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Alep toujours sous les bombes à deux jours d'une nouvelle réunion

Reuters13/10/2016 à 20:28
 (Actualisé avec réaction européenne, préparation réunion de 
samedi) 
    BEYROUTH, 13 octobre (Reuters) - Les frappes aériennes ont 
fait 150 morts cette semaine dans les quartiers de l'est d'Alep 
tenus par les rebelles, où l'armée syrienne poursuit son 
offensive avec l'appui de l'aviation russe, ont fait savoir 
jeudi les services de secours, alors que Moscou et Washington 
prépare une nouvelle réunion en Suisse. 
    Les raids ont repris ce week-end après l'accalmie annoncée 
le 5 octobre par l'état-major syrien pour des raisons 
humanitaires. Treize décès ont été dénombrés jeudi, a déclaré 
Ibrahim Abou al Laïth, membre de la Protection civile joint par 
Reuters à Alep.  
    "Les bombardements ont débuté à 02h00 et continuent depuis", 
a-t-il poursuivi, ajoutant qu'ils avaient notamment visé les 
quartiers d'Al Kalasseh, de Boustan al Kasr et d'Al Sakhour.  
    Dans l'ouest de la ville aux mains des forces 
gouvernementales, quatre enfants ont été tués par des obus qui 
se sont abattus près d'une école, rapporte l'OSDH. L'agence de 
presse officielle Sana parle d'une "attaque terroriste". 
    Des bombardements avaient déjà fait huit morts mercredi dans 
cette partie d'Alep, toujours selon l'OSDH. 
    Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de 
l'Union européenne qui doivent se retrouver à Luxembourg ont 
dénoncé le caractère excessif de ces attaques et accusé le 
régime syrien et la Russie de crimes de guerre. 
    Dans leur projet de communiqué, les ministres estiment que 
"l'intensité et l'ampleur des bombardements aériens sur l'est 
d'Alep sont clairement disproportionnées". 
    Les raids aériens contre des hôpitaux ainsi que l'emploi de 
barils d'explosifs, de bombes à fragmentation et d'armes 
chimiques sont responsables "d'un grand nombre de victimes 
civiles et s'apparentent à des crimes de guerre", affirment les 
ministres. 
    Barack Obama et ses conseillers devaient avoir vendredi une 
réunion pour envisager différentes options, y compris militaire, 
en Syrie, a déclaré un responsable américain. 
     
    DOUTES PERSISTANTS 
    Certains officiels estiment que les Etats-Unis doivent 
intervenir avec plus de fermeté en Syrie sous peine de perdre 
l'influence dont ils disposent encore sur les rebelles modérés 
et leurs alliés arabes, kurdes et turcs, dans le combat contre 
l'organisation Etat islamique. 
    Il semble toutefois peu probable que Barack Obama ordonne 
des frappes aériennes contre des cibles du régime syrien et il 
se peut qu'aucune décision ne soit prise lors de la réunion du 
Conseil national de sécurité. 
    Le secrétaire d'Etat John Kerry et le ministre russe des 
Affaires étrangères Sergueï Lavrov doivent se retrouver à 
Lausanne samedi avec certains de leurs homologues des pays de la 
région. 
    "On va voir à quoi cette réunion peut être utile", a 
commenté une source diplomatique française. "On peut avoir des 
doutes sur la capacité des Américains à débloquer les choses, 
mais nous, ce qu'on veut éviter avant tout, c'est d'arriver à 
des situations comme Daraya". 
    "Ils vont discuter du plan de Mistura, qui est de faire 
sortir les combattants d'Alep", a ajouté la même source. "On est 
un peu dubitatifs. De Mistura a parlé de 900 combattants Fateh 
al Cham, nos estimations sont plus basses. En tous cas il y en a 
moins d'un millier". 
    "Le problème, c'est l'interprétation du plan de Mistura par 
les Russes. Et ce que vont en dire les Arabes", a-t-elle 
poursuivi. 
    Sur le front humanitaire, le gouvernement syrien a accepté 
l'essentiel des projets de l'Onu pour le mois d'octobre, sauf 
pour Alep-Est, a-t-on appris de source diplomatique à Genève.  
    Damas a donné son vert à l'acheminement de l'aide dans 25 
des 29 zones assiégées ou difficiles d'accès, précise-t-on. Les 
Nations unies, qui ont formulé ces demandes à la fin du mois 
dernier, attendaient une réponse pour le 30 septembre. 
 
 (Ellen Francis avec Stephanie Nebehay à Genève et John Irish à 
Paris; Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 

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