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Au Yémen, la guerre donne au secteur du miel un goût amer
AFP21/11/2019 à 21:06

Des apiculteurs yéménites travaillent dans leur ruche dans la province de Hajjah dans le nord du Yémen, le 10 novembre 2019 ( AFP / ESSA AHMED )

Au nord-est de Sanaa, les ruches de Mohammed Manea sont toujours alignées en rectangle, mais comme d'autres apiculteurs du pays, l'homme désespère de voir la production de miel, considéré comme "l'or du Yémen", s'épuiser avec la guerre qui ravage le pays.

Sur un terrain déblayé de la zone rurale d'Aslam, Mohammed Manea ouvre à mains nues l'une de ses ruches pour montrer les abeilles déposer leur nectar sur les panneaux alignés dans l'urne en bois.

"Quand nous sommes arrivés récemment dans cette région de la province de Hajjah située (sur la ligne de front) entre les agresseurs (la coalition menée par l'Arabie saoudite) et les Houthis, deux de nos camions ont été touchés dans un raid aérien", raconte à l'AFP Mohammed Manea.

"Le premier camion transportait du miel et le second des ruches", ajoute-t-il en déplorant de grosses pertes.

La difficulté d'exporter, les raids aériens et une mobilité réduite pèsent sur ce secteur qui faisait dans le temps la fierté du pays, selon des professionnels.

L'apiculteur yéménite Ahmed al-Adili vend son miel dans la province de Hajjah, dans le nord du Yémen, le 15 novembre 2019 ( AFP / ESSA AHMED )

Le conflit au Yémen oppose le gouvernement yéménite aux rebelles Houthis, venus du nord du pays et soutenus par l'Iran, qui ont pris le contrôle de la capitale Sanaa en 2014.

L'Arabie saoudite et ses alliées, Emirats arabes unis en tête, interviennent dans le pays depuis 2015 pour appuyer les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi.

- "Les affaires affectées" -

Beaucoup d'apiculteurs ont abandonné ce métier ne trouvant plus de débouchés à leurs produits dans un pays où le conflit a réduit le pouvoir d'achat des Yéménites.

L'un de produits phare de cette activité, appelé en arabe le "Sidr Malaky" est le miel de jujubier, provenant des terres sauvages et désertiques du sud-est du Yémen et plus précisément de la province de Hadramout.

Un apiculteur yéménite travaille dans une ruche dans dans la province de Hajjah dans le nord du Yémen, le 10 novembre 2019 ( AFP / ESSA AHMED )

Il est considéré comme l'un des meilleurs du monde et les spécialistes lui attribuent de nombreuses vertus thérapeutiques, comme le fait de soigner les troubles digestifs.

Il a la particularité de ne pas se cristalliser et de se conserver longtemps. C'est un produit très rare mais aussi très cher qui est apprécié à la fois par les riches des monarchies voisines du Golfe et dans le reste du monde.

"Les affaires ont été affectées par la guerre. La production de miel a baissé", déplore un autre apiculteur, Ali Khabsh, dont les ruches sont entreposées les unes sur les autres.

Selon lui, les apiculteurs qui avaient entre 800 et 1.000 ruches n'ont pu en conserver que 100 à 150.

Aucune statistique précise n'est disponible sur la production générale de miel du Yémen et sur la proportion de la baisse de cette production.

- Mouvements restreints -

Photo d'abeilles dans une ruche dans dans la province de Hajjah dans le nord du Yémen, le 10 novembre 2019 ( AFP / ESSA AHMED )

Pour Ali Khabsh, l'un des grands obstacles qui se dressent aujourd'hui devant les apiculteurs vient des restrictions imposées à leurs mouvements dans ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Les apiculteurs ont l'habitude de se déplacer, au gré des saisons, d'une région à l'autre, à la recherche de plantes en fleurs pour leurs abeilles.

Dans la région proche d'Abs, un troisième apiculteur évoque la difficulté d'exporter du miel dans les pays du Golfe et en particulier en Arabie saoudite, un marché important selon lui.

"L'aéroport de Sanaa est fermé et les postes frontières aussi comme celui d'al-Wadiaa", avec l'Arabie saoudite, explique Ahmed Ali al-Adili qui affirme que sa production a baissé de 90% en raison de la guerre. 

Le conflit a tué, selon diverses organisation humanitaires, des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, depuis l'intervention en 2015 de l'Arabie saoudite à la tête d'une coalition militaire pour soutenir le gouvernement face aux Houthis.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU qui évoque régulièrement la pire crise humanitaire en cours dans le monde.

str/pho/mh/aem/hj

1 commentaire

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  • f.cheva8
    22 novembre01:51

    c'est extrêmement triste pour ces gens là, qui ne demandent ni ne prennent rien à personne......mais prenons garde que ça ne nous arrive pas bientôt à nous même. Comme c'est bien décrit dans l'article, ça a commencé par la venue d'étrangers hostiles, soutenus par des voisins belliqueux/envieux, et ça se continue par une guerre d'invasion (comprend qui veut, comprend qui peut).

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