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Accord USA-Russie sur les armes chimiques syriennes

Reuters14/09/2013 à 19:33

ACCORD ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET LA RUSSIE SUR LES ARMES CHIMIQUES EN SYRIE

par Tom Miles et Warren Strobel

GENEVE/ISTANBUL (Reuters) - Les Etats-Unis et la Russie sont parvenus samedi à un accord sur le démantèlement complet de l'arsenal chimique syrien d'ici la mi-2014, une initiative rejetée par l'opposition au président Bachar al Assad qui appelle ses alliés à ne pas "se laisser berner".

Selon les chefs militaires des insurgés, le gouvernement de Damas a commencé ces derniers jours à transférer une partie de ses armes chimiques au Liban et en Irak afin de les mettre hors de portée des inspections de l'Onu.

Tout en affirmant n'être pour rien dans l'attaque chimique du 21 août qui aurait fait des centaines de morts dans la banlieue de Damas, le gouvernement syrien a annoncé cette semaine qu'il renonçait à ses stocks de gaz de combat et qu'il allait adhérer à la Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques.

À l'issue de près de trois jours de discussions à Genève, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se sont entendus sur le nombre et le type d'armes chimiques pour lesquelles Damas doit fournir une liste précise d'ici une semaine.

Les inspecteurs de l'Onu chargés du désarmement devront se trouver sur place d'ici la fin novembre, afin de permettre la destruction complète des stocks d'ici le milieu de l'an prochain.

Liant le démantèlement de l'arsenal chimique aux préparatifs de la conférence de paix dite de Genève II, John Kerry a précisé que le régime de Bachar al Assad s'exposerait à des mesures prises sous le Chapitre VII de la Charte des Nations unies - possibilité de sanctions et de recours à la force - s'il ne respecte pas ses obligations sous la supervision de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

"NE PAS SE LAISSER BERNER"

Le chef de la diplomatie américaine a cependant tenu à souligner qu'il n'y avait pas d'accord avec la Russie sur la nature des mesures qui pourraient frapper le régime de Damas en cas de non-respect des décisions prises.

Le président Barack Obama, a-t-il dit, se réserve le droit de recourir à l'action armée et toutes les options restent sur la table.

À Istanbul, le chef du Conseil militaire suprême de l'opposition syrienne, le général Selim Idris, a affirmé que le président Assad transférait depuis quelques jours des armes chimiques au Liban et en Irak.

L'accord conclu à Genève entre Américains et Russes, a-t-il ajouté, n'aidera pas à résoudre la crise et peut même être considéré comme un coup porté à l'insurrection.

"Nous avons dit à nos amis que le régime (Assad) avait commencé à transférer une partie de son arsenal chimique au Liban et en Irak. Nous leur avons dit de ne pas se laisser berner", a déclaré le général Idris à des journalistes.

"Nous ne sommes en aucun cas intéressés par cette initiative (de Genève). La Russie est aux côtés du régime qui assassine le peuple syrien. Un crime contre l'humanité a été commis et on ne demande pas de comptes aux coupables", a-t-il ajouté.

Prié de dire si les forces rebelles allaient faciliter le travail des inspecteurs de l'Onu, le général Idris a parlé d'une situation "très compliquée". "Si les inspecteurs arrivent, nous faciliterons leur mission. Dans les secteurs sous notre contrôle, il n'y a pas d'armes chimiques. Si cela veut simplement dire que les inspecteurs devront traverser des zones que nous contrôlons, nous y sommes prêts", a-t-il dit.

"AU DIABLE LE PLAN KERRY-LAVROV !"

Un autre chef militaire de l'insurrection, Kassim Saadeddine, a pour sa part rejeté purement et simplement l'accord de Genève. "Au diable ce plan Kerry-Lavrov ! Nous le rejetons et nous ne protégerons pas les inspecteurs (de l'Onu). Nous ne les laisserons même pas entrer en Syrie", a-t-il lancé.

Damas et la Russie accusent les rebelles d'avoir utilisé du gaz sarin dans les combats, notamment en mars à Khan al Assal, près d'Alep, dans le nord du pays. Pour le président russe Vladimir Poutine, "il y a toutes les raisons de croire" que les insurgés sont également responsables de ce qui s'est passé le 21 août dans les faubourgs de Damas.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déclaré vendredi que le rapport des experts en armes chimiques de l'Onu allait confirmer l'utilisation de gaz de combat ce jour-là.

"Je pense que le rapport sera un rapport accablant, accablant sur l'utilisation d'armes chimiques, même si je ne peux pas dire cela publiquement avant de l'avoir reçu", a-t-il dit lors d'une réunion à l'Onu.

Ban Ki-moon a ajouté que Bachar al Assad avait "commis de nombreux crimes contre l'humanité" mais n'a pas donné d'indication sur les auteurs de l'attaque du mois dernier.

À Paris, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé que l'accord conclu à Genève marquait une "avancée importante". John Kerry, Laurent Fabius et le chef de la diplomatie britannique William Hague, qui s'est également réjoui de l'accord de Genève, se rencontreront lundi à Paris pour examiner le dossier syrien.

Sur le terrain, l'aviation syrienne a bombardé samedi des quartiers de Damas contrôlés par les rebelles.

Avec Stephanie Nebehay et Oliver Holmes, Marine Pennetier à Paris; Jean-Loup Fiévet et Guy Kerivel pour le service français


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