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Alain Bertaud, l'urbaniste qui veut laisser les villes vivre leur vie
AFP12/07/2019 à 11:26

L'urbaniste français Alain Bertaud dans son jardin, le 26 juin 2019 à La Ciotat ( AFP / GERARD JULIEN )

Il a passé un demi-siècle à aider les villes à se réinventer, du Harlem new-yorkais des années 1960 au Shanghai d'après Mao. L'urbaniste Alain Bertaud en tire une conclusion radicale: rien ne vaut le libre marché pour dessiner une cité.

"Les urbanistes ne voyagent jamais, ils font toute leur carrière dans la même ville et la croient unique", affirme en souriant M. Bertaud, visage buriné sous son chapeau, dans une vaste maison familiale à La Ciotat.

La vie de M. Bertaud le fait mentir: de passage en France pour ses 80 ans, il vit aux Etats-Unis où il enseigne à l'université de New York à l'issue d'une cinquantaine d'années de travail sur des métropoles aussi différentes que Bangkok ou Saint-Pétersbourg.

Bilan de cette carrière: un livre publié fin 2018, dont le titre "Order without design" - "Ordre sans dessein", suggère-t-il, admettant une traduction peu évidente - résume un appel à la modestie quant à l'action publique sur les villes.

L'urbaniste Alain Bertaud dans sa maison de La Ciotat, le 26 juin 2019 ( AFP / GERARD JULIEN )

"Ce sont les gens qui font la ville: je suis contre quand un maire dit +J'ai une vision+", résume M. Bertaud, plus sceptique que 56 ans plus tôt.

Alors étudiant aux beaux-arts, il a fait des milliers de kilomètres en stop pour étudier l'urbanisme le plus dirigiste qui soit: la ville nouvelle indienne de Chandigarh, planifiée par l'architecte Le Corbusier.

Le jeune homme a vite déchanté: "j'ai découvert l'inanité des théories architecturales qui prétendent à l'universalité et la permanence".

"Si j'avais visité Chandigarh en touriste, j'aurais été assez convaincu", poursuit-il. "Mais quand on vit là, on s'aperçoit qu'il n'y a pas de bistrot. Les seuls, c'était dans un énorme bidonville à côté".

Cette déconvenue a été fondatrice pour M. Bertaud, qui va cette année encore changer de continent pour donner une conférence à Sydney: il juge aberrant un projet de réorganisation de l'agglomération australienne en trois villes structurées indépendamment.

Alain Bertaud, dans sa maison de La Ciotat, le 26 juin 2019 ( AFP / GERARD JULIEN )

Entretemps, son parcours est souvent revenu à cette première expérience: un travail sur une ville en transition, qui le convainc de la supériorité de l'"ordre spontané" - héritage de l'économiste libéral Friedrich Hayek.

- De l'Algérie au Yémen -

"L'urbaniste et le maire n'ont pas les informations qu'a le boulanger ou le type qui fait les chemises", insiste M. Bertaud.

En 1965, dans une Algérie tout juste indépendante, il persuade un jeune préfet de s'abstraire d'un code de l'urbanisme hérité de la colonisation et totalement inadapté: "c'était complètement illégal mais personne ne s'en est rendu compte".

Il travaille ensuite à New York sur un projet urbain "complètement inepte" dans le quartier noir de Harlem, en pleine époque des Black Panthers, avant de passer dans les années 1970 au Yémen, où il gère en temps réel l'expansion de Sanaa.

"Il fallait construire très rapidement des rues", se remémore-t-il. "Je me servais de ma Land Rover avec une barre d'acier dans la remorque pour tracer l'axe. Ce n'était pas le grand design mais ça servait à quelque chose".

A partir de 1980, il passe une vingtaine d'années à la Banque mondiale, travaillant sur des métropoles en Chine après Mao et en Russie après la chute du communisme: il y observe "les conséquences pour des sociétés qui n'avaient pas utilisé le marché".

En Chine, "ils avaient cette idée de faire des logements où il y aurait au moins une heure par jour d'ensoleillement", cite M. Bertaud.

"Absurde", tranche-t-il. "Que ce soit Pékin ou une petite ville, vous obteniez la même densité. Et cette heure de soleil était toujours à midi, quand les gens ne sont pas chez eux. Vous avez ces absurdités parce qu'on ne peut pas se baser sur la demande ou l'offre".

Quelle résonance peut avoir aujourd'hui le discours de M. Bertaud, qui admet avoir été à l'époque trop optimiste sur l'essor du mouvement de libéralisation en Russie ? 

L'actualité va à l'encontre de ses préconisations, du moins en Europe et aux Etats-Unis: de grandes villes - Berlin, New York, Paris - relancent des mesures comme l'encadrement des loyers, parallèlement à des contraintes strictes sur la construction.

"Peut-être qu'on est en retard là-dessus, particulièrement en France: donner la possibilité aux gens de consommer l'habitat en quantité qu'ils veulent, là où ils veulent", conclut M. Bertaud. "Mais c'est inéluctable".

jdy/ef/tq/sma

3 commentaires

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  • fan11
    12 juillet09:47

    D'où le monopole des constructions dites sociales et gérer par nos Élus, ( HLM ) , aux détriments des citoyens qui veulent construire du locatif !Barrière est faite ?C'est un non-respect de l'article 2 des droits de l'homme !

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