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A gauche, les candidatures se multiplient, et le flou s'accentue
information fournie par AFP 09/06/2026 à 12:48

Le maire de Saint-Ouen-sur-Seine, Karim Bouamrane, 15 février 2024 ( AFP / JOEL SAGET )

Le maire de Saint-Ouen-sur-Seine, Karim Bouamrane, 15 février 2024 ( AFP / JOEL SAGET )

L'incertitude et les divisions au sein de la gauche hors LFI pour la présidentielle favorisent la multiplication des candidatures, à l'instar de celle annoncée mardi du maire socialiste de Saint-Ouen Karim Bouamrane, et accentuent l'impression de chaos, qui profite au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.

Mardi matin, Karim Bouamrane s'est présenté sur France inter comme un candidat "qui fédère" la gauche non mélenchoniste, se disant "ancré dans le réel".

Dans l'arc social-démocrate dont il se revendique, il a rajouté son nom à la longue cohorte des prétendants à l'Elysée. Parmi eux, le leader de Place Publique, Raphaël Glucksmann, qui s'est laissé trois mois pour se déclarer officiellement, mais organise son premier meeting samedi à Aubervilliers, est parmi les mieux placés, fort de ses 14% aux dernières élections européennes.

Raphaël Glucksmann à Paris le 2 juin 2026 ( POOL / Sarah Meyssonnier )

Raphaël Glucksmann à Paris le 2 juin 2026 ( POOL / Sarah Meyssonnier )

Tout le monde s'accorde sur l'idée qu'il faut un candidat unique sur le périmètre de la gauche non mélenchoniste, pour espérer passer devant le tribun insoumis, le centre et la droite, afin de se qualifier au second tour, face au Rassemblement national, grand favori.

Mais l'absence d'un candidat naturel dans ce périmètre a aiguisé les ambitions: l'ancien Président François Hollande a indiqué se préparer, l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve s'est également dit "prêt", tandis que le député Jérôme Guedj a lui fait acte officiel de candidature.

Au sein du Parti socialiste, le premier secrétaire Olivier Faure ne s'est pas encore déclaré, mais beaucoup lui prêtent des ambitions présidentielles, même s'il reste à ce stade dans les tréfonds des sondages, tout comme le président des députés PS, Boris Vallaud, devenu son principal opposant.

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, à Paris le 5 mai 2026 ( AFP / Xavier GALIANA )

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, à Paris le 5 mai 2026 ( AFP / Xavier GALIANA )

A cela s'ajoute le reste de la gauche non mélenchoniste, où plusieurs candidats sont déjà sur la ligne de départ pour participer à une primaire de la gauche et des écologistes, programmée le 11 octobre: la patronne des Verts Marine Tondelier, et les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout!). Certains menacent de maintenir leur candidature, si la primaire n'avait pas lieu.

A tous ces prétendants s'ajoutent aussi l'écologiste Delphine Batho (hors primaire), la porte-parole de l'Union démocratique bretonne Lydia Massart (primaire), ou très certainement la candidature à venir du communiste Fabien Roussel (hors primaire), en plein congrès pour se faire réélire à la tête de son parti.

Cette multitude d'ambitieux laisse un sentiment de chaos, accentuée par les atermoiements du PS, qui n'arrive pas à se décider sur sa stratégie.

"calendrier de l'Avent"

La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, à Paris le 3 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, à Paris le 3 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

M. Faure défend le principe de la primaire avec le reste de la gauche hors LFI, et tente de convaincre les sociaux-démocrates d'y participer.

Mais tous ses opposants internes, et en premier lieu M. Vallaud et M. Hollande s'y opposent fermement, tout comme M. Glucksmann, qui compte attirer à lui le vote utile en s'imposant dans les sondages.

Pour Olivier Faure, seul un dispositif de départage démocratique, souhaité par une majorité d'électeurs de gauche, peut créer un élan: Même avec cinquante candidats, "si on sait que le jour J on a un mode de départage pour qu'il n'y en ait plus qu'un à la fin et que tout le monde se pliera à la décision, ça me va", explique-t-il.

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) le 15 mars 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) le 15 mars 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

Sa dernière proposition d'une double primaire, d'abord interne aux sociaux-démocrates puis ouverte au reste de la gauche hors LFI, n'a pas suscité une franche adhésion, mais les militants socialistes sont invités à se prononcer le 9 juillet.

En attendant, le leader insoumis Jean-Luc Melenchon se frotte les mains. Déja lancé dans sa quatrième campagne présidentielle et fort de sondages qui le placent déjà autour de 14%, il met la pression sur les écologistes et les communistes pour qu'ils se rangent derrière lui.

"Nous, c'est carré", aime-t-il à répéter, par opposition au chaos du reste de la gauche.

Le leader insoumis Jean-Luc Melenchon à Saint-Denis, au nord de Paris, le 7 juin 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le leader insoumis Jean-Luc Melenchon à Saint-Denis, au nord de Paris, le 7 juin 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Un chaos dont se gausse aussi l'extrême droite: "Le PS, c'est un peu le calendrier de l'Avent, tous les jours on ouvre une case, il y a un nouveau candidat", a ironisé sur la radio RCF le vice-président du RN Sébastien Chenu, jugeant qu'à la fin ils "se rangeront derrière Mélenchon".

Même le patron du Parti radical de gauche, Guillaume Lacroix, y est allé de son commentaire énervé, s'étonnant de ne pas avoir été invité sur France Inter pour annoncer sa "non candidature". "Ce qui serait visiblement un événement disruptif à gauche".

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