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Aucun pays n'a d'indice sur l'avion malaisien disparu

Reuters17/03/2014 à 23:37

AUCUN INDICE SUR L'AVION MALAISIEN DISPARU

par Anshuman Daga et Yantoultra Ngui

KUALA LUMPUR (Reuters) - Des responsables de plusieurs pays situés dans la partie nord de la zone de recherches de l'avion de ligne malaisien disparu depuis le 8 mars ont déclaré lundi n'avoir décelé aucune trace de l'appareil après avoir été sollicités par la Malaisie.

Le vol MH370 de Malaysia Airlines a disparu des écrans radar une heure après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin avec 239 personnes à son bord, dont quatre Français. Neuf jours plus tard, le Boeing 777 reste introuvable et les enquêteurs ont désormais la conviction qu'il a effectué plusieurs milliers de kilomètres après avoir changé de cap et rompu toute communication en survolant le golfe de Thaïlande.

Les recherches se concentrent sur deux corridors aériens : l'un qui va du nord de la Thaïlande à la frontière du Kazakhstan et du Turkménistan, l'autre de l'Indonésie vers le sud de l'océan Indien, dans la mesure où, selon les autorités malaisiennes, l'avion a continué à émettre des signaux sept heures après son décollage de la capitale malaisienne.

La Malaisie s'est adressée aux pays situés sur cet arc Nord-Sud pour leur demander de vérifier tout enregistrement radar et satellite et d'effectuer des recherches terrestres, maritimes et aériennes.

Des responsables de la défense indienne ont rejeté l'hypothèse selon laquelle l'avion aurait pu survoler le territoire indien pendant plusieurs heures sans être détecté.

"L'idée que l'avion ait volé pendant plusieurs heures dans l'espace aérien de l'Inde sans être remarqué est bizarre", a dit un responsable du ministère de la Défense ayant requis l'anonymat.

"Il y a des affirmations dans tous les sens, sans le moindre fondement", a ajouté ce responsable, en soulignant qu'un pilote devrait connaître parfaitement le maillage des systèmes de surveillance aérienne pour pouvoir leur échapper.

VASTE ZONE DE RECHERCHE

A l'appui de son propos, il cite un exemple récent survenu en février à la frontière avec le Pakistan, le grand rival régional, lorsque l'Inde a fait décoller en urgence deux avions de chasse après l'apparition d'un objet volant non identifié sur les radars. Il s'agissait en fait d'un ballon-sonde emporté vers la frontière pakistanaise.

Côté pakistanais, on affirme également n'avoir rien remarqué de suspect depuis la disparition de l'avion de Malaysia Airlines.

"Nous avons vérifié les enregistrements radar pour la période concernée mais n'avons découvert aucun élément au sujet du malheureux avion", déclare l'autorité de l'aviation civile pakistanaise dans un communiqué.

Pays d'Asie centrale situés à l'extrémité nord de l'arc de recherches, le Kazakhstan et le Kirghizistan ont aussi fait savoir qu'aucun avion suspect n'avait pénétré dans leur espace aérien le 8 mars.

Le vol MH370 de Malaysia Airlines pourrait théoriquement avoir atteint l'espace aérien kazakh mais il aurait alors été détecté, a déclaré la commission de l'aviation civile du Kazakhstan dans un courriel adressé à Reuters.

"Même si tous les instruments de bord avaient été coupés, il est impossible de voler en mode silencieux", lit-on dans ce communiqué, signé par le numéro deux de la commission, Serik Moukhtibaïev. "Des unités de l'armée surveillent l'espace aérien du pays", note-t-il.

Certains observateurs ont avancé l'hypothèse selon laquelle l'avion aurait pu voler jusque dans les zones montagneuses à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan servant de repaires aux taliban.

"EH BIEN, BONNE NUIT !"

Porte-parole des taliban afghans, Zabihullah Mujahid a dit que son mouvement n'était pas impliqué dans la disparition de l'appareil. Un commandant des taliban pakistanais a dit que les rebelles islamistes auraient seulement aimé "avoir l'occasion de détourner un tel avion".

Concernant le corridor sud, l'Australie a accepté de prendre en charge, à la demande de la Malaisie, cette partie de la zone de recherches, soit une vaste zone entre l'Indonésie et le sud de l'océan Indien, a dit lundi le Premier ministre Tony Abbott.

Le dernier message émis du cockpit ("Eh bien, bonne nuit !") alors qu'il quittait l'espace aérien de la Malaisie intrigue particulièrement les enquêteurs qui, étant donné son caractère inhabituellement informel, envisagent un suicide du commandant de bord ou de son copilote comme cause possible de la disparition de l'avion.

Le patron de la Malaysia Airlines, Ahmad Jauhari Yahya, a déclaré lundi que ces paroles semblaient avoir été prononcées par le copilote. Il a en revanche dit que l'incertitude demeurait sur le moment de la désactivation des systèmes de communication de l'appareil (ACARS) alors que des responsables malaisiens ont affirmé dimanche que ces systèmes avaient été désactivés avant ce dernier message, ce qui accréditerait l'hypothèse d'un détournement.

La police malaisienne a mené des perquistions samedi aux domiciles du commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, et du copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, dans un faubourg de Kuala Lumpur, non loin de l'aéroport international.

Les enquêteurs ont notamment emporté pour l'examiner le simulateur de vol que Zaharie avait construit chez lui.

De source proche de l'enquête, on précise lundi que les programmes de simulation de vol ont été examinés de près et que rien de suspect n'a été constaté.

Selon une autre source, rien n'accréditerait l'idée d'un lien entre le pilote malaisien et un quelconque groupe activiste.

(Avec Sanjeev Miglani et Jibran Ahmed, Henri-Pierre André, Eric Faye, Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français)

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