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Accord en vue sur le budget de l'UE

Reuters08/02/2013 à 10:14

UNE NOUVELLE MOUTURE DU BUDGET EUROPÉEN À L'ÉTUDE

par Emmanuel Jarry et Julien Ponthus

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de l'Union européenne sont entrés vendredi dans la dernière ligne droite de leurs négociations sur leur budget 2014-2020 et devraient finaliser un accord dans la journée, après une nuit de tractations, disent des sources européennes.

Le président du Conseil européen a proposé aux Vingt-Sept une enveloppe de 960 milliards d'euros de crédits d'engagement, hors Fonds européen de développement et instruments hors budget, soit 1,0% du revenu national brut de l'UE.

Il a aussi proposé que les crédits de paiements - ce que l'UE envisage de débourser effectivement sur la période - se montent à 908,4 milliards d'euros, précisent des sources européennes.

"Nous sommes assez confiants dans le fait que nous avons les grandes lignes d'un compromis, avec des accords sur les plafonds de dépenses et les recettes", a dit un responsable européen.

"L'accord n'est pas complètement finalisé mais nous sommes sûrs que cela sera fait aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Source de satisfaction pour la France, la Politique agricole commune (PAC) n'a pas été sacrifiée sur l'autel de l'austérité budgétaire voulue par la Grande-Bretagne, l'Allemagne et d'autres pays du Nord de l'Europe.

L'enveloppe proposée pour l'agriculture et la pêche (près de 373,5 milliards d'euros) est même augmentée de 1,25 milliard par rapport à la mouture de novembre dernier.

Le Conseil européen avait commencé jeudi avec cinq heures et demie de retard, du fait de divergences persistantes entre les pays attachés à un budget de soutien à la croissance, menés par la France, et les Etats souhaitant des coupes budgétaires importantes, avec la Grande-Bretagne en chef de file.

Herman Van Rompuy n'avait alors pas été en mesure de présenter une nouvelle proposition susceptible de concilier les différentes positions.

Après une suspension de séance, vers minuit, les chefs d'Etat et de gouvernement ont multiplié les contacts.

Selon une source de la délégation française, François Hollande et David Cameron se sont ainsi parlé vers trois heures du matin en présence d'Angela Merkel.

La chancelière allemande, le Premier ministre britannique, son homologue italien, Mario Monti, et François Hollande ont ensuite pris quelques heures de repos dans leur bureau - le président français a dormi "d'un oeil" sur un canapé, a précisé un membre de sa délégation.

Le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, a pour sa part été vu au bar des journalistes, à qui il aurait prédit un accord entre sept et huit heures du matin.

Pendant ce temps, Herman Van Rompuy a reçu encore quelques dirigeants de l'UE - le dernier, le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeld, vers cinq heures du matin - avant de mettre la dernière main à sa proposition de budget et de l'adresser une heure plus tard aux délégations.

Vers 6h45, les chefs d'Etat et de gouvernement ont repris leurs travaux en séance plénière.

UN PARLEMENT TRÈS REMONTÉ

L'enveloppe globale de ce budget pluriannuel avait déjà été revue plusieurs fois à la baisse, sous la pression du Royaume-Uni, de l'Allemagne et d'autres pays du nord de l'Europe.

En cas d'accord, les Vingt-Sept devront faire passer la pilule auprès d'un Parlement européen appelé à voter dans les semaines à venir ce projet de budget mais très remonté contre des coupes budgétaires que la majorité de ses membres, toutes tendances confondues, jugent excessives.

Lors d'une conférence de presse, jeudi soir, le président du Parlement s'était montré particulièrement inquiet de l'écart entre crédits d'engagement et crédits de paiements.

"Si nous nous en tenons à cette proposition, ce sera la proposition la plus rétrograde que nous ayons jamais eue pour un cadre financier", avait déploré Martin Schulz, qui semble ne pas avoir été entendu.

Il avait de nouveau brandi la menace d'un vote à bulletins secrets des députés européens, ce qui augurerait d'un rejet.

"Si vous adoptez des engagements qui sont considérablement plus importants que les paiements, vous augmentez le déficit et je pense que c'est inacceptable. Je suis abasourdi que personne ne prenne cela sérieusement", a-t-il fait valoir.

Si le Parlement européen rejetait un éventuel accord des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, cela ouvrirait une crise et une nouvelle période de laborieuses tractations.

Avec Luke Baker, édité par Tangi Salaün

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