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8 mai 1945 : à eux aussi, nous devons la liberté

Le Parisien08/05/2015 à 11:58

8 mai 1945 : à eux aussi, nous devons la liberté

Aux grands Hommes -- et à deux femmes d'exception -- la patrie reconnaissante. Le Panthéon accueillera le 27 mai quatre nouveaux héros, auxquels une belle exposition rend hommage à partir d'aujourd'hui. La IVe et la Ve République avaient déjà promu de grands résistants dans ce temple de la mémoire nationale, comme Jean Moulin, célébré par André Malraux, alors ministre de la Culture, en 1964, mais c'est la première fois que quatre personnalités issues de la Résistance y entrent en même temps.

Selon les mots de François Hollande, Pierre Brossolette, qui s'est suicidé pour échapper aux tortionnaires de la Gestapo, incarne « la liberté ». Jean Zay, ministre de l'Education nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire, assassiné par la milice, symbolise « la République » et « la laïcité ». Les deux femmes, résistantes, déportées, qui ont survécu avant de s'engager tout au long de leur vie, sont associées, toujours selon le président, à « la fraternité » pour Geneviève de Gaulle-Anthonioz et « l'égalité » pour Germaine Tillion. « Ce qui me frappe, au-delà de la parité, c'est que l'on peut désormais faire entrer au Panthéon des héros qui nous ressemblent, décrypte l'historien Olivier Loubes, spécialiste de cette période. Ils ont fait preuve d'un très grand courage civique, mais n'ont rien à voir avec les Victor Hugo et Alexandre Dumas qui seront leurs voisins. Ce sont des modèles républicains pour le présent. »

Un choix civique et même politique, qui a généré des débats sur Internet, où une frange de l'extrême droite a fait circuler une pétition contre Jean Zay. « Ces quatre héros ne font pas l'unanimité. Des réseaux militaires ont proposé une contre-liste, précise Isabelle Davion, maître de conférence en histoire contemporaine à la Sorbonne. Ce choix témoigne d'une connaissance de Vichy plus fine qu'avant et d'une confrontation avec ce passé, qui peut déranger. » Un ...

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