pacte de responsabilité" proposé par le président François Hollande aux entreprises - un échange baisses de charges contre embauches et investissements.

(Edité par Yves Clarisse)

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