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Argentine: sous pression, Macri multiplie les gestes en faveur du pouvoir d'achat
AFP14/08/2019 à 22:13

Le président argentin Mauricio Macri annonce des mesures en faveur du pouvoir d'achat, le 14 août 2019 à Buenos Aires ( Présidence argentine / HO )

Trois jours après son revers électoral aux primaires, le président argentin Mauricio Macri a annoncé mercredi une série de mesures pour "donner un coup de pouce" au pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires et tenter de combler son retard avant le scrutin présidentiel du 27 octobre.

Mais les marchés semblaient rester sourds aux annonces du chef de l'Etat, le peso argentin continuant de chuter mercredi à la clôture, de 6,19%. Il s'échangeait à 62,18 pesos pour un dollar. Depuis vendredi, la monnaie a perdu plus du quart de sa valeur (25,14%).

Hausse du salaire minimum, primes ponctuelles, réductions d'impôts et gel des prix de l'essence durant trois mois: ces annonces interviennent dans la foulée des primaires de dimanche, qui sont considérées comme une répétition générale avant l'élection présidentielle.

Le président libéral sortant, qui brigue un nouveau mandat, a été sèchement battu par Alberto Fernandez, un péroniste modéré, et sa colistière Cristina Kirchner, l'ancienne présidente de centre-gauche inculpée dans plusieurs affaires de corruption. 

Un supemarché à Buenos Aires, le 14 août 2019 en Argentine ( AFP / JUAN MABROMATA )

Ils ont obtenu 47% des suffrages aux primaires, contre 32% pour le tandem composé de Mauricio Macri, 60 ans, et du dirigeant péroniste Miguel Angel Pichetto.

Si un tel résultat se confirmait lors du scrutin d'octobre, M. Fernandez, 60 ans, serait proclamé vainqueur dès le premier tour: selon la loi électorale, pour être élu, il faut obtenir au moins 45% des suffrages ou 40% et une avance de 10 points sur le deuxième.

Les mesures annoncées mercredi visent à "donner un coup de pouce" au pouvoir d'achat des Argentins, a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours télévisé avant l'ouverture des marchés.

"Ce que je vous ai demandé était très difficile, c'était comme escalader l'Aconcagua", a reconnu M. Macri à propos des efforts demandés aux Argentins depuis son arrivée au pouvoir, en évoquant le plus haut sommet du continent (ouest du pays, 6.962 m). 

Submergée par deux crises monétaires en 2018 ayant fait perdre 50% de sa valeur à sa monnaie, l'Argentine avait appelé le Fonds monétaire international (FMI) à la rescousse pour obtenir un prêt de plus de 57 milliards de dollars en échange d'une cure d'austérité budgétaire. 

"Vous êtes éprouvés et fatigués. Arriver à la fin du mois est devenu une tache impossible, beaucoup de familles ont dû réduire leurs dépenses", a poursuivi le président. 

- "Récupérer des électeurs" -

Parmi les mesures figure une hausse du salaire minimum, dont l'ampleur n'a pas été précisée. Actuellement, il se situe à 12.500 pesos (190 euros). 

Un tableau des cours du change entre le dollar et le real, le 14 août 2019 à Buenos Aires, en Argentine ( AFP / JUAN MABROMATA )

Par ailleurs, une prime extraordinaire de 2.000 pesos (30 euros) sera versée aux employés et une autre de 5.000 pesos (76 euros) aux fonctionnaires et aux forces de sécurité. 

Une réduction d'impôts sur le revenu est également mise en place pour les salariés. 

Enfin, les petites et moyennes entreprises pourront étaler sur 10 ans le remboursement de leur dette auprès des impôts et le prix de l'essence sera gelé durant 90 jours. 

D'un coût de 40 milliards de pesos (environ 600 millions d'euros), ces annonces concernent "17 millions de travailleurs et leurs familles ainsi que toutes les petites et moyennes entreprises", a précisé le président. 

Dans l'après-midi, Mauricio Macri a annoncé sur Twitter avoir eu "une bonne et longue conversation avec Alberto Fernandez. Il s'est engagé à collaborer dans tous les domaines possibles pour que ce processus électoral, et l'incertitude qu'il entraîne, affecte le moins possible l'économie". 

Le chef de l'Etat espère combler son retard avant le scrutin, calmer la grogne sociale dans ce pays englué dans la récession ainsi que les marchés, qui craignent un retour de la gauche au pouvoir. 

"Ces mesures reflètent le besoin de se concentrer sur les secteurs qui ont été le plus touchés par la crise économique et qui ont tourné le dos au président lors des primaires. Elles démontrent aussi le besoin de récupérer une partie de ces électeurs", a jugé Paula Garcia Tufro, analyste de l'Atlantic Council, un cercle de réflexion de Washington.

Le spectre d'un défaut de paiement, comme en 2001, a aussi refait surface depuis dimanche, alors que les premiers remboursements au FMI sont prévus en 2021.

ls-tup/bh

4 commentaires

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  • rosenau
    15 août10:08

    Les plaies béantes laissées par des dizaines d'années d'un socialisme nullissime et corrompu ont été impossible à cicatriser en si peu de temps. Le spectre d'un retour de la pègre au pouvoir et de son économie souterraine fait flipper tous les investisseurs, normal. Pour sûr, un retour des mafieux signera pour de bon le glas du pays qui ressemblera dans qq années à l'enfer vénézuelien. RIP Argentina.... ;(

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