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BCE-Politique jugée efficace, ajustements envisagés à la marge-sces

Reuters23/09/2016 à 18:55
    * La BCE convaincue que son programme d'achats fonctionne 
    * Pas de nouvelles baisses de taux envisagées pour l'instant 
    * Des modifications techniques possibles en octobre 
 
    par Balazs Koranyi 
    FRANCFORT, 23 septembre (Reuters) - L'idée d'un changement 
de grande ampleur de la politique monétaire ne suscite guère 
d'enthousiasme au sein de la Banque centrale européenne (BCE) 
dont le programme d'assouplissement quantitatif ne devrait 
connaître que des ajustements plutôt qu'une refonte d'ampleur, 
selon des échanges avec six sources membres ou proches du 
conseil des gouverneurs. 
    La BCE est de plus en plus consciente des limites de 
l'assouplissement quantitatif (QE) et considère que son 
programme d'achats d'actifs est efficace, ce qui suggère que 
seuls des ajustements sont nécessaires, ont dit ces responsables 
monétaires qui ont requis l'anonymat.  
    Bien que la prochaine réunion du conseil des gouverneurs 
n'interviendra que dans près d'un mois et que les avis peuvent 
changer d'ici là, la teneur des échanges fait apparaître une 
déconnexion entre leurs vues et celles des intervenants de 
marché, qui avaient anticipé des initiatives dès ce mois-ci 
alors que le conseil des gouverneurs n'a pas discuté d'éventuels 
changements lors de sa réunion du 8 septembre.   
    "Une fois de plus les marchés vont un peu vite en besogne et 
oublient que la politique monétaire ne suit pas les marchés", a 
dit un membre du conseil des gouverneurs.  
    Une inflation toujours proche de zéro et une croissance 
poussive au sein de la zone euro continuent d'alimenter les 
anticipations sur les marchés de nouvelles mesures 
d'assouplissement monétaire par la BCE. 
 
    PAS DE BAISSE DE TAUX 
    Une extension dans le temps du programme d'achats d'actifs 
d'un montant de 80 milliards d'euros par mois est sans doute 
nécessaire alors qu'il est prévu qu'il s'interrompe brutalement 
en mars 2017. 
    Même avec une réduction du volume des achats mensuels, un 
prolongement se traduirait par un surcroît de stimulation 
monétaire.  
    Mais une baisse de taux n'est pas sérieusement envisagée et 
l'élargissement du programme à de nouvelles catégories d'actifs 
n'est pas non plus une piste privilégiée.  
    Si une modification de la clé de répartition des achats par 
pays, actuellement calquée sur celle de la participation des 
pays membres de la zone euro au capital de la BCE est étudiée, 
elle ne figure pas en tête de liste.  
    "Quel est le bénéfice réel d'une baisse de taux ? Qui va 
consommer plus, investir plus grâce à une baisse de 0,1% ?", 
s'interroge un autre membre du conseil des gouverneurs. "En 
revanche, le signal envoyé aux banques pourrait être assez 
préjudiciable." 
    Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de 
Galhau, a dit vendredi que les taux étaient proches de leur 
point bas et qu'il y avait clairement des limites aux taux 
négatifs.   
    Le président de la BCE, Mario Draghi, a dit que la banque 
centrale étudiait ses options pour la poursuite du QE, laissant 
entendre que des mesures seraient annoncées.  
    La BCE n'a pas souhaité faire de commentaires.  
     
    PLUSIEURS OPTIONS 
    Les intervenants de marché attendent une prolongation de six 
mois du programme, certains allant jusqu'à prédire une extension 
des achats à des obligations bancaires, aux actions voire à des 
prêts non performants.  
    L'une des options que les responsables de BCE pourraient 
retenir serait de s'entendre en octobre sur les modifications 
techniques leur donnant suffisamment de marges de manoeuvre pour 
la poursuite du programme, si le conseil devait décider de son 
extension.  
    Mais une décision sur des éléments plus fondamentaux comme 
la durée du programme est peu probable avant la réunion du 
conseil des gouverneurs de décembre lorsque ses membres 
disposeront de nouvelles projections économiques émanant des 
services de la BCE, ont dit les responsables monétaires 
interrogés.  
    Le gouverneur de la banque centrale de Lettonie, Ilmars 
Rimsevics, a déjà dit qu'une telle discussion ne devrait avoir 
lieu qu'une fois connues les nouvelles projections de la BCE qui 
sont publiées à la fin de chaque trimestre, soit en décembre au 
plus tôt.  
    "Le programme est confronté à des contraintes et je pense 
qu'au moment où nous devrons prendre une décision, les 
contraintes devront avoir été éliminées", a dit un troisième 
responsable monétaire. "Mais la question de l'extension du QE 
est vraiment une question ouverte." 
     La BCE fait face à une pénurie d'actifs dans plusieurs 
pays, notamment en Allemagne où les rendements sur la majeure 
partie de la courbe des taux sont inférieurs à son taux de dépôt 
fixé à -0,4% et qui constitue la limite basse qu'elle s'est 
fixée pour ses achats.  
    Appliquer cette contrainte de taux à la moyenne des achats 
réalisés plutôt qu'à chaque ligne obligataire prise isolément 
pourrait redonner des marges de manoeuvre.  
    L'abandon pur et simple de cette contrainte soulèverait des 
obstacles juridiques car elle conduirait la BCE à faire des 
achats à perte, ce qui pourrait être considéré comme un 
financement monétaire des Etats, ce que ses statuts lui 
interdisent. 
    Augmenter la proportion de l'encours d'une ligne obligataire 
que peut détenir la BCE est aussi une option relativement simple 
à mettre en oeuvre, ont dit les sources. 
    Changer la clé de répartition géographique des achats 
apparaît en revanche beaucoup plus sujet à controverse et le 
président de la Bundesbank Jens Weidmann s'y est déjà opposé.  
    "La clé de répartition soulèverait des questions juridiques 
qui devraient être préalablement aplanies. Au vu des 
complications juridiques et politiques, ce n'est pas l'option 
que je privilégie", a dit un autre membre du conseil des 
gouverneurs. "Mais cela n'est pas écarté." 
    L'élargissement du programme à de nouvelles catégories 
d'actifs n'est pas non plus sans soulever de difficultés.  
    "Chaque nouvelle catégorie d'actifs accroît le profil de 
risque. Et cela prend beaucoup de temps à préparer. Entre la 
décision d'acheter des obligations d'entreprise et les premiers 
achats, il s'est passé trois mois", a dit l'un des sources. 
 
 (avec Francesco Canepa, Marc Joanny pour le service français, 
édité par Benoît van Overstraeten) 
 

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