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"Aucune ambition industrielle" et "malthusianisme ferroviaire" : le contrat de performance de SNCF Réseau sous le feu des critiques
information fournie par Boursorama avec Media Services09/02/2022 à 15:22

Le patron de l'Autorité de régulation des transports (ART) déplore une "occasion manquée" dans la modernisation du réseau ferroviaire française, alors que l'Etat vient de reprendre 35 milliards d'euros de dettes à SNCF Réseau.

L'Etat a repris 35 milliards d'euros de dettes à SNCF Réseau ( AFP / CHRISTOPHE SIMON )

L'Etat a repris 35 milliards d'euros de dettes à SNCF Réseau ( AFP / CHRISTOPHE SIMON )

Le contrat de performance qui doit fixer la trajectoire de SNCF Réseau jusqu'en 2030 est "une occasion manquée" sans les moyens nécessaires pour augmenter la part du rail, a estimé mercredi le président de l'Autorité de régulation des transports (ART), Bernard Roman. Le document sous-titré "développer l'usage du train", actuellement en consultation avant une signature attendue au printemps, est "un contrat d'assainissement financier" conforme au plan de retour à l'équilibre de la SNCF, a noté Bernard Roman devant la commission de l'Aménagement du territoire du Sénat. "Pourquoi pas? Mais derrière cela il n'y a aucune ambition industrielle", a-t-il lancé, dénonçant "un contrat de performance qui est finalement le contraire d'une performance".

"C'est une occasion manquée" de lancer la modernisation du réseau pour "répondre aux enjeux environnementaux", alors que l'Etat vient de reprendre 35 milliards d'euros de dettes, ce qui fait économiser plus d'un milliard de frais financiers par an, a-t-il regretté.

Grand flou sur les recettes, les droits de passage en question

"Derrière les grandes ambitions affichées" par l'Etat et SNCF Réseau, "les moyens ne sont pas assurés", a-t-il poursuivi, évoquant "des situations industriellement pesantes pour l'avenir du réseau ferroviaire". Alors qu'il faudrait investir 3,4 milliards d'euros par an pour remettre le réseau à niveau, le contrat de performance n'en prévoit que 2,8 milliards, uniquement sur le réseau structurant. "Rien n'est prévu pour le reste", charge aux régions de s'arranger avec l'Etat, a-t-il relevé, raillant "la performance qui consiste à baisser le niveau" puisque de nombreuses lignes devraient se dégrader encore davantage.

Bernard Roman a parallèlement dénoncé l'absence d'investissements pour la modernisation du réseau, signalisation ou rationalisation des postes d'aiguillage. Le régulateur s'est aussi montré "très perplexe" sur la partie recettes, les ressources tirées des péages, les droits de passages, déjà les plus élevés d'Europe devant augmenter de 50%.

"S'ils (les péages) ne sont pas soutenables (pour les compagnies), l'ART ne les validera pas", a prévenu Bernard Roman, dénonçant encore une fois le "malthusianisme ferroviaire" qui consiste à faire circuler peu de trains, les plus remplis possibles, pour éviter de trop payer de péages. Il a enfin regretté "un manque d'indicateurs de performance industrielle" dans le contrat. Celui-ci ne propose d'ailleurs pas de "vision cible" pour la consistance du réseau, avec des indicateurs chiffrés, à horizon 2030. L'avis de l'ART n'est pas contraignant.

Dans un communiqué diffusé après l'audition de son président, l'ART se projette déjà à l'étape suivante: la prochaine actualisation du contrat prévue pour 2024. Elle espère que cette actualisation "(permettra) enfin, d'une part, de définir une vision-cible pour le réseau et une véritable trajectoire industrielle pour le gestionnaire d'infrastructure et d'autre part, de s'interroger sur les moyens mis à disposition de ce dernier pour assurer la pérennité de son outil industriel".

SNCF Réseau serait dans le cas contraire menacé d'"une spirale de paupérisation industrielle où le sous-investissement conduirait à une dégradation du réseau, qui entraînerait à son tour une attrition du trafic et des ressources du gestionnaire d’infrastructure". Le gouvernement a pour ambition de doubler la part du fret ferroviaire d'ici 2030 et le patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou a affiché sa volonté de doubler celle du trafic passagers, ce qui exige un réseau performant.

2 commentaires

  • 09 février17:53

    La direction ne pense qu'au TGV, tandis que le fret file à la concurrence dès qu'il est rentable car la prestation de la SNCF est médiocre dans ce domaine, Pas de volonté de changer, ça fait vivre plein de gens qui s'en accommodent plus ou moins douillettement, en touchant les milliards de l'Etat.