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Benoît Coeuré demande à Berlin d'utiliser ses marges budgétaires

Reuters 19/09/2014 à 12:03

UN MEMBRE DE LA BCE DEMANDE À BERLIN D'INVESTIR ET À PARIS DE RÉFORMER

PARIS (Reuters) - Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), invite l'Allemagne à utiliser ses marges budgétaires pour investir et améliorer le pouvoir d'achat de ses salariés et demande à la France de procéder à des réformes structurelles.

Dans une tribune publiée par Les Echos et co-signée "à titre personnel" par le secrétaire d'Etat allemand à l'Emploi et aux Affaires sociales, le social-démocrate Jörg Asmussen, il estime que l'Europe a besoin d'une "stratégie intégrée" pour retrouver la croissance.

Cette stratégie doit prendre en compte les faiblesses des pays membres en matière d'offre et de demande en mélangeant politiques monétaires, budgétaires et structurelles.

Concernant la politique monétaire, la BCE est ainsi "prête à faire plus, si nécessaire", explique Benoît Coeuré.

De son côté, "l'Allemagne peut utiliser ses marges de manoeuvre budgétaires pour soutenir l'investissement et réduire la fiscalité du travail, sans mettre en danger la soutenabilité de ses finances publiques", écrivent les deux signataires.

Concernant les pays dépourvus de marges budgétaires, la flexibilité prévue par le pacte de stabilité européen en matière de déficits publics doit être utilisée "sans mettre à mal la crédibilité du pacte", poursuivent-ils.

Mais ces pays doivent "comprendre qu'il n'est pas dans leur intérêt, ni dans celui de l'Europe, de remettre en cause les progrès accomplis en matière de désendettement".

Ils doivent concevoir un "dosage budgétaire plus favorable à la croissance en réduisant simultanément les dépenses improductives et les prélèvements qui créent des distorsions".

Pour Benoît Coeuré et Jörg Asmussen, c'est ce que fait la France avec son pacte de responsabilité et de solidarité, qui mêle baisses de charges en faveur des entreprises et d'impôts pour les ménages les plus modestes. Mais ce type de mesures ne servira à rien sans réformes structurelles, ajoutent-ils.

VALLS À BERLIN

Ils estiment ainsi que la France doit favoriser l'emploi et l'investissement des entreprises, notamment en abaissant les "barrières à l'entrée des secteurs protégés" et en éliminant les obstacles au développement des PME.

Quant à l'Allemagne, elle doit encourager l'investissement domestique pour "conserver son avantage concurrentiel".

La publication de cette tribune intervient à trois jours d'un entretien du Premier ministre français, Manuel Valls, avec la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin, lundi.

Selon Matignon, cette visite aura pour but de présenter et d'expliquer la politique du gouvernement français.

Manuel Valls entend également demander l'arrêt des politiques d'austérité dans l'Union européenne et évoquer les voies par lesquelles Français et Allemands pourraient agir ensemble pour faire redémarrer la croissance en Europe.

Le ministre français de l'Economie, Michel Sapin, a annoncé la semaine passée que le déficit public de la France atteindrait cette année 4,4% du PIB, après 4,1% en 2013, loin des 3,0% imposés par le pacte de stabilité européen.

Lors de sa conférence de presse de jeudi, François Hollande a reconnu que les résultats de sa politique tardaient à venir et émis l'espoir qu'ils se manifesteraient "avant 2017" et la fin de son quinquennat.

Il a demandé du temps pour restaurer la compétitivité de l'économie française, ce qui signifie obtenir de l'Union européenne et de l'Allemagne un nouveau délai, jusqu'en 2017, pour ramener le déficit public français à 3% du PIB.

"Qu'on ne nous demande pas de faire en cinq ans ce que nos amis Allemands ont fait en dix ans dans un contexte plus favorable", a-t-il déclaré.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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