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AVANT-PAPIER-L'opposition rebelle plus divisée que jamais avant Astana
Reuters22/01/2017 à 08:51

    par Tom Perry et Suleiman Al-Khalidi 
    BEYROUTH/AMMAN, 21 janvier (Reuters) - L'opposition au 
président Bachar al Assad apparaît plus divisée que jamais alors 
que s'ouvre lundi une conférence sur la paix en Syrie, à Astana, 
la capitale du Kazakhstan. 
    Les menées diplomatiques russes ont mis en lumière le 
morcellement d'une rébellion incapable de s'unir sous une seule 
bannière, tiraillée par ses rivalités régionales, idéologiques 
et religieuses. 
    Soutenu politiquement et militairement par Moscou et 
Téhéran, Bachar al Assad est lui en position de force, auréolé 
de sa victoire à Alep sur l'opposition modérée et les 
djihadistes qui ont tenu des années durant la partie orientale 
de la grande ville du nord de la Syrie. 
    Les rebelles qui se présenteront dans la capitale kazakhe ne 
représenteront qu'une partie de l'opposition, celle qui combat 
le régime de Bachar al Assad au sein d'une alliance composite, 
l'Armée syrienne libre (ASL). 
    La plupart de ses membres combattent dans le nord de la 
Syrie, souvent avec le soutien de la Turquie. Quant aux groupes 
jugés proches des Etats-Unis ou de l'Arabie saoudite, ils n'ont 
pas été invités. 
    La délégation rebelle sera conduite par Mohammed Allouch,  
chef de la branche politique du groupe Djaïch al Islam, 
appartenant à l'aile modérée de la mouvance islamiste sunnite et 
dont le bastion se situe près de Damas. 
    Mohamed Allouch, qui ne vit pas en Syrie, ne doit pas sa 
désignation à son poids au sein de la rébellion mais à son 
appartenance au Haut comité pour les négociations (HCN), organe 
d'opposition formé en décembre 2015 à Ryad et soutenu par 
l'Arabie saoudite. 
     
    "LA POLARISATION POURRAIT S'ACCENTUER"  
    Le HCN, qui n'a pas été convié à Astana, est dirigé par Riad 
Hidjab, mais son rôle semble confiné à celui de porte-parole de 
la myriade de factions présents sur le terrain. 
    Si le HCN dit son espoir de voir la conférence d'Astana 
contribuer aux discussions de paix que l'Onu entend poursuivre à 
Genève, l'opposition redoute que le processus enclenché par 
Moscou et Ankara serve avant tout à contourner les initiatives 
soutenues par les Nations unies et à creuser encore les 
divisions entre les rebelles. 
    "Aller à Astana, c'est encore plus dangereux que se rendre à 
Genève", commente Mohamed Aboud, membre du HCN. 
    "A Genève, un front politique de l'opposition s'est dessiné 
et a obtenu une reconnaissance internationale, tandis qu'on 
cultive l'ambiguïté à Astana, d'autant que la conférence est 
soutenue par la Russie qui est une force d'occupation et pas une 
médiatrice." 
    "La polarisation pourrait s'accentuer" au sein de 
l'opposition, ajoute-t-il. "C'est peut être l'un des véritables 
objectifs des Russes." 
    Les initiatives russes ont en outre creusé le fossé entre 
les ailes modérées et islamistes, alimentant les tensions entre 
les factions comme à Idlib où elles se sont affrontées. 
    "Si Astana est simplement un instrument servant à 
l'instauration d'un cessez-le-feu, à l'accès humanitaire, alors 
il s'agit d'une bonne chose. Mais ce ne sera pas une bonne chose 
s'ils discutent des aspects politiques parce que cela 
contribuera à la marginalisation des autres forces politiques", 
souligne un commandant de l'Armée syrienne libre. 
    La Russie présente de son côté la conférence comme un moyen 
de faire progresser la paix en discutant directement avec les 
rebelles. Selon Moscou, l'objectif est de consolider le 
cessez-le-feu en place depuis la fin de la bataille d'Alep. 
  
     
    PAS DE DÉLÉGATION AMÉRICAINE, L'ARABIE ET LE QATAR ÉCARTÉS 
    La Turquie, qui soutient certains groupes d'opposition, est 
également à l'origine du processus d'Astana et des sources 
diplomatiques affirment qu'Ankara a exercé des pressions sur des 
groupes rebelles pour qu'ils se rendent dans la capitale 
kazakhe. 
    Les autorités turques ont récemment révisé leurs objectifs 
en renonçant à réclamer le départ d'Assad pour se concentrer sur 
la lutte contre l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) et 
les milices kurdes des Unités de protection populaire (YPG). 
    Les perspectives pour les rebelles modérés sont encore plus 
incertaines du fait de l'arrivée au pouvoir à Washington de 
Donald Trump, qui a laissé entendre qu'il pourrait revoir à la 
baisse le soutien américain. 
    Les Etats-Unis n'enverront du reste aucune délégation à 
Astana, où seul leur ambassadeur en poste au Kazakhstan sera 
présent, en tant qu'observateur. Aucune invitation n'a été 
adressée par ailleurs à l'Arabie saoudite et au Qatar. 
    Au final, le rendez-vous d'Astana pourrait compliquer encore 
les fragiles tentatives de rapprochement des différents groupes 
de la rébellion qui s'affrontent régulièrement. 
    Dans la province d'Idlib (nord-ouest), les djihadistes du 
Front Fateh al-Cham, ex-Front al Nosra qui a officiellement 
rompu avec Al Qaïda et n'est pas concerné par l'accord de 
cessez-le-feu, ont lancé jeudi une offensive importante contre 
un autre acteur important de la rébellion islamiste, le groupe 
Ahrar al Cham. 
    Ces deux entités étaient pourtant engagées dans des 
discussions en vue d'un rapprochement. 
    Cheikh Abdallah al-Mohaisany, un dignitaire islamiste 
saoudien très impliqué dans la mobilisation en faveur de 
l'insurrection syrienne, a déploré l'échec de ces discussions 
qui, dit-il, rende la province d'Idlib vulnérable à une 
offensive des forces pro-gouvernementales. 
    "Si l'attaque sur Idlib commence, les gens réclameront une 
fusion. Mais ce sera trop tard", a-t-il confié récemment. 
 
    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 
Assad souhaite qu'Astana serve la "réconciliation" en Syrie    
  
Pas de délégation de Washington à la conférence d'Astana    
  
Les Kurdes de Syrie pas invités aux pourparlers de paix    
  
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^> 
 (Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français) 
 

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