Le budget de la Sécu de retour à l'Assemblée pour un examen express en commission information fournie par AFP 29/11/2025 à 13:21
La commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a commencé samedi l'examen en nouvelle lecture du budget de la Sécurité sociale, pour une seule journée, avant une semaine à haut risque pour le texte comme pour la méthode du gouvernement Lecornu.
Les commissaires ont notamment rétabli la hausse de la CSG sur les revenus du capital, votée en première lecture à l'Assemblée début novembre avant d'être supprimée au Sénat.
Le dispositif voté à l'initiative du groupe socialiste propose de faire progresser la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, permettant des recettes de 2,8 milliards d'euros supplémentaires en 2026.
Le groupe des députés Renaissance a de nouveau apporté son soutien à la mesure, recevant les remerciements du député PS Jérôme Guedj, pour qui il est absolument nécessaire d'augmenter les recettes de ce budget pour qu'il soit "potable". La droite et l'extrême droite s'y sont opposées.
Plus tôt dans la matinée, les députés avaient comme en première lecture supprimé le gel du barème de la contribution sociale généralisée proposé par le gouvernement, et rétabli par les sénateurs. Les députés LR adoptant une position contraire à celles des sénateurs LR.
Sans surprise, ils se sont également à nouveau opposés au gouvernement sur la suppression de l'exonération de cotisations salariales en faveur des apprentis, qui ferait baisser leur rémunération nette.
Les députés de la commission des Affaires sociales termineront leurs travaux samedi soir, sans assurance d'aller au terme du texte. L'Assemblée repartira quoiqu'il arrive mardi en séance de la version du texte transmise par les sénateurs, les débats de samedi ayant des allures de tour de chauffe, permettant d'entrevoir les accords qui se noueront ou pas dans l'hémicycle.
Le Sénat a largement remanié la copie gouvernementale, supprimant notamment la suspension de la réforme des retraites.
Les tractations se poursuivront tout le week-end sur les compromis possibles, avant une réunion cruciale à Matignon lundi entre le Premier ministre et les socialistes.
- Objectif 20 milliards de déficit -
Pour Jérôme Guedj, on "va vraiment rentrer dans le dur" à la deuxième lecture, et il faut désormais que les groupes parlementaires se mettent "autour de la table" pour "trouver un point d'atterrissage" qui convienne à une majorité.
Car si après une nouvelle lecture au Sénat, le dernier mot est donné à l'Assemblée, la copie soumise au vote final ne pourra que très peu différer de celle négociée la semaine prochaine.
Et l'enjeu dépasse celui de ce seul texte. Pour beaucoup, le budget de la Sécu sera un "juge de paix" qui pourrait enclencher une dynamique positive également pour le budget de l’État.
Si le budget de la Sécu est adopté, "vous avez fait la moitié du chemin. (...) l'histoire n'est pas la même derrière, c'est absolument majeur", confie une ministre.
Tenir l'objectif d'un déficit ne dépassant pas 20 milliards d'euros, comme souhaité par le gouvernement, sera difficile alors qu'il était évalué à 24 milliards en sortie de première lecture à l'Assemblée.
Outre l'augmentation de la CSG sur les revenus du capital, une piste de recettes réside dans une mesure des sénateurs socialistes pour soumettre aux cotisations sociales certains compléments de salaire (primes d'intéressement...) lorsqu'ils dépassent 6.000 euros par an, pour les salaires supérieurs à trois Smic. Mais la commission des Affaires sociales a supprimé l'article.
Autre clé des négociations: le gel des prestations sociales et pensions de retraites, habituellement indexées sur l'inflation. Un compromis pourra-t-il être trouvé pour réindexer les petites retraites uniquement alors que les députés les avaient toutes dégelées en première lecture?
Sans parler des discussions inflammables sur les franchises médicales que le gouvernement souhaite doubler et élargir à certains dispositifs.
Le vote des députés sur le texte est prévu le 9 décembre.
Les sénateurs poursuivent de leur côté l'examen en première lecture du projet de loi de finances, réécrivant substantiellement la copie gouvernementale : ils ont ainsi supprimé samedi matin une surtaxe sur les bénéfices des entreprises censée rapporter 4 milliards d'euros, et même 6 milliards dans la version qui avait été approuvée par l'Assemblée avant qu'elle ne rejette l'ensemble du texte.