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Barack Obama temporise sur la Syrie, après l'impasse à l'Onu

Reuters29/08/2013 à 09:55

BARACK OBAMA DIT NE PAS AVOIR ENCORE PRIS DE DÉCISION SUR LA SYRIE

par Matt Spetalnick et Oliver Holmes

WASHINGTON/BEYROUTH (Reuters) - Le calendrier d'une éventuelle intervention occidentale en Syrie se compliquait jeudi, le président américain Barack Obama disant n'avoir pris aucune décision, alors que le Premier ministre britannique David Cameron a partiellement révisé sa position, auparavant en faveur d'une action rapide.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, où la Chine et la Russie, soutiens de Damas, s'opposent aux Etats-Unis, à la France et au Royaume-Uni, partisans d'une partie de la rébellion, se sont réunis mercredi pour examiner un projet de résolution britannique. La rencontre, qui a duré une heure, n'a comme prévu débouché sur aucune décision.

Quelques heures plus tard, Barack Obama a expliqué au cours d'un entretien télévisé qu'il n'avait encore pris aucune décision, et a précisé que d'éventuelles frappes seraient "limitées" et se résumeraient à un "coup de semonce" destiné à convaincre le président syrien Bachar al Assad de ne pas mener d'assaut aux armes chimiques.

Barack Obama a néanmoins donné la justification la plus précise en date de Washington à une intervention militaire, en mettant de côté les explications humanitaires pour faire valoir que l'utilisation de telles armes par Damas mettait en danger les alliés et les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient.

Les insurgés et les pays occidentaux accusent l'armée fidèle à Bachar al Assad d'avoir employé le 21 juillet des gaz neurotoxiques pour attaquer des banlieues de Damas tenues par les rebelles. Selon plusieurs groupes d'opposants, l'assaut a tué des centaines de personnes.

À la suite de cet assaut présumé, la perspective de frappes aériennes en Syrie a été évoquée de façon de plus en plus précise par les Occidentaux, en particulier la France, qui a estimé que le "massacre chimique de Damas" ne pouvait rester impuni, et le Royaume-Uni.

L'ONU POURSUIT SON ENQUÊTE

Londres a cependant édulcoré sa position mercredi, en estimant que le Conseil de sécurité de l'Onu devant avoir la possibilité d'examiner les résultats de l'enquête des inspecteurs dépêchés à Damas avant de se prononcer sur une action militaire.

Ce pas en arrière des Britanniques s'explique par la pression subie à Londres par le Premier ministre David Cameron face à l'opposition travailliste et à des membres de son parti conservateur, qui sont réticents à s'engager dans l'immédiat dans une intervention.

La nouvelle ligne britannique éloigne d'autant plus la perspective d'une participation à une intervention militaire que Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a estimé mercredi qu'il faudrait encore quatre jours aux experts pour mener à bien leurs travaux sur place.

Tant que les enquêteurs seront à Damas, des frappes occidentales paraissent de toute façon peu probables afin de ne pas les mettre en danger. L'équipe des Nations unies a poursuivi mercredi ses investigations et recueilli des éléments sur place, après avoir déjà été autorisée à se rendre lundi dans des zones rebelles proches de la capitale.

La France a elle poursuivi mercredi la préparation d'une éventuelle participation à des frappes internationales en Syrie avec un conseil de défense et la convocation du Parlement en session extraordinaire la semaine prochaine, tandis que l'opposition de droite appelle à la prudence.

Parmi les soutiens de Damas, le président russe Vladimir Poutine et son homologue iranien Hassan Rohani ont rappelé leur opposition commune à une intervention militaire en Syrie et Pékin a appelé à la retenue.

À Damas, des habitants de la capitale syrienne et des sources proches de l'opposition ont rapporté que les forces gouvernementales syriennes avaient apparemment évacué la plupart des centres de commandement et des bâtiments militaires du centre de la capitale dans l'attente d'une attaque.

Avec Erica Solomon, William McLean et Mariam Karouny à Beyrouth, Guy Faulconbridge et Andrew Osborn à Londres, Steve Gutterman à Moscou, Tom Miles et Stephanie Nebehay à Genève, Yeganeh Torbati et Yara Bayoumy à Dubai, Anthony Deutsch et Thomas Escritt à La Haye, Ben Blanchard et Hui Li à Pekin, et Arshad Mohammed, Jeff Mason, Mark Hosenball, Patricia Zengerle, Roberta Rampton, Mark Felsenthal et Phil Stewart à Washington; Julien Dury pour le service français

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